Anya Ivy : « A chaque dispute, ça finit par : t’es qu’une pute »

La peau caramel d’Ivy distille un poison enivrant, de ceux qui font perdre les pédales aux hommes. Il faut savoir la prendre comme elle est : une pornstar à la forte personnalité qui utilise le cul comme une arme pour séduire et faire son biz. Entretien.

LVDX : donc, tu es d’Atlanta, la grande porte du Sud…

Anya Ivy : 100 % géorgienne, bébé. Le Sud coule dans mes veines. Jusqu’à l’âge de 15 ans, je n’ai jamais bougé d’Atlanta, mais j’ai vite passé tous mes étés en Floride. J’étais une cheerleader reconnue et les compétitions se déroulaient là-bas. Ça explique que je sois aussi souple.

Comment expliquer à un Français que le cheerleading est une activité très sérieuse aux USA ?

C’est essentiel à la réussite d’un événement sportif. C’est un métier qui réclame une discipline quotidienne et d’avoir du talent en danse et en gymnastique. Les places sont chères car toutes les filles veulent être repérées par une franchise de football, de basket ou de base-ball. Ça ne s’est pas fait, c’est la vie. J’ai rebondi.

Laisse-moi deviner : tu es devenue stripteaseuse.

La meilleure au Sud d’Atlanta. Je suis devenue la reine du Foxxy Lady pendant trois ans, à Downtown Miami. En moins d’un an, je manageais les nouvelles danseuses. J’avais la rage de ne pas être passée cheerleader pro, mais dans ce club, j’ai réalisé que le destin n’avait pas si mal fait les choses. J’étais bien dans mon univers. Les mecs faisaient pleuvoir les dollars dès que j’apparaissais. Les clients avaient du pouvoir la journée et le soir, c’est moi qui l’avais sur eux.

Et ensuite ?

Un mec qui était dans l’encadrement du club m’a suggéré de faire du porno pour encore augmenter ma côte auprès des clients. J’ai trouvé l’idée intelligente. Je sais faire bander un mec. J’ai la peau douce et parfumée. Je suis une comédienne d’aussi loin que je me souvienne. Les planètes étaient alignées !

Alors, tu stripes toujours ?

Plus que jamais ! Je suis en tournée six mois par an, côte Est, New-York – Baltimore, l’été et côte Ouest, Los Angeles – Las Vegas en hiver. Miami, c’est fini, je n’y retourne que pour le plaisir. C’est moi qui glisse les dollars dans le string des filles.

J’ai vu que tu ne bossais pas avec les acteurs noirs, pourquoi ?

(Assez sèche) Parce que je suppose que l’on m’a laissé le choix. Ce n’est pas pour une quelconque mauvaise expérience. Je préfère seulement travailler avec des acteurs blancs.

C’est une question de physique ?

Oui voilà, j’aime les mecs qui me sont opposés. Les blonds aux yeux bleus me font craquer, les yeux bleus surtout.

Perso, j’en suis ravi. Tu n’aimes pas les grosses queues couleur ébène ?

(Elle monte dans les tours) Pourquoi tu me prends la tête avec ça ? J’ai vu suffisamment de pantalons baissés pour savoir que la taille n’est pas liée à la couleur. Pourquoi tu ne te renseignes pas avant ?

Excuse-moi, mais parfois, il faut bien faire des généralités ou plus aucune règle ne se dégage !

Celle-là, elle m’a toujours gonflée ! Quel mec se fait mesurer le sexe ? Comment le savoir à l’échelle d’une population ? Si tu regardes les acteurs porno, alors tous les blancs ont des grosses bites.

Houla, tu as le sang chaud toi !

J’ai du caractère mais les questions de couleur, il ne faut vraiment pas m’emmener là-dessus. Les clichés, j’en ai assez souffert.

Au lit, c’est pareil, prends-tu les choses en main ?

Je ne suis pas naturellement soumise, mais je dois reconnaître qu’il y a quelque chose de sécurisant à se sentir la propriété de quelqu’un. C’est un sentiment fascinant. Je ne me l’explique pas.

Comment s’exprime ton plaisir sur un tournage ?

Le porn, ce n’est pas la réalité. Si le plaisir vient, tant mieux, mais la plupart du temps, il faut faire sans. C’est un conditionnement mental, ni plus, ni moins, tout est dans la tête. Je ne prends pas de plaisir avec quelqu’un pour qui je n’ai pas d’attirance.

N’es-tu pas attirée par certains collègues ?

Non, ce sont des potes. On rigole, mais c’est impossible pour moi de tomber love d’un performeur. Je connais trop bien la manière, l’envers du décor.

A quoi carbures-tu à côté du porno ?

Je suis une femme assez arty. J’aime tout ce qui réclame de la créativité : la musique, le chant, la danse. J’aime manger aussi, même si ça ne se voit pas. J’aime voyager, découvrir de nouvelles choses, peindre.

Je suis toujours étonné que des pornstars me disent qu’elles aiment peindre. Sans présumer de ton talent, cela te semble-t-il lié ?

Cette sensibilité, je l’ai toujours eue en moi. Je travaille aussi dans le modeling, je dessine des soutiens-gorge. C’est logique, je trouve. Nous sommes les descendantes des modèles nues qu’ont eues les peintres classiques.  

Cela te brancherait-il de venir travailler en France ?

Ce serait merveilleux. Voir Paris est un rêve ! Quand je me projette dans l’avenir, à horizon cinq ans, avoir voyagé partout dans le monde est une chose que je voudrais avoir accomplie. J’espère que l’occasion se présentera. Je pense qu’en France, on aime faire des films avec des belles histoires.

Il faudra apprendre le Français.

Ça ne me dérangerait pas, au contraire. J’apprends vite. J’ai l’esprit éveillé.

Te reconnaît-on dans la rue ?

Ça dépend où. Quand je vais travailler à Los Angeles ou à Las Vegas, pas du tout. Quand je rentre en Géorgie, je préfère me faire plus discrète par rapport à ma famille. Je suis en survêtement large avec une casquette et personne ne m’emmerde.

Penses-tu qu’une pornstar puisse avoir une vie de famille comme madame tout le monde ?

J’espère. J’y crois chaque fois que j’entame une relation, mais quand c’est terminé, je me dis aussi que ce métier n’est pas comme un autre. Beaucoup finissent par penser que je suis réellement Anya Ivy. A chaque dispute, ça finit toujours par : « de toute façon, t’es qu’une pute ». Et ça, ça fait mal au cœur.

 

Anya Ivy
26 ans
Originaire d’Atlanta (Géorgie)
1m57
49 kg
90 D

Filmo sélective :

– Axel Braun’s Brown Sugar (Wicked)

– 1 000 000 Years Big Boobs (Brazzers)

– Anya Ivy is Funsize (Bangbros)

Dimitri Largo

À propos de Dimitri Largo

Journaliste professionnel depuis 2003. Rédacteur du magazine Hot Video de 2007 à 2014.