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Les femmes qui votent LFI consomment deux fois plus de films pour adultes que les autres. Enquête.

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Un adulte sur trois chaque mois, sept hommes sur dix au cours de leur vie. Les enquêtes de l’Ifop, la mesure d’audience de l’Arcom et les bilans de Pornhub dessinent un consommateur type : un homme de 25 à 34 ans, urbain, plutôt diplômé, souvent seul. Le sexe, l’âge et l’orientation sexuelle pèsent bien plus que le diplôme, le vote ou la religion.

Trois enquêtes de l’Ifop (avril 2023, septembre 2023, juillet 2026), une mesure d’audience passive de Médiamétrie retraitée par l’Arcom et les bilans annuels de Pornhub : c’est le matériau disponible pour répondre à la question. Les niveaux varient d’une source à l’autre, parce que les indicateurs changent (site X sur trois mois, site X au cours de la vie, « tout contenu pour adultes » sur douze mois) et que les bases changent aussi (18-69 ans, puis 18 ans et plus). Les hiérarchies, elles, sont stables d’une enquête à l’autre. Cet article les met à plat, des écarts les plus larges aux plus étroits. Radiographie en sept graphiques.

Le sexe : le premier fossé

La mesure d’audience de Médiamétrie, retraitée par l’Arcom (données 2022, publiées en mai 2023), fixe l’ordre de grandeur : 17,1 millions d’adultes se rendent chaque mois sur au moins un site pornographique, soit 37 % des majeurs, et 10 % des internautes y vont chaque jour. Les hommes sont 2,5 fois plus nombreux que les femmes à consulter mensuellement (53 % contre 20 %). Il s’agit d’une mesure passive sur un panel de 25 000 personnes et trois écrans, sans déclaratif : on observe les visites réelles1.

Le déclaratif donne la même hiérarchie. Dans l’enquête Ifop pour CAM4 (9 au 15 juillet 2026, 3 000 majeurs et 500 mineurs de 15 à 17 ans), 56 % des Français ont déjà consulté au moins une forme de contenu pour adultes au cours de leur vie et 37 % l’ont fait au cours des douze derniers mois. Par sexe : 71 % des hommes et 36 % des femmes ont déjà surfé sur un site X ; sur l’année écoulée, 51 % des hommes ont regardé au moins un contenu pour adultes, contre 24 % des femmes. Chez les hommes de moins de 35 ans, 67 % sur l’année, et huit sur dix au cours de leur vie2. Pornhub comptait 70 % d’hommes parmi ses visiteurs français en 2024, année où la France s’est hissée au deuxième rang mondial de son trafic ; en 2025, malgré près de six mois de coupure volontaire par Aylo, elle figurait encore au sixième rang, avec 8 min 12 s par visite3.

L’écart entre les sexes est aussi générationnel. En avril 2023 (Ifop pour 01net, 2 006 personnes), 36 % des femmes de 18-24 ans avaient consulté un site X au cours des trois derniers mois, contre 3 % des 60-69 ans ; chez les hommes, 50 % à 18-24 ans et encore 39 % à 60-69 ans4. La consommation masculine baisse peu avec l’âge ; la consommation féminine s’effondre.

« Un adulte sur trois chaque mois, sept hommes sur dix au cours de leur vie, deux hommes de moins de 35 ans sur trois cette année. »

Part des hommes et des femmes consommant des contenus pornographiques
HommesFemmes
53 %
20 %
Chaque mois
Arcom / Médiamétrie, 2022
51 %
24 %
12 derniers mois (tout contenu adulte)
Ifop pour CAM4, juillet 2026
71 %
36 %
Au cours de la vie (site X)
Ifop pour CAM4, juillet 2026

Figure 1. Le fossé. Lecture : 53 % des hommes internautes se rendent chaque mois sur un site pornographique, contre 20 % des femmes. Sources : Arcom / Médiamétrie (panel 2022, publié en mai 2023) ; Ifop pour CAM4 (juillet 2026, 18 ans et plus) : au moins un contenu pour adultes au cours des douze derniers mois, et site X au cours de la vie. Graphique : La Voix du X.

