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Les aventures d’un Webmaster X. Chapitre 7 : l’art de la programmation porno

Clint B

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Le webmaster Milukman, pionnier du X-business sur le web et fondateur du sulfureux jemevenge.com, nous parle direction des programmes, aujourd’hui. Parce que c’est bien joli de disposer d’un beau site bien référencé, vantant les mérites esthétiques et la qualité narrative de vos boulards, mais encore faut-il le garnir desdits boulards. Achat de licence, contenu participatif, auto-production, les options sont multiples ; les contraintes et les revers aussi…

Chapitre 7 : l’art de la programmation porno

Outre la question du financement, se pose celle du contenu. Que ce soit pour élaborer le design d’un site de charme ou pour proposer une zone membres à ses visiteurs, il faut se procurer du contenu photo et vidéo. Dans chaque pays, il existe une multitude de boutiques en ligne spécialisées dans le contenu pour le X business (adult content providers). Selon les fournisseurs, les prix peuvent varier de 1 euro pour un pack de 100 photos érotiques à plus de 500 euros pour un DVD X comprenant cinq ou six scènes qu’il vous sera possible de vendre sur votre site, puisqu’en achetant ces produits, vous en aurez acquis les droits d’exploitation sur Internet. Ces boutiques de contenu sont un peu La Samaritaine du cul, on y trouve à peu près toutes les spécialités. Si vous cherchez une niche bien précise, vous pouvez être certain de trouver votre bonheur. De la jolie Allemande à la grosse mamma poilue en passant par du SM gay, de la femme enceinte ou de la lesbienne asiatique, il y en a pour tous les goûts et pour tous les besoins. Ces tarifs concernent l’achat de photos (généralement au format Jpeg) ou de vidéos (aux formats Mpeg, WMV ou AVI) prêtes à être directement exploitées et pour lesquelles vous avez obtenu des licences non exclusives. Ce qui signifie en gros que vous allez avoir les mêmes que tout le monde ! Si vous avez une idée bien précise pour votre site et que vous cherchez à être original, il vous faut trouver autre chose.

La mamma poilue, une valeur sûre

Producteur à deux balles

La première solution consiste à acheter le contenu en exclusivité. Le prix n’est alors plus le même puisque le vendeur ne fera qu’une vente. Pour limiter les frais, on peut aussi acheter en semi-exclusivité. Le vendeur s’engage dans ce cas à ne vendre qu’un nombre limité de licences. Cette approche reste toutefois une bonne solution pour éviter de proposer exactement les mêmes vidéos que les autres webmasters et sortir un peu du lot. Ce qui, à terme, est toujours payant. Il est même parfois possible d’aller plus loin dans l’exclusivité en demandant à un professionnel de vous réaliser du contenu sur mesure, mais cela revient assez cher pour un résultat qui n’est pas toujours à la hauteur. De plus, il faut trouver un réalisateur susceptible de tourner pour les autres. C’est ce qu’offre par exemple Kemaco Studio, installé en Espagne, et quelques autres boîtes de production qui, à ce jour, acceptent de tourner des scènes à la demande en suivant un script et un cahier des charges précis.

La deuxième solution est bien moins coûteuse puisqu’elle ne coûte rien ! Ce sont dans ce cas les visiteurs qui mettent la main à la pâte. Encore faut-il avoir le site et le thème qui se prêtent à la mise en place d’un tel système. À l’heure de la démocratisation des moyens de production audiovisuelle, il est parfaitement possible aux internautes de produire des photos et des vidéos numériques avec une qualité acceptable. Le contenu généré par les utilisateurs (user generated content) est l’un des fers de lance de ce que l’on appelle le web 2.0, cet Internet nouvelle génération qui se veut plus participatif que son grand frère. Les sites amateurs, les forums qui donnent la possibilité aux internautes de publier directement leurs photos intimes ou leurs vidéos personnelles s’inscrivent dans ce concept. Rentable pour le webmaster qui propose le service, cette solution offre de surcroît l’avantage d’un site vivant, riche de contenu varié. La seule charge étant alors les frais de serveur et de bande passante. Quel est l’intérêt pour tous ces contributeurs exhibitionnistes me direz-vous ? Le simple plaisir de participer à la vie d’un site qu’ils apprécient et la satisfaction de partager leurs photos ou vidéos en ligne. Revers de la médaille, un tri, une validation et une modération de tout instant sont indispensables pour éviter de se retrouver avec un site infesté de contenu sans intérêt ou redondant, voire illicite, ce qui est plus gênant.

