Éjac : des effets spéciaux à la sauce porno

Dans GOT, la Khaleesi fait cracher les dragons à grands coups d’effets spéciaux. Dans le porno, c’est idem, mais ça coûte bien moins cher. En exclu, voici les trucs et astuces qui se cachent derrière les éjaculations massives que vous pouvez admirer dans certaines scènes.

Photomontages à gogo

Depuis qu’existent les magazines, existe le trucage des photos. La plus grande pourvoyeuse de clichés sexy à l’échelle mondiale fut pendant longtemps la Californienne Suze Randall. Sa grande spécialité depuis les années 70 : accentuer les marques de sperme sur le corps, le visage et la bouche de l’actrice avec du lait concentré, mélangé à du blanc d’œuf. De prestigieux magazines comme Hustler, Playboy, Private ou Hot Video en France lui ont commandé des milliers de clichés. À l’heure actuelle, c’est sa fille Holly qui a repris le flambeau et perpétue la tradition du set photo hard à la sauce Randall. Mais de par le monde, chaque photographe de charme qui travaille sur un plateau porno a eu l’occasion de développer ses petites recettes qui vont du lait de coco au shampoing.

Le coup de la pompe

Ceci-dit, donner l’illusion qu’une actrice a subi une avalanche de foutre en photo est bien plus facile à réaliser qu’en vidéo. Les réalisateurs les moins tatillons s’en remettront au coup du crachat qui consiste pour un hardeur à cracher un molard sur sa queue au moment d’éjaculer pour donner l’impression qu’il n’a pas les raisins secs. Une méthode à l’arrache totale qui nécessitera de couper au montage le moment où le glaviot s’écrase (le plus souvent par terre ou sur le visage de l’actrice), bien que certains réalisateurs ne se donnent même pas cette peine… (Pour la petite histoire, la dernière fois qu’un hardeur m’a fait ça, j’ai réfléchi à deux fois avant de le rebooker sur une scène…)

Plus professionnel, le coup de la pompe nécessite d’avoir un bon angle de caméra, une vue de profil ou du dessus le plus souvent, de manière à ce que le sexe cache le petit tuyau chargé de suppléer à l’éjaculation. On appuie sur une poire dissimulée hors-champ pour propulser le fluide choisi au moment voulu. Les maîtres-mots sont timing et savoir-faire. C’était une technique particulièrement prisée par John Thompson de GGG, la légende teutonne du bukkake, encore en activité d’ailleurs. Une version plus élaborée de la pompe consiste en un godemichet qui éjacule. Élaborée est même un mot faible tant le réalisme d’un sextoy comme le Doc Johnson Realistic Ejaculating 6 Inch Cock (ouf…) permettra à un pornocrate imaginatif et talentueux de s’improviser nouveau Peter North (un vieux hardeur-producteur ricain réputé pour ses éjaculations dantesques).

Le coup du all internal

« L’éjaculation fake est partout si vous savez où regarder », résume Sherri Saulis, d’AVN. « Sa popularité est croissante aussi ». Chez les hardeurs, le nettoyant visage Cetaphil est le produit le plus utilisé pour simuler le faux sperme. « Ça a exactement la même texture que le sperme explique l’acteur Johnny Sins dans Vice. Mais ça n’a pas un goût aussi bon ». C’est le plus utilisé pour simuler le faux sperme.  En revanche, dans les scènes où le hardeur doit simuler une éjac’ dans le vagin ou l’anus de sa partenaire, il vaudra mieux éviter d’utiliser des produits cosmétiques ou alimentaires qui pourraient être à l’origine d’allergies et autres infections. Et puis avoir un truc comme du sucre dans la chatte, c’est franchement dégueu… Non, il vaudra mieux se tourner vers des lubrifiants conçus spécialement pour ressembler au sirop de corps d’homme comme le Kum de chez Magic Money Shot, une boîte spécialisée dans les trucages porno qui commercialise aussi des seaux remplis de substance pour organiser de bons bukkakes. A l’heure où les all internal ponctuent désormais de nombreuses scènes, il est bon de savoir que ce qui sort de la chatte de l’actrice est probablement du méthylcellulose…

Cette série de ficelles ne doit toutefois pas vous faire penser que le métier de hardeur est bidonné, mais certains en revendiquent le titre comme d’autres pensent être boxeurs parce qu’ils portent des shorts en satin…

Dimitri Largo

À propos de Dimitri Largo

Journaliste professionnel depuis 2003. Rédacteur du magazine Hot Video de 2007 à 2014.