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MYM et OnlyFans vont-ils se détourner des contenus NSFW ?

Ricardo

Publié

le

OnlyFans et son épigone français MYM suivent depuis quelques années une trajectoire étonnamment similaire : créés pour rassembler des artistes et influenceurs mainstream avec leurs communautés, ils ont été phagocytés par des créateurs de contenu adulte qui leur ont permis d’engranger des centaines de millions de dollars et de se forger une notoriété. Et maintenant qu’ils sont riches et connus, ils décident de mordre la main qui les nourrit en fermant petit à petit leur porte aux comptes NSFW.

La nouvelle a fait grand bruit dans le microcosme financier en cette fin de mois de juin. OnlyFans serait en discussions avancées auprès d’investisseurs afin de clore un tour de table qui valoriserait l’entreprise à plus d’un milliard de dollars, la faisant ainsi entrer dans le haras très fermé des licornes économiques. Mais cette manne ne sera pas déversée sans quelques contreparties de respectabilité. Fini les comptes de starlettes de télé-réalité, d’égéries du X et d’anonymes s’exhibant contre de l’argent. OnlyFans se focalise désormais sur les acteurs, les chanteurs et les athlètes, à l’image de l’arrivée récente de Floyd « Money » Mayweather sur la plateforme.

Cachez ce sein que je ne saurais voir

Sur son blog ou sur ses réseaux sociaux, OnlyFans ne met en avant que des profils SFW, comme un cascadeur lithuanien, un humoriste ou un culturiste. Une vitrine présentable mais très peu rentable. Pour les travailleurs et travailleuses du sexe, il y a de quoi se sentir floué, voire carrément trompé. Si les aficionados de la plateforme ont dépensé 2,4 milliards de dollars en 2020, permettant à l’entreprise britannique d’en empocher directement 400 millions, c’est en immense partie grâce à eux. Si l’entreprise a gagné en renommée pendant le confinement et multiplié par six le nombre de ses utilisateurs, c’est aussi grâce à eux et leurs contenus licencieux, relayés par les articles de presse traitant de « L’Instagram du porno ».

Maintenant qu’elle a mis du caviar dans ses épinards grâce aux contenus érotiques ou pornographiques, la société se drape dans sa pudeur offensée et multiplie les actions pour mettre des bâtons dans les roues de ces créateurs NSFW et les inciter in fine à s’en détourner afin de montrer patte blanche à ses futurs investisseurs.

MYM calque son pas sur celui d’OnlyFans

En France, MYM se met au diapason d’OnlyFans. Le site a déjà changé la signification de son acronyme, passant de Meet Your Model à Me You More. Pierre Garonnaire, co-fondateur du site, s’est épanché sur le passé, le présent et le futur de l’entreprise lors d’un entretien accordé à Sam Zirah sur sa chaine Youtube. 

« L’origine du projet, ce n’était pas du tout une plateforme dédiée à la nudité. Et heureusement qu’il n’y a pas que ça, » explique-t-il en ajoutant que MYM se proposait d’accéder aux backstages des shootings de mode. Possédée par Air Médias, entité lyonnaise qui s’est fait connaitre pour une page Facebook proposant quotidiennement des photos sexy, l’entreprise présente pourtant une santé florissante grâce à la nudité. Nudité qu’elle désire désormais renier en faisant la part belle aux contenus SFW, notamment par le recrutement de chanteurs, d’athlètes et même d’un explorateur.

Bis repetita

Cette stratégie de MYM et OnlyFans n’est pas nouvelle, Patreon et Tumblr avant eux se sont aussi détournés des contenus sexuels pour attirer des investisseurs en s’offrant une nouvelle virginité. La nature n’aimant pas le vide, d’autres plateformes les remplaceront bientôt en proposant l’asile numérique aux travailleurs du sexe.

Pour contrer les restrictions mises en place par les banques et le puritanisme des investisseurs, des projets sex-friendly accolés à des crypto-monnaies ont déjà vu le jour. On peut aussi citer ModelForYou, site lancé récemment et qui se revendique comme « le réseau social non-censuré des modèles de charme » ou encore Swame, résolument tourné vers les contenus interdits aux mineurs.

Pour les travailleurs et travailleuses du sexe, le problème n’est pas tant le canal sur lequel ils diffusent leurs contenus mais la communauté rassemblée, qu’il faudra faire migrer. Une épine de plus dans le pied de créateurs qui ces derniers temps n’ont pas été épargnés par les attaques diverses et variées.

Pornographe du phonographe

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