Hadley Viscara : « On m’a enfermée dans une cage pleine de chiots »

A côté de Hadley, Cosette, c’est Kate Middleton. En effet, avant de devenir une icône, Hadley Viscara a morflé. Pestiférée de la cour de récré, dénigrée dans son foyer, la petite redneck du Nebraska savoure désormais son succès mais pas sa revanche. C’est qu’elle a bon fond. Ses partenaires confirment.

LVDX : Avec ton nom, tu as des ascendances italiennes, n’est-ce pas ?

Hadley Viscara : J’adore la cuisine italienne, mais c’est tout ce qui me lie à l’Italie. Hadley Viscara, c’est un personnage que j’ai imaginé dans une nouvelle que j’ai écrite. L’histoire d’une escort haut de gamme new-yorkaise.

Ça sent le vécu, ça…

Je fantasme ; je reste dans le virtuel. Je suis intouchable pour ceux qui viennent à moi à travers le porno ou la webcam. Mais j’échange énormément avec les internautes, à travers Sextpanther ou Onlyfans.

Comment s’est passée ton adolescence ?

J’ai grandi dans une toute petite ville de 700 habitants dans le Nebraska. Il n’y avait même pas d’école, juste un bar et une poste. J’avais une heure et demie de bus à me taper tous les matins pour aller en cours. Et une fois là-bas, j’étais celle que l’on emmerdait toujours car j’étais trop gentille. Ça s’est tellement mal passé que j’ai été renvoyée d’un peu partout. Ma mère allait de district en district pour trouver une école qui veuille bien de moi. Ça rendait l’ambiance tendue à la maison. J’ai grandi dans une famille très, très chrétienne et elle l’est toujours. On vivait juste à côté de l’église dans une vieille maison de pasteur. Mon père était un de ces pères pour qui les enfants doivent être vus et pas entendus. Il vous cognait la tête avec une bible quand vous ne respectiez pas ce qu’il disait. J’étais la rebelle et ma sœur, l’ange. Elle a fini par se marier avec un pasteur. Moi, on me jugeait tout le temps : tu ne devrais pas faire ci ou ça… A cette époque, j’avais même un anneau de pureté autour du doigt.  

Tes camarades de classe, que te faisaient-elles ?

Je traînais avec deux soeurs qui étaient méchantes, mais c’est la seule compagnie que j’avais trouvée. Leur famille élevait des chiens. Un jour, il y en a une qui m’a enfermée dans une cage pleine de chiots qui me mordaient.

C’était chez Kink ça plutôt, non ? Sérieusement !? Ce sont des sévices, c’est criminel !

Tu ne crois pas si bien dire, Kink, ce sont les premiers pornos sur lesquels je me suis branlée. J’avais 15 ans et depuis, j’ai toujours voulu tourner pour eux. L’année dernière, je leur ai écrit trois fois pour qu’ils me fassent tourner mais je n’ai eu aucune réponse. Ce n’est qu’en participant par hasard à un salon, le Forum de Phoenix que j’ai rencontré James Deen. Il m’a présentée à Fivestar, qui est réalisatrice pour Kink. A ce moment-là, j’ai été prise au sérieux. J’étais comme au milieu d’un orgasme intense quand j’ai réalisé que tout ce que j’avais toujours voulu faire, était sur le point de s’accomplir.

Quand je te parlais de Kink, c’était pour détendre l’atmosphère. C’est pour eux que tu as fait ta première scène ? Qu’as-tu fait là-bas ?

J’ai fait ma première scène dans leur studio de San Francisco en mai 2017 pour leur site Electroslut. J’étais super nerveuse ; je me demandais même si j’allais être traumatisée à vie. Pendant le maquillage, je ne disais pas un mot, mais dès que j’ai eu mon premier orgasme, assez vite dans la scène, je me suis lâchée. C’était un orgasme forcé, je n’ai pas cherché à jouir, mais avec cette machine infernale qui bourdonnait entre mes jambes alors que j’étais attachée, c’était impossible de ne pas « venir ». Là, j’ai réalisé que j’étais exhibitionniste. C’était extrêmement bon.

Etant donné ton enfance, penses-tu avoir développé un complexe de soumission ?

Sexuellement oui, mais grâce au porno, je ne me pose plus comme une victime. J’ai commencé par les cordes avec mon ami qui est initié. J’aime être comme un lapin garroté. C’est fun. Mais en privé, je ne connais personne qui partage mes fantasmes de bondage.

