Putain t’es rauque, voisine !

Août 2014, Birmingham. Excédés par les hurlements de plaisir de leur jeune voisine Gemma Walker (estimés à un niveau sonore comparable à un F15 en phase de décollage), Ian et Susan Nicholls décident de mener leur conflit devant les tribunaux. 

Selon The Mirror, cette jeune mère célibataire de 31 ans, était non seulement capable de faire trembler les murs de la maison voisine par ses râles orgasmiques, mais était également championne dans cette bruyante discipline lors de disputes quotidiennes ou pendant l’écoute de musiques dont elle plaçait le volume à l’équivalent des borborygmes d’un métalleux amplifiés par la sono du Hellfest.

C’est sûr qu’un gros coup de vilebrequin n’a pas voix à faire baisser les cris…

Afin de démontrer aux magistrats la gêne occasionnée par ces beuglements extatiques, le couple avait enregistré une séance d’ébats pour en prouver la nuisance sonore. Le juge n’y est pas allé de main morte puisqu’il a jugé inacceptable le comportement de la jeune britannique.

Toujours d'après The Mirror, Gemma Walker aurait reconnu ses torts puis se serait rétractée pour finalement déclarer : « J’aurais souhaité que mon existence soit si excitante que je puisse faire l’amour à toute heure. Malheureusement, ce n’est pas le cas », ce à quoi je répondrai que si je peux rendre service…

Mais brisons-la, cette quête du plaisir lui aura valu le déplaisir d’être expulsée et d’y perdre sa maison. À l’époque, elle se retrouva donc à la rue avec sa famille et dû commencer le pénible chemin pour retrouver un foyer.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là, tant s’en faut.

Quelques deux ans plus tard, en juin 2016, et toujours dans la même ville : mais qui voilà ? Notre Gemma. De nouveau au tribunal et cette fois pour récidive. Effectivement, ses nouveaux voisins, comme les Nicholls en leur temps, décident de mener notre « Jeanne d’Arc du cul » à nouveau devant la justice pour les mêmes faits. L’un des voisins arguant du fait que la jeune femme « l’aurait réveillé et que cela aurait duré dix minutes (soir de petite forme apparemment, NDLR) par ses cris et ses hurlements de plaisir ».

« Elle nous a rendus dingues. Tous les voisins se sont ligués pour la faire expulser »

Ajoutez à cela les toujours mêmes problèmes de disputes avec les petits amis de passage, les claquements de porte et autres divertissements sonores et vous obtenez une coupe qui déborde pour les locataires du logement social dans lequel tout ce petit monde réside.

Baisse le volume ! Les voisins vont encore gueuler !

Comme l’a déclaré l’une des voisines ayant déposé la plainte commune auprès du conseil municipal de la ville au Birmingham Mail (journal local) : « Elle nous a rendus dingues. Tous les voisins se sont ligués pour la faire expulser. Des hommes entraient et sortaient sans arrêt de son appartement. Après, elle dormait toute la journée. Ce furent les deux années les plus épouvantables de ma vie ». Le bilan pour Gemma Walker est plus lourd qu’une simple expulsion cette fois-ci puisqu’elle a été condamnée à 15 jours de prison ferme.

Alors qu’une enquête de 2016 réalisée par le magazine Se loger faisait ressortir que seulement 14 % des Français semblaient être dérangés par les ébats sexuels de leur voisinage, comme a son habitude, le Royaume-Uni démontre une fois de plus son avance spectaculaire en matière de liberté sexuelle. Le puritanisme britannique n’est malheureusement pas mort. Comment un pays qui a pu voir naître sous ses couleurs David Bowie et Roxy Music, The Clashs, The Sex Pistols et la vague punk peut-il toujours être à ce point « coincé » pour tout ce qui concerne la sexualité ?

Parle pas la bouche pleine ! Ouf, enfin un peu de silence…

Mais mes bien chers frères et mes bien chères sœurs, prions ensemble qu’un jour vienne où un vent libératoire ouvrira enfin les yeux de nos voisins outre-Manche et percera le fog qu’ils ont en permanence devant eux. Alors oui, ce jour béni qui se lèvera leur permettra de jouer au rugby de manière loyale face à notre équipe de France (je ne suis pas chauvin mais faut pas déconner), d’oublier leur flegme, de retirer ces ridicules perruques sur les crânes de leur magistrature et de pouvoir supporter les cris d’une voisine qui s’éclate alors qu’eux s’ennuient à mourir dans le désert affectif de leurs lits conjugaux, bref d’entrer, enfin, dans le XXIe siècle. Alléluia !

Vincent Lacrosse

À propos de Vincent Lacrosse

Pigiste globe-trotter, essentiellement pour la presse américaine.