Homosexualité, et si celle-ci se décidait avant la naissance ?

Combien de parents se sont posés une multitude de questions sur l’éducation de leur enfant lorsque celui ou celle-ci leur annonçait son homosexualité ? Pourquoi leur fils ou leur fille n’étaient pas hétérosexuels comme leurs frères ou sœurs alors qu’il ou elle avait été élevé en tout point de la même manière ?

Combien d’homophobes proclament que cette orientation n’est qu’un « choix » déviant, contre nature ! Et si c’était justement cette dernière qui était à l’origine de tout ? Jacques Balthazart, biologiste belge spécialisé en neuroendocrinologie du comportement, Simon Le Vay, neuroscientifique américano-britannique et Roger Gorski, neurobiologiste américain, entre autres, nous le démontrent à travers leurs recherches.

La majorité des garçons au stade embryonnaire, juste avant de naître, connaissent un pic de testostérone, à un moment précis, qui va déclencher le développement d’un noyau dans l’aire préoptique médiane [une partie de l’hypothalamus] du cerveau. Les femmes n’ont pas ce pic, leur noyau, en conséquence, ne se développe pas. Les hommes, avec leur noyau ainsi développé, seront chimiquement attirés par les hormones femelles, et les femmes, avec leur petit noyau, par les hormones mâles.

Mais, chez certains hommes, le pic de testostérone n’a pas lieu au moment de la formation dudit noyau. Celui-ci reste donc petit. De fait, tous ces hommes vont avoir une attirance pour d’autres hommes. De la même manière, certaines femmes vont connaître un surplus de testostérone embryonnaire, qui va faire gonfler ce fameux noyau de l’aire préoptique médiane comme celui de l’homme, toutes ces femmes seront donc attirées par d’autres femmes.

Jacques Balthazart décrit des expériences menées sur des souris au cours desquelles les savants ont manipulé, eux-mêmes, le pic de testostérone au bon moment de la vie embryonnaire des animaux : Ils ont réussi à créer des souris homosexuelles et hétérosexuelles. Une fois nées, les savants pouvaient s’acharner à continuer à injecter de la testostérone aux souris mâles, l’orientation sexuelle demeurait définitivement inchangée.

D’après toutes ces recherches, l’environnement ou l’éducation n’a rien à voir avec l’orientation sexuelle, tout est décidé avant la naissance, indépendamment d’une quelconque volonté. On ne peut plus rien y faire par la suite. Des savants tels que Nathan Baley, Janet Mann ou Lindsay Young mènent, à ce jour, des recherches sur le rôle supposé de l’homosexualité. La nature ne faisant jamais rien au hasard, avoir un pourcentage d’homosexuels dans une population doit avoir une signification pour la régulation, l’équilibre ou la prospérité d’une espèce.

Il a été démontré, parmi les espèces animales, que les familles ayant des membres homosexuels s’en sortent mieux que celles qui n’en ont pas. Les mâles homosexuels, contrairement aux hétérosexuels, ne partent pas féconder ailleurs et restent donc dans le groupe. Plus d’adultes sont donc présents pour protéger les petits des prédateurs. Par conséquent, ces familles-là amènent plus d’enfants à l’âge adulte et, au final, cette population se reproduit mieux.

Chers parents, vous n’y êtes strictement pour rien ! N’essayez pas de « préserver » vos enfants de l’homosexualité en la discriminant. En agissant de la sorte, vous n’empêcherez pas vos enfants d’être ce qu’ils sont naturellement. Quant aux homophobes, le seul « choix » qu’ont les homosexuel(le)s est celui de s’assumer… ou pas. Et, ne vous en déplaise, ceci est… naturel.

Légende photos :

1994296 – Ouverture

Jacques Balthazart, l’un des chercheurs ayant mis au jour ce phénomène naturel.

Mickael Cock

À propos de Mickael Cock

Michael Cock est journaliste et archiviste : il suit l'actualité et l'évolution de la communauté gay depuis plus de 20 ans. Militant de santé sexuelle, les nombreuses confidences qu'il a recueillies lui permettent de relativiser sur les sexualités. De formation scientifique et théâtrale, il décrypte avec humour et logique l'inconscient sexuel de tous les sujets trop sérieux. Il contribue régulièrement pour Garçon Magazine.