Suivez-nous

Actu/News

Après les célibattantes… un celibat’land !

Vincent Lacrosse

Publié

le

Le village de Noiva do Cordeiro, au Brésil, est niché dans la belle vallée de Belo Vale, et il n’est pas difficile de comprendre pourquoi. Car ce n’est pas seulement le paysage qui y attire l’œil, mais bien ses habitants et, plus particulièrement, ses femmes…

Situé à environ 500 km au nord de Rio de Janeiro, dans le sud-est du Brésil, Belo Valec est parsemé de bosquets de mandariniers qui donnent des fruits à la peau épaisse, de bananiers et de pins recouverts de fleurs jaunes. C’est là que se trouve Noiva do Cordeiro, un village dont la majorité des habitants sont des femmes aussi magnifiques que les bougainvilliers qui s’épanouissent dans la vallée. Ce n’est certes pas un hasard puisque cette région du Brésil est réputée pour la beauté de ses superbes villageoises. Mais fait plus intéressant pour la gent masculine, beaucoup sont célibataires et à la recherche de l’amour.

Nelma Fernandes, une jeune femme de 23 ans, a expliqué que : « Ici, les seuls hommes que nous rencontrons sont mariés ou ont des liens de parenté avec nous. Nous sommes tous, d’une manière ou d’une autre, cousin(e)s. Je n’ai pas embrassé un homme depuis longtemps et nous rêvons toutes de tomber amoureuse et de nous marier. »

Si certaines cherchent l’amour, nombre d’entre elles insistent sur le fait qu’elles sont satisfaites de leur situation. Elles qui gèrent le village, ses finances, travaillent dans les champs, bref tout, en l’absence des hommes.

« Cet endroit est spécial en raison de l’amour que tout le monde se porte »

Noelie Fernandes Pereira, 42 ans, cultive légumes, fruits et riz pour nourrir le village mais également pour les commercialiser. Elle fait partie des quatre-vingt ouvrier(e)s agricoles, presque toutes des femmes, qui portent des chapeaux de paille à larges bords pour se protéger du brûlant soleil de midi : « Cet endroit est spécial en raison de l’amour que tout le monde se porte », dit-elle. Aussi pourquoi ne s’est-elle pas mariée ? « Je n’ai tout simplement pas trouvé la bonne personne. »

Marcia Fernandes, 33 ans, est chanteuse de folk à mi-temps et l’une des femmes les plus glamour du village. « C’est merveilleux, ici, de voir toutes les femmes travailler ensemble. Nous partageons chaque moment et, même lorsque nous travaillons d’arrache-pied, la vie est belle parce que nous sommes toujours entre amis et que nous prenons soin les uns des autres. »

Ce déséquilibre entre les sexes dans le village [qui, littéralement, se traduit par : mariée à l’agneau] remonte à sa fondation par Maria Senhorinha de Lima, une femme accusée d’adultère, bannie de sa maison et de son église, en 1891. Cette stigmatisation, remontant pourtant à la fin du XIXe siècle, n’a jamais totalement disparu. « C’est en raison de cela que nous sommes toujours totalement isolés » a déclaré Rosalee Fernandes, une femme de 49 ans faisant partie de la quatrième génération des habitants de Noiva do Cordeiro et qui se bat pour que ses habitants ne soient plus marginalisés. Elle explique de plus que le ratio hommes/femmes dans le village n’est pas aussi grave qu’il n’y paraît : « Des hommes vivent ici, mais ils ne sont pas présents la semaine. Ils travaillent à l’extérieur du village. Ils sont mineurs ou travaillent à Belo Horizonte [la grande ville la plus proche]. Ils nous manquent beaucoup. Nous attendons toujours avec impatience le week-end et leur retour. »

Pigiste globe-trotter, essentiellement pour la presse américaine.

Populaire

Merci de désactiver votre bloqueur de publicité pour accéder à ce site.

ADBLOCK a cassé ce site en voulant supprimer son contenu publicitaire.
Désactivez ADBLOCK pour consulter nos articles.