XX-Cel : Au nom du nichon

XX-Cel voue un véritable culte au Dieu mamelon et il a bien raison. Tout est bon dans le nichon. Producteur, réalisateur et acteur depuis bientôt 15 ans, le Parisien cultive toutefois une certaine discrétion qui contraste avec ses scènes qui envoient du lourd. Rencontre.

LVDX : D’où te vient cette fascination mammaire ?

XX-Cel : Je suis fan de porn depuis que je suis tout petit et j’ai toujours eu envie d’en faire. Quand j’avais 10-11 ans, j’étais fasciné par Rocco Siffredi, quand il passait dans Nulle Part Ailleurs. À 17 ans, j’ai réussi à m’incruster au Salon de la Vidéo Hot, à l’époque où ils cartonnaient, Porte de Champerret. Je me suis tout de suite senti comme à la maison. Il y avait beaucoup d’Américaines qui venaient, des canons siliconés. J’ai grandi entre la Floride et Auteuil et je leur parlais en Anglais, ça aidait. Au bout d’une demi-heure, je connaissais tout le monde et je faisais la bise aux gonzesses. J’y suis allé trois jours d’affilée. J’étais comme un espèce de parasite !

Tu étais poussé par quoi ? La libido ?

Ouai, je crois qu’à l’époque, j’étais déjà frustré par la vie parisienne et notamment par mes camarades de classe. 95 % de mes amis ont tous été puceaux jusqu’à 20 ans et plus. La plupart étaient des rêveurs. Aucun ne se bougeait le cul. Quand t’es sûr de toi, personne ne peut te dire non. Maintenant, je sais que je suis vieux et aigri, je n’oserais plus faire comme je faisais avant, mais quand je repense à ce que je faisais à l’époque, c’est un truc de ouf ! Aucune gonzesse ne me disait non. Les boulots que je voulais, je les avais. Je rentrais partout en boite et dans les carrés VIP.

Et ensuite ?

Je bossais le week-end dans un sex shop, rue de la Gaité. Mes parents n’étaient pas au courant. Une année formatrice. J’avais accès à toutes les VHS des cabines. En parallèle, j’étais inscrit à la fac, mais je n’en avais rien à foutre. Puis j’ai bossé pour le magazine Entrevue et l’émission Paris Dernière. En 1999-2000, avec un collègue, je faisais 60% des sujets « cul » qui passaient en dernier dans l’émission de Taddéï. On trouvait les concepts, les lieux, les gonzesses… On a fait bouffer des sushis à des types sur des femmes nues, se balader des fans à poils sur des chevaux dans le Bois de Boulogne. Tout était monté de A à Z. Dans Entrevue, on a fait croire qu’il y avait des courses nocturnes de filles à poil en skateboard dans Paris. C’était l’éclate.

En 2003, je suis sorti avec une meuf qui avait des seins énormes, genre bonnet H. En parallèle, j’étais fasciné par une Allemande, Nadine Jansen, qui était le modèle aux gros seins du moment, une vraie star. J’ai envoyé des photos de ma copine au webmaster de son site pour lui proposer de bosser. Il nous a fait venir à Berlin, tous frais payés, pendant quatre jours, hôtel quatre étoiles. Moi, j’étais comme un fou ! En plus, on m’a filé 500 euros en guise de découvreur de talents…

Pour bosser avec ton idole, tu lui offres ta gonzesse !? T’es gore !

Non, mais attention, c’était soft à l’époque. Il n’y avait pas de pénétration. Elle devait uniquement jouer avec ses nichons pour la caméra. Ce qui est marrant, c’est qu’elle a monté son propre site, Garden of Eden, même après qu’on se soit séparés.

C’est là que ton business porno a débuté ?