L’âge : le pic à 25-34 ans, puis la pente

L’enquête de 2026 apporte une précision absente des précédentes : le pic ne se situe pas chez les plus jeunes. Sur les douze derniers mois, les 25-34 ans forment la tranche la plus consommatrice (53 %, sites X, webcams et plateformes par abonnement confondus), devant les 18-24 ans (46 %). Vient ensuite la pente : 34 % chez les 50-64 ans, 27 % chez les 65-74 ans, 16 % après 75 ans ; la tranche 35-49 ans n’a pas été publiée2. Les tris par sexe de 2023 dessinent deux courbes très différentes : chez les hommes, un plateau autour de 50 % jusqu’à 49 ans puis un léger repli (41 % à 50-59 ans, 39 % à 60-69 ans) ; chez les femmes, une chute continue, de 36 % à 18-24 ans à 22 % à 25-34 ans, 9 % à 35-49 ans, 5 % à 50-59 ans et 3 % à 60-69 ans4.

Ce gradient a une conséquence mécanique : à comportement égal, toute catégorie de population plus jeune que la moyenne affiche un taux supérieur à la moyenne. Il faut le garder en tête pour lire les ventilations par proximité partisane et par religion, qu’aucune des trois enquêtes ne publie à âge égal.

Consommation selon l’âge : le pic à 25-34 ans, puis la pente
12 derniers mois, tout contenu adulte
Ifop pour CAM4, juillet 2026
ensemble 37 %
46 %
18-24
53 %
25-34
34 %
50-64
27 %
65-74
16 %
75 et +
Site X, 3 derniers mois, par sexe
Ifop pour 01net, avril 2023
HommesFemmes

50 % 47 % 50 % 41 % 39 % 36 % 22 % 9 % 5 % 3 %

18-2425-3435-4950-5960-69

Figure 2. L’âge. À gauche : part des personnes ayant consommé au moins un contenu pour adultes au cours des douze derniers mois (Ifop pour CAM4, juillet 2026 ; la tranche 35-49 n’a pas été publiée). À droite : part des personnes ayant consulté un site X au cours des trois derniers mois, par sexe (Ifop pour 01net, avril 2023, 18-69 ans). Graphique : La Voix du X.

Le profil 2026 en une image

Voici l’ensemble des ventilations publiées de l’enquête Ifop/CAM4 sur un seul graphique, avec la moyenne nationale (37 %) en repère. Les écarts les plus larges sont ceux de l’orientation sexuelle (38 points entre homosexuels et hétérosexuels), de l’âge (37 points entre les 25-34 ans et les plus de 75 ans) et du sexe (27 points entre hommes et femmes). Viennent ensuite le diplôme (20 points), la religion (19 points) et le vote (15 points entre les extrémités de l’échelle publiée), puis le lieu de vie (9 points entre l’agglomération parisienne et les communes rurales) ; cadres et ouvriers sont au même niveau (49 %)2.

Le profil 2026 : part ayant consommé au moins un contenu pour adultes dans l’année
Sexe
Hommes
 
 
51 %
Femmes
 
 
24 %
Âge
25-34 ans
 
 
53 %
18-24 ans
 
 
46 %
50-64 ans
 
 
34 %
65-74 ans
 
 
27 %
75 ans et plus
 
 
16 %
Orientation
Homosexuels
 
 
74 %
Bisexuels / pansexuels
 
 
64 %
Hétérosexuels
 
 
36 %
Diplôme
2e / 3e cycle universitaire
 
 
52 %
CAP / BEP
 
 
32 %
Sans diplôme
 
 
32 %
Profession
Cadres et prof. intell. sup.
 
