Ela Darling : « Quand on a testé la webcam par VR, on ne revient plus en arrière »

Diplômée en science de l’information, Ela est une actrice deux crans au-dessus de la moyenne. Depuis bientôt quatre ans, elle a développé le premier business de webcam en réalité virtuelle. Entretien avec une pionnière qui adore les coups de pioche. Logique.

LVDX : Ela, tu es donc la première à avoir fait de la webcam en réalité virtuelle, c’est ça ?

Ela Darling : À ma connaissance. Je savais que la réalité virtuelle serait quelque chose de formidable pour le porno depuis que j’ai regardé ma première vidéo en VR, en 2013. Elle est parfaite pour construire quelque chose de sensuel et d’érotique, sans même qu’il y ait besoin d’une histoire. Être capable de regarder tout autour de soi est quelque chose auquel les gens ne prêtent pas du tout attention quand ils sont dans l’expérience, mais une fois qu’ils repassent à un porno sur un écran classique, la différence les choque. En direct et sur webcam, c’est encore plus flagrant. Quand on a testé la VR, on ne revient plus en arrière !

Quel est ton parcours ?

À 21 ans, j’ai été diplômée d’un master en science de l’information à l’Université de l’Illinois, puis j’ai passée un an à travailler à l’Université de Boston. J’ai animé la Wizard Rock Community, une scène centrée autour de la musique inspirée du film Harry Potter et j’ai commencé à fréquenter le milieu SM et à faire des photos de Shibari. En 2009, j’ai eu envie de déménager à Los Angeles pour faire du porno. Depuis, je suis devenue Présidente de l’Adult Performer Advocacy Committee (NDLR : sorte de syndicat des acteurs), je modère le groupe Women in VR sur Facebook et je siège à l’assemblée démocratique du comté de Hollywood-Nord.

Face à Trump, tu aurais eu plus de chances que Hillary Clinton ! Tu as encore le temps de faire du hard ?

Bien sûr ! J’aime la baise ! J’ai toujours eu le démon du bas-ventre. J’ai toujours été très portée sur la chose.

Quel est ton style de porno ?

Je me suis toujours sentie proche de la mouvance alt porn. Ce n’est pas étonnant quand tu regardes tous mes tatouages. Je pouvais difficilement me retrouver dans des parodies de comédie romantique. J’ai fait beaucoup de scènes fétichistes assez hard, je dois dire, notamment pour Kink. Pour l’anecdote, j’ai honte, mais à cette époque, mon premier pseudo d’actrice a été Adela Anaconda. Avec un nom pareil, j’aurais presque pu faire des films transsexuels !

Niveau hard, quels sont tes péchés mignons ?

Je vis le porno comme une succession de rencontres et d’expériences. Je prends du plaisir à tourner avec d’autres femmes, c’est certain, mais je dois avouer que j’aime bien sucer aussi. C’est une activité à laquelle je peux m’adonner pendant de longues minutes. En fait, je pense que je suis bonne suceuse !

Les rousses sont rares. As-tu des origines british ?

J’ai des origines allemandes, suédoises et croates. Je ne suis pas l’actrice la plus jolie du plateau et je ne le serai jamais assez pour devenir une star, mais je m’aime comme je suis et surtout, j’aime ce que je fais. Ça dépasse, je pense, le simple fait d’être actrice. En plus, je me suis toujours plus intéressée à la webcam qu’à la vidéo.

Revenons à la réalité virtuelle. Comment une actrice X arrive à gagner sa crédibilité auprès des ingénieurs de la hi-tech ?

J’ai eu la chance de rencontrer un génie, James Arsfield, via un forum de Reddit. À l’époque, il était encore étudiant en physique à College Park, l’Université du Maryland. Il était comme moi, passionné par la VR. Je me suis présentée à lui en lui disant que j’étais webcameuse et que je voulais parler à la caméra comme si c’était quelqu’un avec lequel je voulais baiser. Il a aimé ma franchise et l’application concrète que j’avais en tête pour la VR. Avec James, nous avons repensé la manière de diffuser de la pornographie.

Qu’est-ce qui est compliqué quand on diffuse par cam en VR ?

Ce qui est compliqué avec la webcam, c’est le direct. Il faut que l’expérience soit interactive, intime et en temps réel. Chaque angle de caméra doit être étudié et testé. Dans cette optique, nous avons créé VRTube.xx, un logiciel qui nous permet de chapeauter toute cette logistique et de diffuser une réalité virtuelle crédible et de qualité.

Commercialement, comment ça se passe ?

Nous avons un partenariat avec Cam4 VR et je voyage dans tout le pays pour donner des conférences qui expliquent à quel point la réalité virtuelle sera une révolution pour le porno. Mon prochain objectif est la création d’une plateforme grand public pour démocratiser l’utilisation de la réalité virtuelle. En médecine, elle pourrait être d’une aide très précieuse. Elle permettrait notamment des consultations à distance pour les malades qui ne peuvent pas bouger. C’est un projet que je porte et je suis très persuasive. Je suis peut-être une actrice porno et une travailleuse du sexe, mais j’ai un master, je suis féministe et je suis intellectuellement bien charpentée.

Ela Darling

31 ans

Originaire de Dallas (Texas)

1m73

55 kg

90 B

Filmo sélective :

– Spoiled Princesses (Kick Ass pictures)

– Whipped Ass 39941 (Kink)

– Twisted Sisters (Zero tolerance)

Dimitri Largo

À propos de Dimitri Largo

Journaliste professionnel depuis 2003. Rédacteur du magazine Hot Video de 2007 à 2014.