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Jia Lissa : au nom de la mère

Dimitri Largo

Publié

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Son agent se vanterait de ne pas la placer à moins de 2000 euros la scène, ce qui en ferait la pornstar la plus chère d’Europe. On veut bien la croire. A 23 ans, Jia Lissa est une actrice russe aux faux airs d’Irlandaise et au charme exceptionnel. En plus, elle a une belle histoire : celle d’une musicienne qui a une relation très forte avec sa mère. Lissa et dis-moi ce que t’en penses.

Jia Lissa fête ses 23 ans. Autour d’elle, des ami(e)s du porn et d’autres qui n’en sont pas. Soudain, elle sort un ukulele et fredonne une chanson de sa composition intitulée « J’aime me masturber ». Au même moment arrive une grosse bite aux nuances de marron. Dessus, écrit : « née pour le porno ». Elle se penche, se met à la sucer et celle-ci fond au contact de ses lèvres. L’année prochaine, elle essaiera le chocolat blanc.

Cette tranche de vie qui s’est déroulée le 1er septembre dernier dans un restaurant non loin du Kremlin résume qui est Jia Lissa.

Née en 1996 à Ijevsk, capitale de l’Oudmourtie située 1000 kilomètres à l’est de Moscou, Jia est fière de sa réussite dans le porno. « Lorsque j’ai remporté un AVN Award en janvier (NDLR : pour la meilleure scène étrangère de groupe), je suis passée aux informations nationales en Russie. Ici, les gens appellent ça les Porn Oscars. Du jour au lendemain, ils ont découvert mon vrai nom et d’où je venais. Mais dans ma ville, ils étaient fiers. Quelqu’un de célèbre venait de chez eux ». Si elle assume avec autant d’aplomb, c’est qu’elle est assurée du soutien de sa mère. Dans les montagnes de l’Oural, l’approbation de la babouchka, la matriarche, est une des valeurs cardinales de la Russie éternelle. « Quand je les ai eues au téléphone, ma mère et ma soeur ont pleuré de joie. Elles m’ont dit qu’elles étaient vraiment fières de moi. Ma mère pense que je suis à la tête d’une révolution sexuelle, pas seulement pour les femmes russes mais pour toutes les femmes d’Europe. Quand les gens viennent la voir et lui demandent : est-ce que vous regardez ses vidéos ? Elle répond : « Est-ce que vous espionnez vos enfants au travail ? Est-ce que vous voyez ce qu’ils y font ? Pourquoi j’irais regarder le travail de ma fille ? Je suis juste fière qu’elle réussisse ». Pourtant, Jia Lissa, exemple pour sa sœur d’un an sa cadette, confesse que la communication avec sa mère n’est pas toujours simple. Dans ces moments-là, le costume de la babouchka est endossé par Julia Grandi, son agent. La Géorgienne a la carrure pour… « Je dis toujours qu’il n’y a que deux personnes au monde qui peuvent décider avec qui je vais coucher explique-t-elle : Julia Grandi et moi. Elle ne fait jamais d’erreur et m’apporte toujours la meilleure bite. J’ai une totale confiance en elle ».

Depuis l’année dernière, Grandi n’est plus seulement agent. Elle produit et réalise pour Vixen partout en Europe : des îles grecques aux Baléares. De facto, elle a la totale maîtrise de la chaîne de production, de la découverte des graines de star à la livraison de la scène. Du pain béni pour le recrutement. Comme Jia, qui a dépensé à 17 ans ses derniers roubles pour monter à Moscou, les jeunes Sibériennes ont un besoin cruel d’argent. Dans ces conditions, les perspectives de voyage aux quatre coins du monde et les cachets à quatre chiffres leur font tourner la tête. « J’aime Moscou, j’ai essayé d’y vivre, mais il n’y a pas de travail confirme Jia. Et puis grâce au porno, en une semaine, il peut m’arriver de voyager dans cinq pays différents. J’ai toujours aimé la vie nomade, comme une gipsy. Désormais je me sens citoyenne du monde ». Outre les voyages, le porno a permis à la jeune Russe de prendre confiance en elle. Un classique. « A l’école, j’étais si timide que je tremblais comme une feuille rien qu’à l’idée de m’adresser à un étranger. Grâce au porno, j’arrive à vaincre mes peurs, peut-être d’une manière extravagante, certes, mais ça marche ».

Bien avant d’accomplir ses deux premières scènes pour Met-Art en 2017, Jia Lissa gagnait un peu d’argent en faisant les devoirs de classe de ses copines à Ijevsk. Car la rousse est intelligente, sensible et cultivée. « J’écris de la poésie et je joue du piano depuis le lycée. Mais sans entraînement et avec tous les voyages que je fais, ma technique s’est quelque peu perdue. C’est comme si mes doigts ne répondaient plus ».

Depuis, elle s’est trouvée une passion pour un autre instrument, plus improbable celui-là : le ukulele. « Je me déplace partout avec. Je l’ai acheté il y a un an et depuis, je m’accroche tous les jours pour me perfectionner ». Avec sa guitare hawaïenne à quatre cordes, elle compose. « Je chante mes propres chansons. D’ailleurs, je m’inspire de ce qui se passe sur les tournages. Ça fait rire mes partenaires qui m’ont trouvé un surnom : Jiayonce, parce que j’aime bien détourner les chansons de Beyonce comme « If I were a boy ». Ma version à moi devient « If I were a boy, I would fuck every girl ! ». Les fans qui me suivent savent aussi que j’ai écrit un morceau : « I like to masturbate » que je partage avec eux. Ça peut paraître fou mais j’ai prévu d’enregistrer mes compositions en studio, à Moscou. J’aurais déjà dû le faire, mais les propositions de tournage se sont multipliées et je ne refuse jamais le travail ». Le job et le bifteck de Yak dans l’assiette de sa mère avant tout… « Je me suis habituée à poster ma chatte partout sur internet ! Le porno est désormais trop ancré en moi. Je pense que je n’ai pas encore atteint le sommet de ma carrière, même en Europe et j’ai encore beaucoup à faire ici ». On en est persuadé également et surtout, ravi.

Journaliste professionnel depuis 2003. Rédacteur du magazine Hot Video de 2007 à 2014.

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