 
49 %
Ouvriers
 
 
49 %
Lieu de vie
Agglomération parisienne
 
 
43 %
Communes rurales
 
 
34 %
Vote
Sympathisants LFI
 
 
53 %
Sympathisants EELV
 
 
44 %
Sympathisants RN
 
 
39 %
Sympathisants LR
 
 
38 %
Religion
Musulmans
 
 
53 %
Sans religion
 
 
38 %
Catholiques
 
 
34 %

Figure 3. Le profil 2026. Part des personnes ayant consommé au moins un contenu pour adultes (site X, webcam, plateforme par abonnement) au cours des douze derniers mois, selon la catégorie ; en pointillés, la moyenne nationale (37 %). En rouge, les catégories au-dessus de la moyenne. Source : Ifop pour CAM4, juillet 2026 (18 ans et plus). Graphique : La Voix du X.

L’orientation sexuelle : avec le sexe, la variable la plus discriminante

74 % des personnes homosexuelles et 64 % des bisexuels ou pansexuels ont consommé un contenu pour adultes dans l’année, contre 36 % des hétérosexuels2. En 2023 déjà, 60 % des hommes homosexuels ou bisexuels avaient consulté un site X dans les trois mois, contre 43 % des hétérosexuels, et 52 % des femmes homosexuelles ou bisexuelles contre 12 % des hétérosexuelles4. C’est le seul écart qui se retrouve à ce niveau dans les deux millésimes et chez les deux sexes.

Diplôme, profession, lieu de vie

Le diplôme joue dans le sens d’une consommation plus élevée chez les plus diplômés. En 2026, 52 % des titulaires d’un 2e ou 3e cycle universitaire ont consommé un contenu pour adultes dans l’année, contre 32 % des titulaires d’un CAP ou d’un BEP et des non-diplômés ; les cadres (49 %) sont au niveau des ouvriers (49 %) ; l’agglomération parisienne (43 %) devance les communes rurales (34 %)2. Les rapports de 2023 vont dans le même sens. Chez les hommes, sur trois mois : 50 % des diplômés du supérieur contre 39 % des CAP-BEP, 58 % des étudiants, 53 % dans les banlieues populaires, 37 % dans les communes rurales4. Sur la vie entière : 86 % des cadres contre 77 % des ouvriers et 93 % des étudiants5.

La vie sexuelle : un substitut plus qu’un complément

Seul le rapport d’avril 2023 croise la consommation avec la vie sexuelle réelle. Chez les hommes, consommation récente d’un site X : 62 % de ceux qui se disent insatisfaits de leur vie sexuelle, contre 41 % des très satisfaits ; 52 % de ceux qui n’ont pas eu de rapport dans la semaine, contre 44 % des autres ; 52 % des célibataires, contre 43 % des hommes en couple ; et 50 % des hommes qui n’ont jamais eu de rapport sexuel4. Dès 2014, dans une enquête pour Tukif, l’Ifop décrivait une consommation régulière concentrée chez les personnes à la vie sexuelle insatisfaisante ou inexistante7. Douze ans plus tard, le constat est le même.

Hommes : consultation d’un site X ces 3 derniers mois, selon la situation
Insatisfaits de leur vie sexuelle
 
62 %
Homosexuels ou bisexuels
 
60 %
Étudiants
 
58 %
Banlieues populaires
 
53 %
Sans rapport sexuel dans la semaine
 
52 %
Célibataires
 
52 %
N’ont jamais eu de rapport sexuel
 
50 %
Diplômés du supérieur (2e / 3e cycle)
 
50 %
Moyenne des hommes
 
45 %
Ouvriers
 
45 %
En couple
 
43 %
Très satisfaits de leur vie sexuelle
 
41 %
CAP / BEP
 
39 %
60-69 ans
 
39 %
Communes rurales
 
37 %

Figure 4. Le portrait-robot. Part des hommes ayant consulté un site X au cours des trois derniers mois, selon leur situation ; en rouge, la moyenne masculine. Source : Ifop pour 01net, avril 2023 (18-69 ans). Graphique : La Voix du X.

