Libertinage, échangisme, polyamour… Ces mots pour dire « baiser »

L’échangisme a tout du tabou : son nom évoque le libertinage, le plaisir coupable que vous avez peut-être déjà pratiqué sans pour autant le crier sur les toits. Ou bien n’avez-vous jamais osé sauter le pas, si tant est que votre partenaire soit autant porté(e) sur la chose que vous…

Rien de nouveau dans la pratique : cela fait des millénaires que l’échangisme, sous les multiples noms qu’il a revêtus à travers les âges, s’inscrit dans la sexualité. La culture du sexe à plusieurs est d’ailleurs apparue bien avant que les notions de couple et de monogamie au sens strict ne règnent sur la vie sexuelle de la majorité des 7 milliards d’âmes qui peuplent actuellement la planète.

Sa forme archaïque - j’ai nommé l’orgie - était déjà un sport national chez les anciens grecs, qui célébraient Dionysos par tous les plaisirs que le divin accorde au mortel. La genèse du monde et de la vie y était d’ailleurs justifiée par une sorte de «partouze originelle», pour le moins incestueuse et dépravée, entre les titans qui engendrèrent les dieux Olympiens… Lesquels, petit à petit et au fil des mythologies qui nous sont parvenues, incorporent leurs travers dans la culture humaine. Ainsi Zeus, mué en taureau pour l’occasion, enlève Europe avant de la violer et d’engendrer Minos, futur roi de Crète. L’histoire tient davantage du viol que du libertinage, mais passons : les dieux hédonistes sont un modèle ancestral et subliminal de sexualité, qui enseigne leurs pratiques devenues des modèles, à l’image d’un érotisme déifié, inscrit dans notre Histoire.

Outre ces contes fantasques, le sexe a plusieurs est une réalité.

Gang-bang, bukkake… Les pratiques à plusieurs laissent une grande marge de manœuvre.

Selon une étude de 2016 intitulée Profils et pratiques sexuelles d’échangistes actuels et passés interrogés sur des sites Internet français, 42 % des échangistes seraient célibataires. 42 % seraient des CSP+ et 45 % des artisans ou cadres moyens. 67 % d’entre eux déclarent être hétérosexuels (81 % des hommes interrogés et 42 % des femmes), 31 être bisexuels (19 % des hommes et 52 % des femmes) et 2 % être des homosexuelles, soit 6 % des femmes et aucun des individus masculins soumis au sondage. Ils pratiqueraient :

- le triolisme à 86 %

- le mélangisme à 72 %

- l’échangisme à 60 %

- le voyeurisme à 56 %

- le candaulisme à 42 %

- l’exhibitionnisme à 39 %

- le gang-bang à 33 %

- le côte-à-côtisme à 31 %

- le BDSM à 19 %.

Le gang-bang et le voyeurisme étant en perdition du côté des femmes qui restent à peu près aussi friandes des pratiques restantes que les hommes.

Selon un sondage de l’Ifop, cette fois-ci on découvre que près d’un Belge sur dix (9 %) a déjà fréquenté un lieu échangiste (contre 6 % en moyenne dans les autres pays) et que 7 % d’entre eux ont déjà pratiqué l’échange de partenaires entre couples (contre 4 à 6 % dans les autres pays étudiés, en Europe). Ils sont de loin les plus nombreux à avoir fait l’amour en présence d’autres personnes (17 %, contre 10 à 13 % dans les autres pays), et partagent aussi avec les Britanniques la première place du podium pour ce qui est de la pratique de l’orgie (12 %), c’est-à-dire la forme la plus extrême de sexualité de groupe.

En revanche, les pratiques n’impliquant pas de réels échanges de partenaire, comme le mélangisme (jeux sexuels entre couples sans pénétration) ou le côte-à-côtisme (rapports côte à côte sans contact entre couples), sont, elles, beaucoup plus répandues dans des pays comme le Royaume-Uni ou l’Espagne.

Si les Français ne sont pas les plus libertins, ils n’en sont pas moins de plus en plus nombreux à s’être déjà livrés à certaines pratiques comme l’échange de partenaires – ils sont 5 % en 2014, soit deux fois plus qu’il y a 20 ans (2,4 % en 1992) – ou l’orgie (8 % en 2014, contre 6 % en 1992). Autre nouveauté, le profil des adeptes de ces jeux sexuels a peu à peu évolué vers un public plus jeune.

Un polyamour est possible. la polybaise aussi. Ici, une performance orgiaque de grande ampleur.

Il convient de vous expliquer brièvement les différences de certaines variantes de l’hédonisme, recherche du plaisir par tous les sens, dont le sexe :

Le mélangisme est une extension de l’échangisme en ce qu’il implique que les pratiquants, le plus souvent en couples mais intégrant parfois des célibataires, aient des relations sexuelles multiples au cours d’une même soirée sans pénétration hors couple. Le côte-à-côtisme est sa version «soft» : les couples couchent séparément les uns des autres, sans contact inter-couple.

Dans le candaulisme, la personne ressent une excitation en exposant ou partageant son ou sa partenaire à d’autres hommes ou à d’autres femmes.

Les libertins ne sont pas exempts des règles de prévention, la capote reste la règle. Gare à celles et ceux qui s’en garderaient : les MST touchent bien plus cette population que celle pratiquant le sexe «traditionnel». N’oubliez pas qu’il est possible d’attraper le HIV, l’hépatite B ou encore la syphilis suite à un simple anulingus.

 

Elise

À propos de Elise

Étudiante en lettres modernes et libertine assumée. Mes deux passions: la littérature et le sexe. Que je peux enfin concilier sur ce blog, où je vous raconterai mes aventures sexuelles et autres coups de cœur et coups de gueule en rapport avec la sexualité. Bisous à tous (et à toutes, j'aime bien les filles aussi !).