April Aniston : « Après ma première scène, je n’arrivais plus à marcher »

Jetez April O’Neill, Nicole et Jennifer Aniston dans un bol, réglez sur 18 piges, mixez le tout et vous obtiendrez April Aniston, un concentré de pornstar typiquement américaine qui a déjà tout compris du business. Sans être Miss Monde, cette petite-là a un bel avenir devant elle. Entretien.

LVDX : J’ai cru comprendre que ta première scène a été une anale pour Evil Angel ?

April Aniston : Quand je raconte mon histoire aux autres performers, ils font de grands yeux : « mais c’est trop hard pour une débutante ! ». C’était puissant et bestial. Un peu trop pour moi même. J’ai réfléchi à tout arrêter après cette seule scène.

A ce point-là ?

J’avais l’anus complètement endolori. Je saignais. Je n’arrivais ni à marcher, ni à m’asseoir convenablement. Je tiens à dire que ce n’était pas la faute de la production ou des acteurs. Au contraire, Francesca Le et Mark Wood ont été aux petits soins. Le problème est que je voulais tellement bien faire et réussir ma première scène que je n’ai rien dit. Le safe word était trois fois « please », mais il était hors de question que je le prononce.

Pourquoi s’infliger cela juste pour du porno ?

Mais c’est du porno, justement, pas du fun. En privé, jamais je n’aurais été jusqu’à saigner du cul ! Là, j’avais une équipe de six ou sept personnes, avec la maquilleuse, qui s’attendaient à ce que la scène soit tournée. Je ne voulais pas que tout s’arrête avant même d’avoir commencé. A la fin de la journée, j’ai pleuré, mais ce n’était pas à cause de la douleur. Je redoutais ce moment-là parce que je savais désormais que je pouvais tourner, 10, 100, 1000 scènes, ça ne changerait rien, je ne pourrais plus revenir en arrière et ça m’a fait un choc. J’ai dit à des amis, la dernière fois, que ça ressemblait au fait de tuer quelqu’un : passé le premier, ça ne change plus rien. A vie, j’aurai fait du porno.

Quelque chose m’échappe alors, parce que tu es de plus en plus hardcore !

Je suis comme ça. Je n’ai pas abandonné. Il y a en moi une espèce de fascination pour la douleur. La douleur peut devenir plaisir et vice versa en un claquement de doigt. J’ai essayé de maîtriser cette sensation. Je me suis persuadée que ce premier tournage n’était rien de plus qu’un entraînement et ma deuxième scène s’est merveilleusement bien passée. Sans le savoir, j’avais déjà fait le plus dur et j’étais armée pour tourner avec n’importe qui.

Ton rapport à la douleur est intéressant. Dissimule-t-il une culpabilité enfouie en toi ?

J’ai eu une enfance et une adolescence horribles. Il y a six mois, je me suis fait tatouer sur les côtes : « c’est avec la douleur que vient la force ». Cette formule me rappelle d’où je viens et à quel point j’ai pu vivre des moments difficiles. J’étais rejetée de partout : ma famille, les autres filles, les mecs. J’étais celle à qui tous les autres gamins aimaient mettre des coups de pied dans la cour de récré. Depuis ce temps-là, je déteste les gosses, je n’en voudrai jamais. On pense que c’est tout mignon, les enfants, mais c’est très cruel.

Pourquoi le porno et pas simplement le strip-tease ou autre ?

Je le dis honnêtement, je ne sais pas faire grand-chose. (Elle réfléchit) Enfin, je ne sais rien faire de particulier plutôt. Je n’ai jamais été douée pour l’école ou pour un art. Dans le sport, j’aurais peut-être pu faire quelque chose, mais je crois que je suis trop fainéante pour ça. Le porno, c’est de l’argent rapide et j’aime ça. Mais attention, il faut une bonne dose de courage. C’est un boulot de fainéants courageux. Quand j’y pense, je suis assez fière de moi : j’ai réussi à avoir mon propre appartement dans la vallée sans l’aide de personne. Sans vraiment m’en rendre compte, j’ai travaillé dur et ça a payé.  

Tu as gardé quelques rondeurs post adolescentes, comptes-tu te sophistiquer ou rester sur cette silhouette de teen ?

Il y a des paramètres que je ne maîtrise pas. Il y a deux ans, je faisais dix kilos de plus. Je n’ai jamais fait attention à mon corps ou à mon poids. Les vegans par exemple me font flipper. Il y a trop de gens qui s’embarquent dans des délires diététiques. La bouffe, c’est la bouffe. Il faut manger tout ce que Dieu nous a offert et je fais avec le corps que la nature m’a donné.

Tu es croyante ?

Oui. Je suis chrétienne. Ce n’est pas parce que je suis dans le porno que j’ai renié ma foi.

Pécher de chair est capital, non ?

Et Jésus a lavé les pieds de Marie-Madeleine, pas ceux de la femme d’un Pharisien. Où est donc la vérité ? Je ne suis pas comme ces arriérés qui pensent qu’il faut vivre comme au temps du Christ. Je ne trompe personne. Ma foi est personnelle.

Toutes les Californiennes ont autant d’esprit que toi ?

Je ne suis pas californienne, j’ai grandi à Boulder, dans le Colorado. Je déteste la Californie, c’est surfait, cher et il y a beaucoup trop de trafic. Je me demande pourquoi les gens viennent toujours s’installer ici.

Peut-être comme toi, pour le travail.

Surtout parce qu’on leur vend une qualité de vie meilleure, mais c’est un mensonge. On vit dix fois mieux dans les Rocheuses. Ici, on ne croise que des gens qui veulent faire carrière dans le cinéma et qui finissent strip-teaseuses ou à vendre des donuts.

As-tu des amis dans l’industrie ?

Karmen Santana a été ma colocataire pendant six mois. C’est ma seule véritable amie ici. Je m’entends bien avec Lexi Lore aussi. J’ai toujours eu très peu d’amis car je pense que la plupart des gens attendent toujours un retour quand ils te rendent service. Ils sont dans le calcul, moi pas, alors je fais bien attention à qui je donne mon amitié. C’est une chose sacrée.

 

April Aniston
18 ans
Originaire de Boulder (Colorado)
1m75
57 kg
85B

Filmo sélective :

– Anal Darlings 2 (Evil Angel)

– Boning My Prankster Stepsis (Team Skeet)

– Sexy New Teen (Cherrypimps)

Dimitri Largo

À propos de Dimitri Largo

Journaliste professionnel depuis 2003. Rédacteur du magazine Hot Video de 2007 à 2014.