Mis bout à bout, ces tableaux donnent le consommateur type des sites X : un homme de 25 à 34 ans, urbain, plutôt diplômé, souvent célibataire, et dont la vie sexuelle réelle est en retrait. L’intensité de la consommation est aussi la variable que l’Ifop croise avec la question du consentement : 34 % des amateurs très réguliers de porno en ligne reconnaissent ne pas avoir toujours respecté le consentement de leurs partenaires à certaines pratiques, contre 10 % des hommes qui ne consultent jamais ces sites5.

Le vote : lecture par âge et par sexe

Sur les douze derniers mois, 53 % des sympathisants de La France insoumise ont regardé un contenu pour adultes, contre 44 % chez les écologistes, 39 % au RN et 38 % chez LR ; le chiffre des sympathisants de Renaissance n’a pas été publié2. Ces écarts se lisent d’abord à la lumière de la structure par âge des électorats : au premier tour de la présidentielle de 2022, Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête chez les 18-24 ans comme chez les 25-34 ans8, et 53 % est précisément le score des 25-34 ans dans l’enquête ; LR dispose à l’inverse de l’un des électorats les plus âgés. Aucune des enquêtes ne publiant de résultats à âge égal, les données ne permettent pas de distinguer un effet propre de la proximité partisane d’un effet de composition.

Les seuls tableaux qui ventilent la proximité partisane par sexe sont ceux des deux rapports complets de l’Ifop de 20234, 5. Consommation récente (site X, trois derniers mois, avril 2023) : chez les hommes, Renaissance 57 %, LR 51 %, EELV 49 %, LFI 44 %, RN 43 %, pour une moyenne masculine de 45 % ; chez les femmes, LFI 34 %, EELV 29 %, puis RN 10 %, Renaissance 10 %, LR 9 %, pour une moyenne de 14 %. Consommation au cours de la vie (septembre 2023, 3 014 personnes) : hommes, LR 92 %, LFI 84 %, Renaissance 83 %, RN 77 %, EELV 72 % (moyenne 79 %) ; femmes, LFI 59 %, EELV 51 %, RN 44 %, LR 36 %, Renaissance 35 % (moyenne 40 %).

Consultation d’un site X selon la proximité partisane, par sexe (Ifop 2023)
Site X, 3 derniers mois (avril 2023)
Hommes (moy. 45 %)Femmes (moy. 14 %)
 
 
44
34
LFI
49
29
EELV
57
10
Renaissance
51
9
LR
43
10
RN
Site X, au cours de la vie (sept. 2023)
Hommes (moy. 79 %)Femmes (moy. 40 %)
 
 
84
59
LFI
72
51
EELV
83
35
Renaissance
92
36
LR
77
44
RN

Figure 5. Le vote, par sexe. Lecture : 34 % des sympathisantes de LFI ont consulté un site X au cours des trois derniers mois, contre 14 % de l’ensemble des femmes. Sources : Ifop pour 01net (avril 2023) et Ifop pour MonPetitVPN (septembre 2023), 18-69 ans. Graphique : La Voix du X.

Une fois les sexes séparés, l’écart observé chez les sympathisants de LFI tient aux femmes : les insoumises consomment plus de deux fois plus que la moyenne féminine, tandis que les insoumis se situent dans la moyenne masculine, voire légèrement en dessous. Chez les hommes, le classement sur trois mois est mené par Renaissance et LR. Le rapport d’avril 2023 fournit d’autres variables qui recoupent la sociologie de cet électorat : les femmes qui se disent « très féministes » sont 33 % à avoir consulté un site X ces trois derniers mois, contre 8 % de celles qui rejettent l’étiquette ; les 18-24 ans, 36 % ; les Franciliennes, 16 % contre 13 % en province4.

Une précaution de lecture s’impose. Les sympathisants de LFI représentent environ un Français sur dix ; dans un échantillon de 3 000 personnes, cela fait 300 répondants, et 150 par sexe ; dans un échantillon de 2 000, la moitié. La marge d’erreur va de 6 à 10 points. Les écarts de trois ou quatre points entre partis n’ont pas de signification statistique ; ceux de vingt en ont une.