J’ai sympathisé avec le photographe-webmaster de Nadine. J’étais fasciné par toutes ces gonzesses et ce fric qui coulait à flot. Je suis rentré en France et j’ai décidé de monter mon propre site : Xx-cel. Je ne voulais faire que du nichon, léchage, tripotage… le monde du nichon ! J’ai commencé avec que dalle. J’ai demandé à des copains de me prêter un peu de sous. Je ne savais même pas filmer ou monter des vidéos. J’ai tout appris moi-même.

Avec toi comme acteur ?

Assez rapidement oui, même si au début, je ne savais pas faire. Je ne suis pas rentré dans le business pour baiser, mais pour assouvir ma passion et gagner de l’argent. Rien n’était calculé, j’aurais pu être passionné par les filles poilues et rester dans l’underground, mais la frustration est une très bonne chose car elle est motrice. J’ai collectionné des millions d’images ou de vidéos sur les nichons. Personne n’est plus calé que moi sur la question en France. Je voyais bien qu’à l’époque, les mecs ne savaient pas filmer, mettre en avant les seins énormes ou que les acteurs ne tripotaient pas bien. Quand les premiers forums sont apparus, je me suis rendu compte que dans le monde entier, des milliers de fans étaient frustrés comme moi. Même sur un site comme Score Land, qui est le TF1 du nichon, les mecs n’aiment pas ce qu’ils font, ça se voit !

Comment ça se passe au début de l’aventure ?

J’ouvre le site avec cinq ou six gonzesses. Il cartonne immédiatement. Tous les gens qui m’ont prêté de l’argent, je les rembourse en l’espace de deux minutes trente. En quelques mois, le site devient une référence dans le milieu du nichon. Au classement Alexa (NDLR : site qui mesure l’audience mondiale des sites web), je devais être 20 000ème dans le monde. Même moi, j’ai été pris de court. Pendant quelques années, je n’ai fait que ça. Je voyageais à l’Est, en Allemagne, en Angleterre, aux Etats-Unis… partout où il y avait de la « loche ».

Quels étaient tes filons pour dégoter les actrices ?

Au tout début, j’ai eu un réseau en Roumanie grâce à une fille que j’ai shootée et qui m’a branché avec d’autres. J’avais beaucoup de contacts en Angleterre aussi. L’Angleterre a toujours été un gros vivier pour les fortes poitrines.

Que penses-tu des seins siliconés ? C’est moins bien ?

Je kiffe comme un porc. Toutes mes idoles des années 90, les Kayla Kleevage, Letha Weapons, Whitney Wonders avaient des seins refaits. C’était mes super héros ! Avec le temps, je préfère désormais les seins naturels, mais quand j’étais plus jeune, il n’y avait que le hors norme qui m’intéressait. À l’époque, il faut se rendre compte qu’il n’y avait aucune fille siliconée en France !

Ta clientèle n’est pas française ?

Dans son immense majorité, non. Je n’ai jamais visé le public français. J’ai beaucoup voyagé. Les Français sont pingres, jaloux et dans la méfiance en permanence. À chaque fois que j’ai voulu m’associer ou bosser avec des Français, ce n’était que des problèmes. Dans le milieu français, tout le monde est toujours en train de se critiquer, se tirer dans les pattes, bref, des gamineries, alors qu’il faudrait être posé et avoir conscience de la chance qu’on a de faire ce taf. Filles à poil/argent/voyages, qu’y a-t-il de mieux, franchement ? Après, le marché du porno français est bizarre, c’est une espèce de monde parallèle pour moi. Je cherche encore à le comprendre. Même constat sur la psychologie d’une actrice porno française, je suis dubitatif…

T’es sans pitié !

