Facebook veut vos photos pornos !

Le revenge porn serait-il le dernier fléau humain de l’humanité 2.0 ? On est en droit de le croire, à en voir les moyens mis en œuvre pour le combattre. Parmi ces brillantes idées, la dernière émane de Facebook et elle est pour le moins… surprenante.

Un historique rapide pour rappeler l’origine et les ravages du revenge porn. Cette pratique douteuse consiste pour un individu à mettre en ligne des images intimes (photos ou vidéos) de son ex, histoire de lui faire regretter amèrement la rupture.

Mettre en ligne une photo comme celle-là : typique du revenge porn

Les salopards du revenge porn et la loi

Cette pratique, aussi mesquine et dévastatrice qu’illégale, a connu un succès certain des deux côtés de l’Atlantique. Bien des hommes se sont amusés à diffuser via des sites pornos ou des réseaux sociaux des images coquines de leur ex. Attention, la manœuvre n’est pas uniquement masculine et des filles se sont montrées capables des mêmes bassesses. Le principe du revenge porn a connu un tel succès que des sites ont amassé de l’argent en faisant des productions bidonnées sur ce thème. Avec un retard à l’allumage, la loi est en train de rattraper le réel. En France, un homme de 40 ans originaire de Guyancourt (78) vient de prendre deux ans de prison dont 18 mois de prison ferme pour ce délit. Il avait créé de faux comptes Facebook dans le seul but de diffuser des images de son ex où l’accent n’était pas mis sur le sourire.

Papa et Maman ne sont pas censés voir cette photo

USA : le revenge porn industriel

L’affaire remonte à 2013. Kevin Christopher Bollaert avait en 2012 créé et administré le site ugotposted.com [Tu as été affiché]. Le site proposait, à celles et ceux désirant se venger, de publier les photos de cul de leur ex. Il demandait pour cela les infos de la victime (nom, adresse, téléphone…). Avant d’être arrêté, Kevin avait déjà diffusé 10 170 images érotiques ou hard. Il proposait en plus aux victimes de récupérer leurs images pour une somme allant de 300 à 350 dollars. Un petit manège qui a touché 2 000 personnes et lui a procuré 10 000 $ en quelques mois. Les juges américains ont un sens de l’humour très limité : ils ont pris en compte la détresse des victimes du revenge porn dont certaines ont été poussées au suicide. Sur ces bases, notre créatif entrepreneur a été condamné à 18 ans de prison ! De quoi réfléchir sur les atteintes à la vie privée.

18 ans de prison pour Kevin Bollaert, diffuseur de revenge porn et maître chanteur

Facebook aurait LA solution

Les réseaux sociaux ont souvent été en première ligne, accusés d’une négligence coupable sur ces problèmes de vie privée. En réaction, Facebook teste en ce moment en Australie une technologie qui permettrait de bloquer ce type de diffusion. Le principe de cette nouvelle technologie consiste à marquer les images gênantes [photos et vidéos] d’une empreinte informatique qui empêcherait leur diffusion dans le futur. Un souci de taille dans cette méthodologie : il vous faut commencer par envoyer à Facebook toutes les images de cul vous concernant. Si, si : vous avez bien lu ! Chacun et chacune devrait donc envoyer à une équipe technique de FB ses images les plus chaudes [humiliant] pour éviter une diffusion surprise et publique [plus humiliant encore]. La protection concernerait les réseaux Facebook, Messenger et Instagram.

Pour éviter que cette photo soit diffusée sur le Net, il suffirait de l’envoyer à Facebook

Montre ton cul à un employé de FB pour ne pas le montrer à toute la planète

Détail croustillant, aucune machine ne peut faire le tri de ces images pour savoir si elles méritent ou pas d’être « blacklistées ». Ce seront donc des employés de FB qui auront la dure tâche de visionner toutes vos sextapes pour savoir si elles rentrent bien dans le cadre potentiel d’un revenge porn. Une fois traitées, ces images seront floutées et stockées pendant « un certain temps ». Non seulement le principe est surprenant mais il implique que vous accordiez au personnel du réseau social et à leur serveur une confiance à toute épreuve. Autre inconvénient, pour être sûr d’être couvert, il faudrait que l’ensemble des diffuseurs potentiels [autres réseaux sociaux et sites pornos en tout genre] utilise la même technologie. Et il faudrait alors envoyer ses vidéos hard amateurs à des dizaines de sites. Difficile, compliqué et paradoxal. Unetelle ne veut pas être vue avec une bite dans la chatte et elle doit pour cela poster sa vidéo à des dizaines de sites ?

Voilà ce qu’on ne devrait plus voir sur Facebook

Ces images du plug que vous vous êtes mis dans le derrière pour amuser votre copine, monsieur, ou de cette pipe goulue finissant en fontaine de sperme sur le siège arrière, madame, il vous suffit de les envoyer à Facebook pour vous savoir protégé… ou pas. Vive l’univers 2.0 et bonne chance à tous…

Jason Cold

À propos de Jason Cold

Reporter bilingue basé aux États-Unis, spécialiste du Xbiz américain.