La religion : un écart sur l’année, pas sur la vie

Sur les douze derniers mois, 53 % des Français de confession musulmane déclarent avoir consulté au moins un contenu pour adultes, contre 38 % des sans religion et 34 % des catholiques, pour une moyenne nationale de 37 %. Sur l’ensemble de la vie, 55 % des musulmans interrogés disent avoir déjà regardé une vidéo pornographique, contre 56 % de l’ensemble des Français2. L’écart porte donc sur la récence de la consommation, pas sur le fait d’en avoir consommé. C’est le profil attendu d’une population plus jeune que la moyenne.

Et elle l’est. L’enquête de référence Ifop pour l’Institut Montaigne (2016) donnait aux musulmans de France un âge moyen de 35,8 ans, contre 53 ans pour les chrétiens et 43,5 ans pour les sans religion ; 84 % d’entre eux avaient moins de 50 ans, et plus de 10 % des moins de 25 ans se déclaraient musulmans6. Appliqué à la courbe par âge de 2026, un tel profil donne, à comportement égal dans chaque tranche, un taux attendu de l’ordre de 45 à 50 % sur douze mois, contre 37 % pour l’ensemble de la population ; les catholiques, population la plus âgée, se situent mécaniquement en bas (34 %). L’Ifop ne publie pas de résultats à âge égal ; la part de l’écart qui subsisterait une fois l’âge neutralisé n’est donc pas mesurée.

Musulmans : l’écart n’apparaît que sur l’indicateur récent
Ensemble des FrançaisMusulmans
56 %
55 %
Au cours de la vie
37 %
53 %
12 derniers mois

Figure 6. L’effet d’âge en une image. Lecture : sur la vie entière, 55 % des musulmans déclarent avoir déjà regardé une vidéo pornographique, contre 56 % de l’ensemble des Français (53 % pour la seule consultation d’un site X) ; sur les douze derniers mois, 53 % contre 37 %. Source : Ifop pour CAM4, juillet 2026. Graphique : La Voix du X.

« Sur la vie entière, 55 % des musulmans ont vu une vidéo X, contre 56 % des Français. Sur douze mois, 53 % contre 37 %. »

Les deux rapports complets de 2023, les seuls à ventiler la religion par sexe, donnaient une image différente. En avril 2023, 27 % des hommes musulmans avaient consulté un site X au cours des trois derniers mois, la valeur la plus basse du rapport, contre 45 % de l’ensemble des hommes, 50 % des sans religion, 46 % des protestants et 45 % des catholiques. Chez les femmes : sans religion 19 %, musulmanes 17 %, protestantes 10 %, catholiques 8 %. Sur la vie entière (septembre 2023) : hommes musulmans 75 % contre 79 % en moyenne (protestants 89 %, sans religion 82 %, catholiques 79 %) ; femmes musulmanes 24 %, dernière position, contre 40 % en moyenne (protestantes 52 %, sans religion 48 %, catholiques 34 %)4, 5.

Consultation d’un site X selon l’affiliation religieuse, par sexe (Ifop 2023)
Site X, 3 derniers mois (avril 2023)
HommesFemmes
50
19
Sans religion
45
8
Catholiques
46
10
Protestants
27
17
Musulmans
Site X, au cours de la vie (sept. 2023)
HommesFemmes
82
48
Sans religion
79
34
Catholiques
89
52
Protestants
75
24
Musulmans

Figure 7. La religion, par sexe. Lecture : 27 % des hommes musulmans ont consulté un site X au cours des trois derniers mois, contre 45 % de l’ensemble des hommes. Sources : Ifop pour 01net (avril 2023) et Ifop pour MonPetitVPN (septembre 2023), 18-69 ans. Graphique : La Voix du X.

