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Actrices

Eva Delage, la milf française star des années 90

Vincent Lacrosse

Publié

le

Son nom fleure bon les VHS et les petits magasins de location de quartier. C’est qu’elle en aura fait s’astiquer des manches tout au long des vingt ans qu’aura duré sa carrière. Mais tout a une fin et, depuis deux ans, la belle Eva a disparu des plateaux du X, laissant derrière elle un impressionnant kilométrage de câble qu’elle aura déroulé…

Elle aura toujours fait preuve d’une élasticité anale hors du commun.

Ah Eva ! Mais t’es plus là, mais t’es où ? À la seule évocation de votre nom, il me souvient de tant de voyages en solitaire que je me suis accordé dans ma prime jeunesse. Eh oui, comme tant d’autres vers la fin de ces riantes années 90, je me rendais, moi aussi, au magasin Vidéo Futur le plus proche de mon logis, dans le but d’emprunter nonchalamment quelque VHS pour divertir mes mornes soirées. Une fois dans la boutique, je déambulais dans les rayons, examinant d’un œil critique et circonspect les bacs débordant de boîtiers plastiques ornés de jaquettes chamarrées, tout en me rapprochant subrepticement du rideau de séparation qui recelait ô combien de trésors, germaniques, en particulier.

Eva Delage aura marqué le porno français du X de ses grands écarts.

Et là, Delphine 1, Yvan 0 à la main, en guise de camouflage, une tension artérielle alors parvenue à 32/26 et un léger filet de sueur perlant à mon front, j’écartais le voile opalin qui me coupait encore de la diffusion à venir de la plupart de mes futures perversions. Devant moi, combien d’actrices s’offraient impudiquement à mon regard. Tel un aventurier, je partais à la recherche de la garce éperdue ou de la dernière paillarde. Les yeux exorbités par tant de découvertes, je saisissais au vol l’une de ces cassettes que j’espérais encore pure, à savoir, que le précédent emprunteur n’avait pas « baisé » la bande, au sens propre comme au figuré, à force de trop d’avances rapides, de pauses et de retours accélérés [oh putain ! Je ne l’avais pas vu la sodo !]. Et là, caché entre L’école de Laëtitia et Exhib’ à Paris, Dieu me turlutte, vous m’apparûtes ! Pour la première fois, nos regards se croisèrent, le vôtre négligemment jeté sur la jaquette de l’un des films de la série Anita F. [Anita Feller pour les incultes, édité par l’Allemand Dbm], sobrement intitulé Voll im Arsch, soit « plein le cul ! », le message était clair et le mot bien choisi, car sur cette couverture, vous étiez alors en levrette, une main insoucieusement enfoncée, jusqu’au poignet, dans le fondement.

Mais passez donc par-derrière, j’ai laissé la porte ouverte…

Un fervent du jeu d’paumes

Aussitôt, et après avoir réglé au préalable le montant de ma cotisation pécuniaire au commerçant, je filais telle une anguille à travers les rues de la ville pour rejoindre ma modeste chambrette d’étudiant propret. Les doigts tremblants je glissais délicatement l’objet dans l’ouverture de mon magnétoscope. Dès la première scène, et malgré un début de carrière tardive à 44 ans, vous démontriez une souplesse et une élasticité anale hors du commun. Car ce ne sont pas que des chibres, tout au long de la cinquantaine de films dans lesquels vous avez tourné, que votre rectum et votre vulve croisèrent, car il n’était pas rare que légumes, mains et autres avant-bras s’y égarent. Et qu’ils sont poétiques les titres de ces chefs-d’œuvre, tous dignes d’un best of qu’il faudrait leur consacrer : Bites dures pour femmes mûres, Vieilles pour jeunes baiseurs, Pipis volés, Fist uro, Ta bouche à fond mamie, Vieilles chiennes entre elles, Couturières et gaines culottes, Les livreurs décapsulent les culs, Vieilles catins et cambrioleurs… J’en passe et des meilleurs.

À ce niveau-là, on ne peut même plus parler de carrière… c’est au-delà.

