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10 incroyables traditions sexuelles autour du monde

Pierre Des Esseintes

Publié

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Comment fait-on l’amour loin de nos sociétés occidentales, chez les Noubas du Soudan, dans l’Iran des mollahs, chez les Kalash du Pakistan ? Entre extrême liberté de mœurs, étonnantes initiations et stricts tabous, les ethnologues ont témoigné de l’extraordinaire diversité des pratiques sexuelles à travers le monde. Des traditions aujourd’hui en danger…

Les prostituées sacrées en Inde

Le temple de Saundatti, dans l’état du Karnataka, au sud de l’Inde, perpétue une tradition ancestrale : la prostitution sacrée. Au cours de ces rituels, officiellement interdits par le gouvernement indien, des femmes consacrées au temple dès leur plus jeune âge (appelées devadasi, littéralement « servantes de la divinité »), se livrent aux dévots en échange d’une offrande. Les accouplements sont dédiés à la déesse Yellama, « mère du monde ». Pour les pèlerins, faire l’amour avec une devadasi permet de progresser vers la sainteté. Sous l’influence des envahisseurs islamiques et les colons européens,  la pratique fut peu à peu dévoyée… Des réseaux de proxénètes font aujourd’hui leur marché lors des fêtes de Saundatti.

Ta copine Nouba, d’abord tu la sens, après tu la vois !  

Voilà longtemps que les Noubas du Sud Soudan ont compris le pouvoir des phéromones. Chaque année se tient une danse d’amour rituelle, au cours de laquelle les jeunes femmes désignent l’élu de leur cœur.  Pour ce faire, elles lèvent une jambe et la posent sur l’épaule du garçon. Le visage au plus près de son sexe, le garçon n’a pourtant pas le droit de regarder. À travers cette pratique, la jeune fille lui envoie un « signal olfactif ».

La sexualité est une activité essentielle chez les Noubas. Lors de ces fêtes, les jeunes filles peuvent avoir des relations sexuelles sans être mariées, et pas toujours avec leur futur mari…

Un petit coup de reniflette ? Rituel d’approche chez les Noubas

La femme collective des Bashilele

Chez les Bashilele du Kasaï occidental, une province du Congo, les Anciens détiennent toutes les richesses, et les jeunes doivent travailler dur pour pouvoir se payer une femme. Oui, vous avez bien lu, dans cette société complexe, une femme s’achète, et comme les jeunes ont peu de moyens, plusieurs participent à l’achat. La femme, fournie par un groupe d’une classe d’âge supérieure, est donc mise en commun. Cette épouse collective ignore toute forme de tabou sexuel. Mais hors de question pour elle de combler les désirs d’une trentaine de jeunes hommes. Ceux-là s’occupent d’elle, et déploient de grands efforts pour la séduire.  Ceux qui suscitent son intérêt sont ensuite sélectionnés au cours d’une cérémonie. En général, elle choisit cinq hommes, qui deviennent alors ses époux permanents. C’est avec eux seuls qu’elle fera l’amour. Enfin… Pas tout à fait, puisque ces règles ne valent qu’à l’intérieur du village. Si elle part se promener dans la forêt, elle peut baiser avec qui elle veut…

Chez les Lele, pas question de ne pas baiser !

Chez les Lele du Rwanda, on considère que les désirs sexuels des femmes mariées doivent être exaucés, comme on comblerait un besoin naturel. Si son mari s’absente un long moment, une femme a le droit de s’octroyer un partenaire de son choix. Seul contrainte : éviter tout partenaire régulier, pour ne pas susciter de la jalousie chez le mari. Si celui-là meurt, un amant peut néanmoins devenir, à son tour, mari officiel.

Les CDD sexuels de l’Iran islamique

Une bonne petite partie de baise sans engagement, impossible sous un régime islamique ? Détrompez-vous ! En Iran, le régime des mollahs a remis au goût du jour le zaoudj-al-mout’a, ou « mariage de jouissance ». Il s’agit d’un contrat sexuel à durée déterminée, au cours duquel un homme et une femme peuvent jouir l’un de l’autre sans limite. La femme reçoit une « dot », dont le montant est fixé lors de la signature du contrat. Attention, cette alliance est néanmoins très encadrée : si l’homme peut délaisser ses épouses officielles pour un mariage de jouissance aussi longtemps qu’il le désire, l’épouse provisoire, elle, doit être célibataire, et respecter un délai de 45 jours avant de se remarier.

Dans le Coran (sourate des femmes, IV, 24), le prophète avait prévu cette disposition pour les guerriers en campagne et les voyageurs. Pour les religieux au pouvoir, cette manière de « lâcher la bride » permet d’éviter un excès de frustration, tout en restant dans les clous des écritures sacrées.