Entre une catégorie placée 18 points sous la moyenne masculine en 2023 et 16 points au-dessus de la moyenne générale en 2026, trois choses ont changé. Le sous-échantillon : les musulmans représentent 7 % des 15 ans et plus6, soit de l’ordre de 200 répondants dans un échantillon de 3 000 et moins de 150 dans un échantillon de 2 000, quelques dizaines par sexe. L’indicateur : « site X sur trois mois », puis « tout contenu pour adultes sur douze mois », webcams et plateformes par abonnement comprises. La base : 18-69 ans, puis 18 ans et plus, ce qui alourdit le poids des seniors dans la moyenne et creuse mécaniquement l’écart avec toute catégorie jeune. S’ajoute le biais de déclaration, qui joue dans les deux sens : un croyant pratiquant, quelle que soit sa religion, a davantage de raisons de minorer une pratique que sa foi réprouve. Il vaut pour les musulmans pratiquants comme pour les catholiques pratiquants et n’autorise aucune conclusion dans un sens ou dans l’autre.

Là où la religion apparaît comme une variable en soi, c’est sur l’usage plutôt que sur la quantité. Dans l’enquête d’avril 2023, 69 % des hommes musulmans ayant déjà vu du porno disaient avoir reproduit des pratiques vues dans les films X, contre 71 % des protestants, 49 % des catholiques et 47 % des sans religion4. L’Ifop note, dans son enquête de septembre 2023, que l’adhésion aux stéréotypes sexistes véhiculés par les films X est corrélée au degré de religiosité et au niveau de diplôme, les personnes les plus diplômées et les plus éloignées de la religion y adhérant nettement moins que la moyenne5. L’effet est mesurable chez les protestants et les catholiques comme chez les musulmans.

Formats et vérification d’âge : ce qui bouge

Les sites X classiques restent le premier format (35 % des Français sur l’année), loin devant les webcams (10 %) et les plateformes par abonnement type OnlyFans, MYM ou Fansly (10 %). Chez les 18-24 ans, la part de ceux qui ont déjà consulté un compte à contenu explicite sur abonnement est passée de 18 % en avril 2023 à 26 % en juillet 2026, et les shows en direct sur webcam de 18 % à 22 % ; un 25-34 ans sur quatre (24 %) a fréquenté l’un ou l’autre dans l’année2. Le déplacement vers le contenu personnalisé et directement monétisé est la principale évolution entre les deux enquêtes.

Un an après l’entrée en vigueur du contrôle d’âge, 39 % des consommateurs déclarent s’être exécutés face à une demande de vérification : 24 % des 18-24 ans, 49 % des 50-64 ans. Parmi les consommateurs, 77 % des hommes ont continué de fréquenter des sites sans contrôle robuste, contre 57 % des femmes, et 82 % des hommes de moins de 35 ans. Chez les 15-17 ans, 78 % sont passés par un site sans contrôle et 82 % ont refusé la vérification quand elle s’est présentée. L’arrêt de la consommation, plus fréquent chez les femmes (19 % contre 14 % des hommes), touche d’abord les publics occasionnels. Dans la même enquête, 89 % des Français souhaitent que les mineurs soient protégés de ces contenus2.

Qui regarde du porno en France ? Un adulte sur trois chaque mois, sept hommes sur dix au cours de leur vie, deux hommes de moins de 35 ans sur trois cette année. Le consommateur type est un homme de 25 à 34 ans, urbain, plutôt diplômé, souvent célibataire et peu satisfait de sa vie sexuelle. Le vote et la religion apparaissent dans les tableaux, avec des écarts du même ordre que celui du diplôme, mais mesurés sur des sous-échantillons réduits et sans contrôle par l’âge : de toutes les ventilations publiées, ce sont celles qui reposent sur les bases les plus fragiles.

Lire les chiffres

Trois enquêtes Ifop, trois indicateurs. CAM4 (juillet 2026, 3 000 majeurs, 18 ans et plus) : « au moins un contenu pour adultes » (sites X, webcams, abonnements) au cours des douze derniers mois, ventilations sans croisement par sexe. 01net (avril 2023, 2 006 personnes, tris sur les 18-69 ans) : sites X au cours des trois derniers mois, ventilés par sexe. MonPetitVPN (septembre 2023, 3 014 personnes, 18-69 ans) : sites X au cours de la vie, ventilés par sexe. Les niveaux ne sont pas comparables d’une enquête à l’autre ; les positions relatives le sont, avec prudence.

