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Eva Lange : « je suis encore plus sexuelle qu’il y a dix ans »

Dimitri Largo

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En 2010, Eva Lange venait apporter au porn son esprit libertaire et destroy à travers des prestations plus sportives les unes que les autres. Un beau jour, elle raccrocha les gants. Mais l’été dernier, la tigresse s’ennuyait. Elle est donc sortie de sa retraite corse. À 36 ans, elle n’a rien perdu de son amour pour le cul et physiquement, elle est même encore mieux qu’avant ! Interview d’une pornstar qu’on prend plaisir à revoir.

 LVDX : La dernière fois que nous nous sommes vus, c’était en 2012. Qu’as-tu fait depuis ?

Eva Lange : En 2016, on m’a proposé de prendre la responsabilité d’un club de strip-tease en Corse et j’ai tout plaqué pour venir m’installer ici. Ça a duré six mois. Ensuite, j’ai bossé deux ans dans un bar, mais j’ai eu envie de me réinsérer dans une vie plus classique, alors j’ai travaillé dans le prêt-à-porter de luxe. En parallèle, je continuais à taffer la nuit en boîte. Puis il y a eu le confinement. J’ai pété un « boulard » et j’ai recontacté les gens du biz. Je voulais retourner.

Comment se sont passées tes retrouvailles avec le X ? 

C’était en juillet pour Jacquie & Michel avec Anto Toto, Tony Caliano, Oliver Sweet, David Carroll… l’équipe du Sud quoi ! On a tourné quatre scènes dans une villa de Marseille. Je voulais quelque chose de classe à 36 ans, mais hardcore quand même. J’ai été logée, nourrie, super bien reçue et les tournages ont été top. Ensuite, j’ai tourné plusieurs autres scènes, notamment avec Luna Rival et la dernière avec Joss Lescaf. Quand on pourra voyager, je pense que j’irai à Prague et à Budapest. Je ferais bien du Legal Porn et j’ai Rocco qui aimerait travailler avec moi.

 

Ça a été facile de remettre la machine en route ?

Je le vis différemment. Avant, j’étais dans une espèce de performance contrôlée, maintenant, je suis plus dans le lâcher-prise.

T’es toujours autant branchée « anal » ?

Encore plus, en fait. Plus je vieillis et plus j’aime ça, même dans ma vie privée. Je prends plus de plaisir en « anal » qu’en « vaginal ».

As-tu constaté du changement dans le X par rapport à ta « première » carrière ?

Oui et non. Les tournages et l’ambiance sont toujours aussi bons mais je dirais que le porno, c’est un peu du tout venant maintenant. Dès qu’une fille est en rade de thunes, elle va se mettre à faire deux, trois scènes et après elle disparaît. Et puis, si j’ai bien compris, pour les prods, il vaut mieux avoir des filles dégueulasses mais nouvelles, plutôt que celles qui savent travailler. Moi, j’ai beau être une performeuse, comme j’ai des tatouages, je ne travaille quasiment pas en France.

 

Tu vieillis drôlement bien pourtant !

Quand j’ai repris, j’avais des doutes. Je me disais qu’à 36 ans, je n’avais pas le physique et que je n’étais plus dans le coup, mais tout le monde m’a rassurée. Je m’entretiens. Je fais mes deux heures de musculation tous les jours. Avant j’allais à la salle, maintenant, j’ai le matériel à la maison.

Crédit : Digitangel (www.digitangel.com/book)

Les tatouages, c’est vrai que tu en as beaucoup aussi. Qu’est-ce qui te pousse à en faire de nouveaux ?

J’ai 70% de mon corps qui est tatoué, mais je n’ai pas l’impression d’en avoir tant que ça. C’est par période. En ce moment, je fais des roses, mais je ne rajoute pas des motifs pour faire une fresque unique sur tout le corps.

Revenons sur tes motivations. En juillet, tu revenais pour un comeback durable ou était-ce juste dans l’optique d’un petit tour de piste ?

J’ai besoin de stabilité. La perspective de faire quelques scènes, des webcams et mon contenu perso me va très bien. Je suis tombée amoureuse de l’île et je n’ai plus envie de bouger faire les salons et tout ça. La civilisation me fait peur ! (Elle se marre) Je suis bien dans mon maquis ! Confinée ou pas, à part des vaches et du gibier, je ne vois rien du tout.

Crédit : Digitangel (www.digitangel.com/book)

Comment s’est passée ton intégration en Corse ?

Toute la première année, je me suis demandée si je devais repartir ou pas. Même si tu aimes profondément la Corse, une pinzutu reste une pinzutu (NDLR : terme local péjoratif pour désigner les Français continentaux). En plus, je travaillais dans le milieu de la nuit avec des querelles d’ego. Au final, tu me connais, j’ai une grande gueule, je me suis imposée. Maintenant, je suis acceptée et je ne me verrais pas repartir. Je me suis trouvée un petit chalet dans le maquis, je t’explique : vue sur les montagnes, un truc de folie !

Est-ce que tourner du porn en Corse, c’est possible ?

Oui, on en a tourné avec Anto Toto, mais c’est compliqué. Les mecs aiment tous le cul, ils sont daleux, mais le montrer, c’est autre chose. Les décors sont magnifiques, mais tu ne viens pas comme ça, avec ta caméra, pour filmer en Corse. Si je loue une villa ici, j’aurais trop peur d’avoir des retombées des familles…

Crédit : Digitangel (www.digitangel.com/book)

Et trouver des actrices corses ?

Des Corses pures, tu n’en trouveras pas. Elles auraient trop peur de se faire emmerder par leur famille. Celles qui vont éventuellement en faire seront des filles du continent qui se sont installées ici.

Que penses-tu des scandales autour du traitement des actrices qui ont émaillé le porn ces dernières semaines ?

Tu veux ma vérité ? Ce qui est arrivé à ces filles, je m’en branle complètement. Ça fait douze ans que je suis dans le biz, je connais presque tout le monde. Si t’as des abus, ce n’est pas cinq ans après que tu viens pleurer. Moi, un jour, on m’a proposé un truc chelou, j’avais 23 ans, je peux t’assurer que ça n’a pas duré cinq minutes que j’étais partie du tournage. C’est bien triste pour elles si vraiment il leur est arrivé des trucs, mais t’attends pas cinq, trois ou deux ans pour dire que tu t’es fait violer. Pour moi, il y a beaucoup de filles qui n’assument pas d’avoir fait du porno.

Est-ce que tu peux admettre que beaucoup de filles n’ont pas ta force de caractère ?

Oui, je peux l’admettre. Je comprends, mais je pars du principe qu’à partir du moment où tu travailles dans ce business, tu dois avoir la tête sur les épaules ou du moins savoir ce que tu veux faire pour éviter des dérives pareilles. Moi, demain, si un mec veut me violer, je te garantis que je lui arrache la queue ou au pire, dans la foulée, je vais chez les flics. Dans tous les cas, je n’attends pas la sortie d’un hashtag !

Eva, merci !

Journaliste professionnel depuis 2003. Rédacteur du magazine Hot Video de 2007 à 2014.

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