Si t’es une fille jolie, intelligente et que tu ne fais pas d’argent dans le porn, c’est que tu es une fainéante, une merde. Je le dis sincèrement, car il y en a beaucoup qui m’énervent. Désormais, on peut aller n’importe où en avion pour 60 balles, je n’ai donc aucune indulgence pour ceux et celles qui restent dans leur connerie. Pour moi, une émission comme Confessions Intimes est bien plus sale que n’importe quel porno. Après, j’ai sympathisé avec des tas d’actrices comme Nora Luxia, Tiffany Leiddi ou Kim Equinoxx, mais globalement, si je prends l’exemple d’Angela White, l’Australienne avec laquelle j’ai bossé quand elle a habité à Paris pendant un an, c’est le jour et la nuit. Cinq ans après, elle cartonne à Los Angeles. A l’époque, j’ai vu qu’elle était plus futée et moins feignante que les autres.

Tes scènes sont très hardcore aux yeux de certains, est-ce par plaisir ou pour coller à la demande ?

Je le fais parce que j’aime. J’ai des mecs qui me suivent et qui sont abonnés depuis 2005. Ils savent que sur mes sites Xx-cel et Heavyonhotties, c’est le « gros » qui va niquer des canons avec son style, animal et intense.

Après, toutes mes scènes sont réalisées dans la bonne humeur. Ce n’est pas un site SM. Les filles me « tartent » la gueule aussi, par exemple. Y a un côté convivial dans le hardcore. Je prends soin de mon modèle en permanence, j’essaie de créer un lien. Ceci dit, mon ego en prend parfois un coup, car certaines te regardent de haut, quoi que tu fasses. De plus en plus, il y a un côté « viande ». Question de génération, je suppose.

Hormis les fortes poitrines, travailles-tu avec des profils particuliers ?

Pas mal de femmes enceintes et des gros canons de l’Est. Sur mon site Heavyonhotties, je crois qu’il y a encore beaucoup de potentiel avec les teens car maintenant, les mecs veulent des actrices de 18 ans, un peu gaulées comme des garçons. Mais perso, mon truc, ce sont les rousses à la peau laiteuse avec des taches de rousseur.

T’as combien de scènes à ton actif ?

Sur Heavyonhotties, dans les trois cents, avec une update par semaine. Sur Xx-cel, peut-être mille, avec deux updates hebdomadaires. Je viens d’effectuer une refonte totale des deux sites afin de coller aux dernières fonctionnalités du Web.

Quelles sont tes influences ?

Mike Adriano, Buttman, Woodman, Rocco, mais je ne copie personne. Je fais mes scènes au feeling. Les scénarii, je déteste ça, ça me saoule. J’arrive à voir en deux secondes le coté pipeau. À part ça, si je filme toujours mes éjacs de la même manière, c’est parce que j’aime bien avoir les yeux de la fille face à la caméra et qu’autrement, avec mon gros cul, je cache tout.

Tu bosses sans capote en France, ce n’est pas fréquent.

J’ai ouvert une brèche ! Après, faut pas déconner, si les mecs n’ont pas de quoi se payer un full test pour tourner, ils n’ont rien à faire là.

Que dirais-tu à un fan qui désire se lancer dans le X ?

Il y a tellement de concurrence sur le Web que c’est devenu impossible, mais à la fin des années 90, début 2000, même une nana moche qui ouvrait son site solo pouvait devenir riche. Aujourd’hui, quand on me contacte pour me demander comment se lancer, je réponds : « N’essaie même pas ». L’idée n’est pas de garder le business pour ma gueule, mais commencer du porno en 2017 à partir de rien, c’est de la folie, à moins d’apporter un truc révolutionnaire.

Après quoi tu cours ?

Le bonheur ! Une de mes plus grandes fiertés est d’avoir voyagé et baisé des gonzesses dans des pays que je n’aurais jamais faits si je n’avais pas été dans ce business. Dernièrement, j’ai tourné avec une actrice qui venait du Kirghizistan, c’est quand même un truc de fou ! La plupart des gens se satisfont trop vite d’être les rois de leur immeuble.

Dimitri Largo

À propos de Dimitri Largo

Journaliste professionnel depuis 2003. Rédacteur du magazine Hot Video de 2007 à 2014.