Daya Knight : « Il y a plus de métissage dans le X que dans la rue »

Daya est digne de ces créatures qui peuplent les nuits rouge de Harlem. A 21 ans, elle nous arrive pourtant d’Oakland, West Side. En toute humilité, cette tête bien faite a voulu vivre à fond ses fantasmes sexuels débridés. Tatoo free et seins lourds, elle a de sérieux arguments à faire valoir. Damn Daya !

LVDX : Quelles sont tes motivations pour faire du porn ? L’argent ? Être une icône sexuelle ?

Daya Knight : Un peu tout à la fois. Je n’ai jamais eu honte de mon corps, j’aime le sexe et l’idée de joindre l’utile à l’agréable. Je fais du X comme je fais du striptease. Après le taf, je rentre dans mon condo, personne ne fait attention à moi. Ma vie est la même que celle de tout le monde. Je ne vis pas à la campagne et je ne serai jamais assez connue pour qu’on m’importune.

Au contraire, sinon comment expliques-tu qu’on te connaisse en France ?

Et ça me fait bizarre ! Vous devez avoir des filles splendides. Après, c’est la magie du sexe. Il ne connaît aucune frontière. J’ai constaté aussi que depuis six mois, les choses s’accéléraient pour moi. Je peux même dire que je suis fière car les gens qui me suivent me renvoient beaucoup d’amour. Je ne m’y attendais pas, je ne suis qu’une simple sex worker.

Tu es d’une grande humilité en tout cas…

Je n’ai pas de raison d’être prétentieuse. Aucun film ne s’est jamais vendu sur mon nom. Il est arrivé qu’on m’appelle pour faire le complément sur les scènes, la troisième dans un threesome. Ce dont je suis contente, c’est que ça se passe de moins en moins comme ça. Je sens une progression quand je suis bookée. Ce n’est plus au dernier moment ; j’ai droit à un maquilleur ; je fais moins de POV dans les chambres de motel !

As-tu vécu des expériences pénibles ?

Non, mais les beaux mecs, bien dessinés et qui bandent bien dur, ce n’était pas au programme. Les mecs n’étaient pas épilés ; les téléphones portables sonnaient ; j’ai tourné avec des vieilles. Il y avait beaucoup d’improvisation et tout était calculé au dollar près. Dans le genre, j’ai dû faire une demi-douzaine de scènes pour Homegrown, deux pour ATK Amateur et Exquisite. Il y en a eu plein d’autres, mais je ne sais même pas où elles sont sorties.

Chez Dogfart par exemple.

J’ai connu mes premières villas chez Dogfart ! C’est drôle parce qu’ils ne sont pas connus pour la beauté de leurs décors mais comme je venais des gonzos tournés dans les chambres d’hôtels, ça m’a paru un step extraordinaire. J’étais entourée de performeurs qui me baisaient bien, enfin comme je l’avais toujours imaginé pour du porn.

Dans quel type de milieu as-tu grandi ?

Mes parents se sont séparés quand j’avais deux ans et j’ai vécu avec ma mère. Elle militait pour les droits civiques. J’ai été élevée dans un idéal d’égalité.

Nous avons voyagé dans tout l’Etat et avons toujours vécu dans des ensembles urbains denses et anonymes. Nous ne sommes jamais posées assez longtemps pour que je prenne « racines ». Ma mère disait que c’était le prix à payer pour ne pas avoir de mauvaises relations.

J’imagine que tu devais te sentir seule ?

Je m’accommode très bien de la solitude. Mon ami imaginaire m’a beaucoup écoutée ! Ça me donne une force, je pense.

Quelle force ?

Je n’ai pas à tout prix l’envie de me lier. J’habite à Los Angeles. Personne ne m’embête. Moi, je suis ok avec mes choix ; en paix. Je n’ai pas pour habitude de suivre les conseils et encore moins les ordres. Celui qui veut me « gérer » comme ça, c’est qu’il ne me connaît pas bien. Pas du tout même.

Vivre à Los Angeles, c’est important pour toi ?

Oui, la mentalité est libre. A Oakland et sur toute la côte, c’est pareil. Mais partout ailleurs, ça devient tendu, je n’ai jamais ressenti une telle fracture en Amérique, les puritains et les progressistes sont en guerre. J’ai peur pour nos libertés. Et les réseaux sociaux amplifient tout.

N’as-tu jamais eu la tentation des tatouages ?

Je serais peut-être la dernière, mais je n’en voudrais jamais ! J’ai toujours essayé de préserver ma peau. C’est un sanctuaire pour moi. Pareils pour mes seins : ils sont naturels et ils le resteront pour l’instant.

Comment es-tu venue à faire du porno ? Un mec t’a branchée ?

Je n’ai pas été démarchée. Qu’un mec me propose de faire du porno, j’aurais trouvé ça louche. Je l’aurais éjecté direct. Pour moi, ce n’est pas quelque chose que l’on propose comme ça à quelqu’un. Ça doit venir du plus profond de soi. Je travaillais dans un club de striptease et Kendra Wilkinson est venue un samedi soir en tournée. On a bien accroché. Elle m’a un peu raconté la manière dont l’industrie fonctionnait et je me suis dit que je pourrais le faire. Elle m’a donnée la carte de son agence, OCM, et le mardi suivant, je faisais mes premières photos pour mon profil chez eux.

Après deux années complètes, qu’est-ce qui te fait rester dans le business ?

Le porno m’offre un niveau de vie que je n’avais pas auparavant. Depuis mon enfance, j’avais un problème avec l’alignement de mes dents et mes parents ne pouvaient pas me payer un appareil dentaire. Grace à l’argent que j’ai gagné sur mes tournages, j’ai pu me le payer sans avoir d’assurance. Des exemples, j’en ai beaucoup. Je ne vais tous les faire : l’appartement, le 4×4…

Sexuellement parlant, as-tu des pratiques favorites ?

Je ne préfère rien car je ne déteste rien. Tout dépend du performer, mais en règle générale, j’ai besoin que ce soit énergique. J’ai rencontré beaucoup d’hommes qui étaient mous et qui partaient vite. Moi, j’ai besoin qu’on m’attrape, besoin d’une bonne grosse queue.

Existe-t-il une proximité entre les performers noirs du business ?

Si parce que j’étais noire, je ne devais tourner qu’avec des noirs, je trouverais ça raciste. Il y a plus de mélange dans le porno que dans la rue. J’ai tourné avec des acteurs blancs chez Dogfart. Les scènes black/white marchent et je trouve ça bien. Par contre entre actrices, je ne sens aucune forme de solidarité. J’ai l’impression que l’on est toutes en compétition les unes contre les autres. Ce sont toutes des salopes, franchement.

As-tu des modèles ? Des personnalités que tu admires ?

Ici, on dit, « Monkey see, monkey do » (NDLR : ce que le singe voit, le singe fait). Alors, non, je suis ma propre voie. En tout cas, ne t’attends pas à ce que je te sorte Nikky Minaj, une pornstar ou quelque chose du genre. Je préfère des femmes comme Rhonda Roussey, Billie Holliday ou Lauryn Hill.

Daya Knight 
21 ans
Originaire d’Oakland (Californie)
1m 68
59 kg
95 D

Filmo sélective :

– Black Anal Asses 3 (Mile High)

– Damn Daya (Reality Kings)

– True Black Romance (Archangel)

Dimitri Largo

À propos de Dimitri Largo

Journaliste professionnel depuis 2003. Rédacteur du magazine Hot Video de 2007 à 2014.