L’amateur n’est toutefois pas dépourvu de contenu qualitatif.

Super-production « maison »

Puisque l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même, il existe une troisième solution – plus délicate mais plus maîtrisée – qui consiste à produire son propre contenu. Et ce n’est pas aussi compliqué qu’on pourrait le croire. Le nerf de la guerre pour ce genre de plans ce sont les actrices. Tout le reste est finalement accessoire. Pour les recruter, il suffit d’avoir quelques connexions dans le monde du charme, et vous en avez nécessairement si vous êtes un tant soit peu implanté dans le biz et suffisamment sociable. Pour vous assister dans votre phase de recrutement, vous pouvez aussi passer des petites annonces sur des sites ou dans des journaux, ce qui vous permettra en prime de repérer quelques débutantes. Une fois que vous avez trouvé la perle rare, vous fixez avec elle le jour du tournage, en espérant qu’elle ne vous plante pas – rien n’est moins sûr. Il vous reste alors à dénicher une caméra DV, un appareil photo numérique, un projecteur, un appartement, un copain motivé pour éventuellement faire l’acteur et le tour est joué ! Et si vous savez vous y prendre, vous pouvez vous arranger pour n’avoir que la fille à payer.

Concernant le studio de tournage, vous n’aurez en effet aucun mal à trouver un volontaire qui acceptera de vous prêter le sien, non par grandeur d’âme, mais plutôt pour profiter du spectacle et se rincer l’œil à bon compte. Quant à l’acteur, pensez-vous sérieusement qu’il soit difficile de trouver un bonhomme ayant envie de baiser à l’œil ? Vous pouvez en recruter un à chaque coin de rue mais, sachez-le, vous n’aurez aucune garantie quant à sa prestation. Vous n’aurez aucune difficulté à trouver des tas de chauds lapins qui fanfaronnent, persuadés d’être en mesure d’avoir le tricotin sur commande pendant des heures, convaincus de pouvoir assurer comme des bêtes sur un tournage X. Pourtant, la réalité est souvent très différente. Fermez les yeux et imaginez-vous dans un studio pourri, au milieu de plusieurs inconnus qui n’observent que vous, sous la chaleur des projecteurs. Vous êtes face à une professionnelle du sexe qui n’est pas toujours tendre avec vous, qui n’est pas toujours belle, qui n’est pas toujours attirante et que vous allez devoir honorer coûte que coûte sur un canapé constellé de taches suspectes… Messieurs, je vous mets au défi d’être excités !

« Vas-y, mon pote ! Fais comme-ci on n’était pas là. »

Si un webmaster se débrouille correctement, il lui sera possible de produire un contenu exclusif à bon compte, avec les moyens du bord. Il lui faudra juste garder à l’esprit les quelques obligations du producteur en herbe qui, hormis le fait évident de devoir vérifier que tous les participants sont majeurs, doit s’assurer que les tests HIV présentés sont récents et authentiques, doit faire signer un model release, c’est-à-dire un contrat de cession de droits à l’image, et doit enfin photographier le visage de l’actrice avec sa carte d’identité. Ce contrat, signé par tous les protagonistes, n’a en réalité aucune valeur juridique ; il permet simplement de prouver que la fille est volontaire et consentante pour être filmée. Si par malheur, elle souhaite faire interdire par la suite la publication de ses vidéos ou la diffusion de ses photos, vous n’avez d’autre choix que de satisfaire à sa requête. Inutile de chercher à lutter : auprès d’un tribunal, elle aurait systématiquement gain de cause. Ce genre de mésaventure arrive bien plus souvent qu’on ne le croit ; ça fait partie du jeu.

Enfin, si vous n’avez pas les moyens d’acheter ou de produire du contenu, si vous ne voulez pas exploiter des vidéos sans licence parce que « voler c’est pas beau », en dernier recours, il vous reste la solution de BernyNoel, un sympathique webmaster à qui je laisse la parole pour conclure ce paragraphe en beauté : « Quand j’ai commencé, je n’avais aucun contenu à mettre en ligne, je ne voulais pas en voler et je n’avais pas les moyens d’en acheter ou d’en produire… alors, j’ai fait des photos de ma bite ! »

La « dick-pic », une niche méconnue

À suivre…

Titulaire d'une maîtrise en cinéma, auteur d'une Porn Study à l'Université Paris VII Diderot, Clint B. est aujourd'hui chroniqueur de l'actualité porno.

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