Tu as une paire de seins assez démentielle, comment trouves-tu des ensembles assortis ?

Ça dépend de la marque et du moment du mois ! Ma sœur a quatre ans de plus que moi et avait déjà de gros seins. Je me souviens que je rentrais dans ma chambre et je priais très fort pour en avoir des pareils et maintenant, c’est moi qui aie les plus gros ! Je peux remercier Dieu sur ce coup.

Oui et non, car les mecs ont dû te harceler encore plus…

Oui, c’était encore pire. Ils voulaient les toucher tout le temps, c’était un jeu pour eux.

Que t’inspire le mouvement qu’on a appelé « libération de la parole des femmes » suite à l’affaire Weinstein ?

Je suis heureuse, évidemment, mais en ce qui me concerne, je n’ai pas de ressentiment. Et puis, je n’ai pas eu de problèmes aussi graves, heureusement. Personne n’a jamais abusé de moi. Les gamins sont juste cruels entre eux, c’est comme ça. C’est une question d’éducation et ça prendra plusieurs générations. Après avoir perdu ma virginité à 16 ans, j’étais même très excitée que l’on me les touche. Je suis devenue une vraie chaudasse. J’ai enchaîné les plans. J’ai dû baiser avec une trentaine de personnes, tous sexes confondus.

Cette première fois a-t-elle conditionné ta sexualité future ?

J’avais couché une première fois avec ce mec à 16 ans, mais ce n’était pas le pied du tout. C’est en couchant avec ma première petite amie que je me suis considérée comme réellement dépucelée. J’avais 18 ans. Je l’avais rencontrée sur un forum queer. Je ne savais pas qui j’étais, ni où me situer. Elle m’avait sorti le grand jeu pour me séduire. C’était beau, je ne pensais pas que ça pouvait être aussi beau. Après avoir joui, je me suis réfugiée dans la cuisine et j’ai pleuré. Je me suis dit : « comment quelque chose d’aussi mal peut me faire sentir aussi bien ? »

Ce n’est évidemment pas « mal ». Que signifie ton tatouage ?

C’est un symbole lesbien. Je l’ai fait à 20 ans, le jour des funérailles de mon grand-père. Je l’avoue, j’étais dans l’émotion. Ce n’était pas un truc très réfléchi. A cette époque, je ne savais plus qui j’étais. Maintenant, je sais que je ne suis pas gay et je n’ai pas besoin d’un label sur la peau pour affirmer ma sexualité. Je tombe amoureuse de l’esprit des gens, pas de leur genre. Je me contente de l’essentiel et du nécessaire.

Quel est ton type de mec ?

L’âge doré : 30 – 45 ans. J’ai toujours préféré les mecs plus vieux. Quand j’avais 18 ans, je voyais un mec qui en avait 30. La différence est acceptable à mes yeux. Ensuite, j’aime les hommes humbles. Les gros egos, très peu pour moi. Je suis sympa et cool avec tout le monde, je cherche quelqu’un qui l’est aussi.

Y a-t-il des mots doux qui te fassent particulièrement mouiller ?

Que l’on me traite de gentille fille (NDLR : good girl dans sa bouche). Ça allume le feu en moi. Oui, je suis une gentille fille et je ferai tout ce que tu veux…

Y compris une faciale ?

J’ai horreur que l’on m’éjacule au visage ! J’ai cette terrible image des spermatozoïdes qui représentent autant d’enfants morts sur mon visage.

Ah oui, quand même… Tu consultes quelqu’un pour te « décharger » de tout ce vécu ?

Ma mère m’a emmenée consulter des dizaines de psy. Ils m’en ont moins appris sur moi que l’industrie. Ma vraie thérapie, elle passe par le porn. J’y ai trouvé du respect. On m’écoute et on me fait sentir que je suis importante. Je me sens bien dans mon corps et dans ma tête et c’est au porno que je le dois.

Hadley Viscara
24 ans
Originaire de Lincoln (Nebraska)
1m64
66 kg
100 D

Filmo sélective :

– Black and White 12 (Jules Jordan)

– My Friend’s Hot Girl (Naughty America)

– Mouth for Rent (Realitykings)

Dimitri Largo

À propos de Dimitri Largo

Journaliste professionnel depuis 2003. Rédacteur du magazine Hot Video de 2007 à 2014.