L’Iran des mollahs, plus chaud qu’on ne le croit !

Un petit tour dans ma cabane ?

Préserver sa virginité pour le mariage ? Impensable chez les Kreungs, de la province de Ratanah kiri, au Cambodge. Dans cette culture, les parents construisent à leur fille, dès l’âge de 13 ans, une cabane de bambous dans laquelle elle recevra les amants de son choix. Elle aura tout loisir de tester autant d’amants qu’elle le désire, jusqu’à ses vingt ans. Elle retiendra ensuite celui qu’elle préfère. Chez les Kreungs, ce sont les femmes qui décident. Ainsi, la jeune fille choisira celui qui aura fait le plus d’efforts pour montrer son dévouement. Et si un enfant devait naître d’une de ces unions, cela n’obligera pas la maman à épouser le géniteur. Cette totale liberté sexuelle des Kreungs est aujourd’hui menacée par les avancées, sur leur territoire, de la culture khmère, aux conceptions très différentes.

Jeune fille Kreung devant sa hutte

Les Kalash et le « langage de la bite »

Au Pakistan, dans les montagnes d’Hindu kush, vit un peuple de pasteurs, les Kalash. Leurs rituels sont particulièrement paillards. En décembre, lorsque les troupeaux sont rentrés, hommes, femmes et enfants se travestissent (les femmes s’habillent en hommes et vice-versa…) et se livrent à une sorte de concours d’insultes sexuelles, pour faire monter le désir et stimuler la fécondité… Selon l’expression des Kalash, le « langage de la bite » soude les liens du groupe et stimule la force vitale. Mais pas le droit de se toucher ! Pas encore… C’est n’est qu’à la fin de l’année que les couples se livreront à une débauche sexuelle sans retenue. 

Chez les Na, ni père ni mari !  

Dans la diversité des cultures humaines, les Na de Chine constituent un cas unique : les femmes ne se marient jamais, et les enfants ne connaissent jamais leur père. Ce peuple des montagnes du Yaunnan pratique une absolue liberté sexuelle, et la jalousie n’existe pas. Chez les Na, les femmes n’ont « ni père ni mari », et dominent la société. Les hommes ne sont que des « visiteurs furtifs », choisis par les femmes selon leurs désirs du moment. Évidemment, dans cette société, difficile d’éviter la consanguinité ! Aujourd’hui, les montagnes où vivent les Na sont de plus en plus envahies par les ethnies voisines. Les jeunes se rendent à l’école chinoise, y apprennent que l’on peut aimer avec son cœur, et découvrent la jalousie…  

Chez les Na, on se passe très bien des hommes !

Les polyandres du Tibet 

Dans le monde, la polyandrie (plusieurs hommes pour une seule femme) est admise dans moins de quatre ethnies sur mille. Au Népal, dans l’ethnie tibétaine Ning-Ba, la terre est précieuse, et il ne s’agit pas de la disperser. Ainsi, on marie une fille à plusieurs hommes, et ceux-là assurent la main d’œuvre. Ils peuvent bien sûr l’honorer, mais pas en même temps ! L’homme choisi pour passer la nuit dans la chambre conjugale dépose ses chaussures à la porte, afin d’avertir les autres de sa présence.

Les Sambias, obsédés par la pipe !

En Papouasie-Nouvelle-Guinée, les Sambias ont une manière particulière de transformer un jeune garçon en un homme accompli. Les garçons sont séparés de leur mère entre six et dix ans. Lors d’une cérémonie, ils doivent subir dix-huit épreuves rituelles. L’une d’elle consiste à boire le sperme d’un des aînés, souvent un oncle. Plusieurs mois après, ce rituel se répète, avec cette fois une variante : il s’agit de boire le plus de sperme possible. Puis, une fois pubères, ils deviendront à leur tour des donneurs. Ils auront alors le droit de se marier. Mais pas question de faire l’amour tout de suite ! Pendant les premiers années de mariage, le seul acte sexuel autorisé est la fellation, car le sperme est censé favoriser la production de lait chez la future maman.

Les Sambias, des hommes, des vrais, élevés au sperme ! .jpg

Pierre Des Esseintes est auteur et journaliste, spécialisé dans les questions de sexualité. De formation philosophique, il est également sexologue. Il a publié, aux éditions La Musardine, Osez la bisexualité, Osez le libertinage et Osez l’infidélité. Il est aussi l’auteur, aux éditions First, de Faire l’amour à un homme et 150 secrets pour rendre un homme fou de plaisir.

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