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Les aventures d’un Webmaster X. Chapitre 22 : Des chiffres et des sexes

Clint B

Publié

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Certes homme de lettres, le webmaster Milukman, pionnier du X-business sur le web et fondateur du sulfureux jemevenge.com, n’en est pas moins amateur de chiffres. Aussi, pour ce qui est de nous détailler les données statistiques relatives au business du sexe en ligne, il n’y a pas meilleur expert. 

Chapitre 22 : Des chiffres et des sexes

État des lieux

Parlons un peu chiffres et statistiques. Les données réelles sont difficiles à obtenir, il n’y a pas vraiment de transparence ni de rapports officiels dans le domaine du sexe en ligne ! Tout le monde balance des chiffres astronomiques, des sommes à faire pâlir tous les autres business, mais les montants annoncés ne peuvent être qu’estimés. Aux dernières nouvelles, 370 personnes par seconde rechercheraient sur Internet des termes pornographiques – à l’échelle planétaire, le mot « sexe » est le plus tapé dans les moteurs de recherche ; ce n’est pas anodin.

Le nez dans les chiffres

En 1998, le marché mondial de l’Internet pour adultes était déjà estimé à 1 milliard de dollars, alors que l’aventure venait à peine de commencer. L’année 2001, pourtant considérée comme rude pour l’activité Internet, notamment avec les attentats du 11 septembre, aurait pourtant vu le business du sexe en ligne progresser de 200 %. La bulle Internet éclate, la caravane du cul passe… L’année suivante, 70 % des paiements sur Internet étaient consacrés à l’achat de contenu à caractère sexuel.

Entre 2001 et 2006, le nombre de sites pornographiques a augmenté de 1 800 % et il existe plus de 380 millions de pages pornos, dont 90 % sont américaines.

En 2008 :

– La cyberpornographie rapportait 2 milliards d’euros annuels.

– 12 % des sites, 25 % des recherches et 35 % des téléchargements étaient à caractère pornographique.

– 28 000 utilisateurs par seconde regardaient de la pornographie sur le Net.

Il faut aussi énoncer les chiffres noirs du Net, au-dessus duquel plane le spectre de la pédophilie. Cette triste « activité » produit elle aussi des millions de dollars de recettes. On peut déplorer le fait que 100 000 sites à caractères pédophiles aient déjà pu être recensés dans le monde. Difficile d’éradiquer un tel fléau ! Sur les simples forums de discussion ou les chat rooms, on constate que 80 % des sollicitations envers des mineurs sont ouvertement sexuelles. C’est un véritable souci d’ordre public qui n’a évidemment rien à voir avec les sites pour adultes.

Ados : attention danger !

Un problème du même ordre concerne les adolescents, qui sont exposés de façon précoce à la cyberpornographie. Certains sont experts en la matière dès l’âge de 11 ans. Pire encore, les 12-16 ans seraient en réalité les plus gros consommateurs de porno en ligne. Pas moins de 9 adolescents sur 10 avouent fréquenter les sites pornographiques. S’ils sont consentants et qu’ils font cette démarche en leur âme et conscience, on peut y voir la simple transposition des revues pornographiques ou des cassettes vidéo de notre jeunesse, qui se passaient sous le manteau dans la cour du collège. Le web n’a rien inventé à ce niveau-là. Mais il faut tout de même être honnête et reconnaître que les images véhiculées aujourd’hui par Internet sont bien plus hard et plus choquantes que les délicates publications de Playboy, Lui ou Penthouse.

Playboy, une autre idée de l’érotisme

Les parents ont ici aussi un rôle important à jouer. Encore faut-il qu’ils sachent ce que leurs gamins sont susceptibles de trouver sur Internet. Encore faut-il aussi qu’ils puissent communiquer avec leurs enfants en leur expliquant que tout ça n’est pas la vraie vie, que ce n’est que du cinéma et de l’illusion, un joujou pour les grands. Il faut oser leur dire ce qu’est la vraie sexualité, que ce n’est pas ce qu’ils peuvent voir sur les sites pornos. Si personne ne leur dit, comment peuvent-ils le deviner ?

Le grand souci concerne les plus jeunes adolescents, voire les enfants, qui n’ont jamais demandé à voir de la pornographie et qui se retrouvent agressés par des images bizarres en gros plan sur leur écran alors qu’ils voulaient juste chercher des infos pour faire un exposé sur la reproduction chez le cheval ou télécharger la photo d’une chatte avec ses petits. La solution n’étant pas de souhaiter l’éradication du sexe sur Internet – ce qui serait illusoire puisque totalement impossible –, elle passe plutôt par la prévention, la surveillance systématique des plus jeunes quand ils surfent (en commençant par ne pas laisser l’ordinateur dans la chambre) et l’utilisation des outils de protection, comme cela a déjà été évoqué plus haut. La solution radicale serait d’interdire l’accès au web aux plus petits, mais ce ne serait pas judicieux. Les enfants privés du Net sont clairement défavorisés : Internet a un impact non négligeable sur l’éducation, la culture et la réussite sociale. Parents, protégez vos chères têtes blondes tout en leur laissant l’accès à la connaissance. Formez-vous, renseignez-vous, Internet n’est pas aussi compliqué que vous le pensez, vous pouvez très facilement préserver vos gamins de ces horreurs qu’ils n’ont pas à voir. Un enfant de 7 ans y arriverait.

Un site de cul coté en Bourse

Gros plan sur les bourses

Le marché du X business en ligne est rentable, dynamique et innovant. Pourtant, rares sont les sociétés françaises de ce secteur qui ont pu être introduites en bourse. La société DreamNex a permis de faire oublier cette invraisemblance économique.

DreamNex fut fondée en 1999 par Patrice Macar, un jeune entrepreneur spécialisé dans le marketing. Son premier site, SexyAvenue.com, proposait alors des conseils sur la sexualité, une boutique en ligne et du contenu pour adultes. En 2002, les premiers bénéfices apparaissent, mais c’est en 2003 – alors que DreamNex rachète deux boutiques concurrentes – que SexyAvenue s’impose comme le leader des sex-shops français en ligne. En 2006, DreamNex va jusqu’à recevoir le titre envié de « Gazelle », qui récompense les 2 000 entreprises les plus performantes de France.

En mars 2007, fait exceptionnel, la société DreamNex est introduite avec succès en Bourse (sur le marché Eurolist C). Dans la foulée, elle rachète la société Think Multimedia (spécialisée dans l’achat de trafic pour adultes) et le sponsor Open Axe (plus connu sous le nom de F5biz, illustre concurrent de CarpeDiem). Ayant habilement réparti ses activités entre les sites de contenus, les sites de rencontres et les boutiques en ligne (avec notamment plus de 2 000 transactions par jour sur SexyAvenue), la société atteint un chiffre d’affaires de 27 millions d’euros pour l’année 2007. En 2008, l’acquisition d’Enjoy, une société belge spécialisée dans les webcams sexy, permet finalement à DreamNex de devenir le leader européen sur le marché du sexe en ligne. Pas mal pour un site qui a commencé en vendant du gode !

À suivre…

Titulaire d'une maîtrise en cinéma, auteur d'une Porn Study à l'Université Paris VII Diderot, Clint B. est aujourd'hui chroniqueur de l'actualité porno.

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