« I’m a Barbie girl », c’était de l’ordre de la prédiction !

Cette année sort Harmony, la plus poussée des lovedolls. Capable de faire l’amour, bien sûr, mais aussi de reconnaître les visages et de tenir une conversation basique. Conclusion : l’androsexe, c’est maintenant !

Le 24 septembre dernier, à l’opéra Bastille, Le Monde organisait une conférence qui portait sur l’avenir de la sexualité. Y étaient présents pour débattre et répondre aux questions que vous vous posez, Agnès Girard, anthropologue et journaliste, Catherine Dufour, auteure de romans de science-fiction et Yann Minh, artiste pluridisciplinaire.

Depuis quelques années, des entreprises asiatiques mais aussi américaines et même une espagnole comme Lumi Dolls, produisent et commercialisent des poupées plus vraies que nature, qui arborent des courbes féminines mais parfois aussi des muscles et des attributs masculins.

En allant toujours plus loin dans la recherche de réalisme, que ce soit dans l’apparence de ces sex-toys « humains » ou dans l’expérience du « peau contre peau », les fournisseurs de poupées qui disent « oui », menacent l’avenir des relations.

En fin d’année, devrait sortir Harmony. À l’instar de l’iPhone X, c’est la version la plus évoluée de l’univers des poupées et humanoïdes destinés à combattre la solitude.

Harmony qui est proposée par l’entreprise américaine Abysse Creations, sait tenir une conversation basique, reconnaître des objets, des visages mais aussi faire l’amour à volonté sans jamais dire non.

Harmony, la Lovedoll 2.0, créée par Matt Mullen qui compte améliorer ses robots au point de leur donner un comportement le plus humain possible.

Vous n’êtes pas dans Buffy contre les vampires (Chagrin d’amour saison 5, ép. 15, NDLR), mais bel et bien dans la réalité. Demain, mesdames, ces messieurs (et mesdames) pourraient émettre le souhait de vous remplacer par une presque femme, qui ne vieillira pas et ne dira jamais non pour cause de menstruations. Vous, messieurs, bientôt vos infidélités n’auront plus d’importance. La poupée masculine existe déjà et demain, un homme fait de plastique et d’acier, pourra nous serrer dans ses gros bras en silicone et nous demander « comment s’est passée ta journée ? ».

Les lovedolls japonaises, à l’image de celle ci-dessus sont surprenantes de réalisme.

Pourraient-elles nous remplacer au travail, pour des postes d’encadrement
et favoriser davantage le chômage ?

Le business autour de la robotisation du sexe est fleurissant. On peut d’ailleurs faire le lien avec la hausse de l’isolement et du célibat, dans nos sociétés modernes. Alors que certains chantent ses louanges en criant enfin à la fin du viol, de la prostitution ou de la pédophilie, d’autres au contraire craignent une dégénérescence des rapports humains tels que nous les avons toujours connus et déjà bien transformés avec les réseaux sociaux.

Quelques entreprises nippones comme Orient Doll ou Trottla, commercialisent des poupées sexuelles à l’apparence d’enfants, pour prévenir la pédophilie, selon leurs justifications. Approuvés par certains, d’autres au contraire y voient une incitation au passage à l’acte sur de petits humains.

De nombreuses questions d’éthique restent en suspens, concernant la création de robots humanisés. Si ces machines atteignaient les performances que leurs créateurs espèrent, pourraient-elles nous remplacer au travail, pour des postes d’encadrement et favoriser davantage le chômage ? Pourraient-elles tomber amoureuses et devenir menaçantes pour leurs rivaux faits de chair et de sang ?

Vincent Lacrosse

À propos de Vincent Lacrosse

Pigiste globe-trotter, essentiellement pour la presse américaine.