Alors évidemment, avec un appétit sexuel plus débridé qu’une Kawazaki Z1000 en version full, vous vous illustrez très rapidement grâce aux pratiques extrêmes auxquelles vous vous adonnez et surtout aux niches Milf et Gmilf [eh oui, déjà, comme le temps passe] dans laquelle vous rayonnez, plus qu’une super [mamie] nova. Car chez nos cousins germains, ce sont sans doute les catégories fist, uro et oma [Vieille, pour les non bilingues franco-germanique], qui vont vous permettre d’asseoir votre notoriété. Vous apparaîtrez ainsi dans plusieurs opus de la série Old Ladies Extreme [Videorama], dans les épisodes Oma Schlampen [Vieilles salopes], Oma-Schlampen heiß und willig [Vieilles salopes chaudes et en manque] pour lesquels vous avoir teint les cheveux en gris n’apporte aux films aucun attrait supplémentaire, ou Arsch Grotten, die Reichen Omas von Paris [Cavernes anales, les vieilles friquées de Paris]. Films bien évidemment tous tournés par le réalisateur phare du label allemand : Harry S. Morgan et dans lesquels se distingueront également d’autres X-grannies, toutes aussi vicelardes et perverses, comme Dany ou Olga. Même prod autre label, on vous voit également, déguisée en nonne et se prenant un fist d’anthologie dans l’épisode de la série Maximum Perversum : Exzesse mit Wein Weib und Gesang [Excès de femmes avinées en chansons, traduction plus qu’approximative], qui retrace les péripéties de poilus au sein d’un couvent en pleine guerre des tranchées.

Mais queue de chibres à l’horizon…

À ses joyaux, tox’ !

Ô combien de vagins, combien de couilles pleines, au cours de tête-à-queue, ou d’une Amazonienne, dans des lits polissons se sont épanouies ! Combien à votre vue, l’ont eu dure, sans lacune ! Redresseuse de caleçons, vous donniez du volume, par l’amène séant, dont vous êtes munie ! Où sont-elles, ces nuits de rêves illusoires ? À s’astiquer, solo, le raide promontoire ! À la vue d’une anale ou d’une pipe à genoux ! Vous nous dévergondiez en images chamarrées et c’est ce qui nous donne, grivois invétérés, l’espoir d’un jour pouvoir revoir votre minou !

Un coup d’œil dans le p’tit coin des dames.

Car oui, ô combien de studios, de réalisateurs se les sont arrachées pour vous avoir devant leurs caméras… En Allemagne comme chez Dbm ou Magma où vous ferez montre de prouesses sous l’œil expert d’un Gabriel Pontello ou d’un Philippe Soine, mais également en France avec des labels tels qu’Imamedia, Hexagone, L’œil du cochon, pour lequel vous camperez une gentille mère de famille, un tantinet délurée et aux limites de l’impudeur, dans Maniado, la famille incestueuse de Fred Coppula, mais aussi dans un film comme La fille du batelier, aux côtés d’Estelle Dessanges pour Hot Vidéo ! Coachée, que vous serez, par des réalisateurs comme John Love, Fred Coppula, Pappy Salaud ou Francis Leroi. Muse, vous serez également l’une des filles du Dr Moro.

« L’ami qui soigne et guérit la folie qui m’accompagne et jamais ne m’a trahi… Champagne ! »

L’adieu aux charmes…

Et depuis deux ans, vous avez jeté le voile. comme si cette ligne de démarcation séparant le porno du cinéma traditionnel, sorte de zone libre en territoire occupé, dans les magasins de location de vidéos, avait également recouvert votre carrière, laissant la place à de certes plus jeunes mais, nonobstant et à mon humble avis, moins emblématiques actrices. Car, dans le X actuel, votre absence se fait sentir, Et s’il ne vous manque pas, vous lui manquez à lui, à ce monde du porno au paysage devenu si fade, parfois, et sans doute trop « politiquement correct » par moments. La dernière de vos apparitions, je me rappelle l’avoir entraperçue sur une chaîne publique et à une heure décente, il y a environ deux ans. C’était dans un spot publicitaire dont je tairai la marque. Je suis sans doute l’un des rares à vous y avoir reconnu, toujours aussi souriante et séduisante, endossant le rôle furtif d’une cliente en manteau de fourrure, comme une Vénus brièvement éclairée une dernière fois par les sunlights, avant son irrémédiable rhabillage.

Elle préfère les Magnums, quel qu’en soit le parfum…

Aujourd’hui, vous êtes rangée des voitures, comme on dit et tenez boutique dans un sex-shop à votre nom. Si, il y a quelques siècles, certains franchissaient les rives du Styx, vous avez traversé, vous, celles du sexe sous toutes ses formes et toutes ses coutures, passant des pleins feux du X à une plus discrète carrière, dans laquelle, sans doute, vous excellez tout autant. Loin de moi l’idée de passer pour nostalgique, voire réac, prisonnier des souvenirs d’une époque révolue, mais je ne peux oublier que vous avez hanté, de nombreuses et longues nuits, cet écran noir et ces nuits blanches où je me fis du cinéma, sans pognon et sans caméra. Aussi, vous resterez, gravée à tout jamais, dans les « anales » de ma mémoire. Somme d’expériences pornographiques inoubliables au succès mérité, dû sans doute, Eva, à l’expérience de l’âge…

Pigiste globe-trotter, essentiellement pour la presse américaine.

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