Une base qui change tout. Passer de 18-69 ans à 18 ans et plus ajoute à la moyenne les 70 ans et plus (16 à 27 % de consommateurs) et creuse mécaniquement l’écart avec toute catégorie jeune.

Des sous-échantillons réduits. Croisés ou non par sexe, les groupes « sympathisants de tel parti » ou « musulmans » comptent de 50 à 300 personnes. Marge d’erreur : de 6 à 14 points.

Pas de contrôle par l’âge. Aucun des trois rapports ne publie de résultats « à âge égal ». C’est la donnée qui manque pour isoler un effet propre du vote ou de la religion.

Déclaratif contre mesure. Les sondages Ifop reposent sur des réponses en ligne, plus sensibles à la pudeur, en particulier chez les femmes et les croyants pratiquants ; la mesure Arcom / Médiamétrie observe les visites réelles. Les deux convergent sur le sexe et l’âge.

Sources
  1. Arcom / Médiamétrie, « La fréquentation des sites « adultes » par les mineurs », mai 2023 (mesure d’audience, panel 2022) ; reprises : L’Éclaireur Fnac, 25 mai 2023 ; Europe 1. arcom.fr
  2. Ifop pour CAM4, enquête sur la vérification d’âge et la consommation de contenus pour adultes un an après l’entrée en vigueur du contrôle, réalisée en ligne du 9 au 15 juillet 2026 auprès de 3 000 personnes représentatives des 18 ans et plus, complétées par 500 jeunes de 15 à 17 ans (ventilations par sexe, âge, diplôme, profession, orientation sexuelle, proximité partisane et religion) ; premiers résultats publiés par Next.ink, 27 août 2026, avec les précisions de Jean-Marc Manach. next.ink/253305
  3. Pornhub Insights, Year in Review 2024 (France 2e, 70 % d’hommes ; via Orange Actu, 13 décembre 2024) et Year in Review 2025 (France 6e, 8 min 12 s par visite ; via Journal du Geek, 9 décembre 2025).
  4. Ifop pour 01net, « Les Français(es) et la pornographie à l’heure de la restriction des conditions d’accès aux sites X », enquête en ligne d’avril 2023 auprès de 2 006 personnes, rapport n° 119896 publié le 6 juillet 2023. ifop.com/wp-content/uploads/2023/09/119984_Porno_Resultats_01net_2023.06.28.pdf
  5. Ifop pour MonPetitVPN, « #MeToo in the bed ? Enquête sur les effets du porn sur la sexualité et les rapports de genre », enquête en ligne du 15 au 18 septembre 2023 auprès de 3 014 personnes, rapport publié le 4 octobre 2023. ifop.com/wp-content/uploads/2023/10/120319_porno_resultats_ifop_2023.09.28.pdf
  6. Institut Montaigne / Ifop, « Un islam français est possible », rapport dirigé par Hakim El Karoui, septembre 2016 (échantillon de 15 459 personnes, dont 1 029 de religion ou de culture musulmane) ; Ifop, novembre 2025 : les musulmans représentent 7 % des 15 ans et plus. institutmontaigne.org
  7. Ifop pour Tukif.com, « Les pratiques et les usages des Français en matière de pornographie », enquête en ligne du 25 au 31 janvier 2014 auprès de 1 002 personnes, avril 2014. ifop.com
  8. Ipsos-Sopra Steria pour France Télévisions, Radio France, France 24, RFI, LCP et Le Parisien, « Sociologie des électorats », premier tour de l’élection présidentielle, 10 avril 2022.

Les graphiques de cet article ont été reconstruits par La Voix du X à partir des données publiées par les sources citées. Les pourcentages issus des rapports Ifop de 2023 sont lus dans les tableaux de ventilation (« Focus ») des rapports complets ; ceux de l’enquête Ifop / CAM4 de 2026 proviennent des ventilations rendues publiques en août et septembre 2026.

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