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Thérèse Dune : « Ma vie se résume au chocolat et au sexe »

Dimitri Largo

Publié

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« Thérèse ! Thérèse ! Je te b…. ! » Ne cherchez plus la meilleure VRP de Jacquie & Michel, Thérèse est celle-là. A 51 ans, la Nordiste aux 14 scènes pour J&M est une figure du porno français depuis cinq ans. Authentique libertine, elle revendique le titre de salope dans le sens noble du terme : c’est elle qui décide où, quand et avec qui. Entretien avec une belle dame du pro-am.

LVDX : Thérèse, elles sont rares les actrices porno avec un morceau de rap à leur gloire !

Thérèse Dune : Et il y en a un autre en préparation avec Sany31Karats ! Quand je peux aider à faire la promotion des jeunes artistes, je n’hésite pas.

Revenons à la genèse de ton parcours dans le charme. Raconte-nous tout.

Je me suis mariée une première fois très jeune, à 16 ans et demi. J’ai fait un divorce au bout de trois ans. A la suite de ça, j’ai commencé à papillonner. Je me suis amusée comme une célibataire avant de me remarier avec un homme qui avait 31 ans de plus que moi. On s’entendait très bien, mais j’ai été veuve au bout de 15 ans. J’ai à nouveau refait ma petite vie de célibataire et je suis tombée sur quelqu’un avec qui je me suis mise à fréquenter les soirées libertines. On s’est séparé mais moi, j’ai continué à faire ce qui me plaisait dans le milieu du sexe.

Le fait de fréquenter les soirées libertines t’a rendue plus coquine ?

Non, suite à mon premier divorce, à 19 ans, j’ai papillonné d’homme en homme. J’étais libre. J’étais seule, je n’avais pas d’enfant et je n’en ai toujours pas. Mais c’est grâce à une soirée où j’ai été élue miss dans un club libertin que j’ai commencé à faire les salons de l’érotisme. J’y ai pris goût, j’ai fait des shows cabines et on m’a proposé des podiums. Un jour, mon compagnon actuel, David, m’a offert de participer à une soirée Jacquie et Michel qui avait lieu dans un club. J’ai rencontré Bernard qui organisait la soirée et j’ai fait un show lesbien en live. Il voyait que j’étais très ouverte, il n’y avait pas de souci. C’est comme ça que j’en suis venue à faire ma première scène pour J&M.

C’était comment ?

C’était marrant ! Je mesure 1m50 et j’ai eu droit à un black de 2m10 et de 95 kilos qui me portait dans la forêt ! C’était sa première fois, lui aussi, mais l’équipe nous a laissés tranquilles pour nous mettre en condition. Par la suite, j’ai dit que j’étais d’accord pour refaire des films mais à condition que ce soit à ma façon : Thérèse, c’est toujours les cuissardes. Puis, j’aime prendre les choses en main et mon plaisir avec les hommes, pas le sens inverse. On m’a donc laissé faire ce que je voulais et avec les acteurs je voulais : Josh, Olivier… C’est un petit milieu, sécurisant et c’était très excitant de se laisser aller devant une caméra en sachant que des millions de gens allaient me voir. Je suis très exhibitionniste et j’ai appris des choses comme la double-vaginale ! C’était magique.

Tout s’est passé en 2015, c’est ça ?

Oui, en mai. Puis j’ai fait le tour des productions, mais pas toutes. A force d’aller dans les salons et de rencontrer d’autres acteurs et actrices, j’ai fait ma sélection. Il faut savoir que je ne fais pas de sodomie et jamais sans capote. De même, mon compagnon est toujours présent derrière les caméras. Ce sont mes conditions à respecter ou je ne tourne pas. J’aime que ça fasse vrai et réaliste aussi. C’est pour cette raison que par la suite, j’ai demandé à ce que beaucoup de fans, qui étaient des acteurs amateurs, puissent venir dans mes films comme celui que j’ai fait au J&M Store de Nancy par exemple.

D’anciennes actrices amatrices se sont plaintes dans les médias du traitement qui leur avait été réservé dans le porno et chez J&M en particulier. Quelle est ton opinion par rapport à ton expérience perso ?

Moi, je n’ai rien à redire et pourtant, j’ai eu affaire à beaucoup de producteurs et de cameramen, y compris ceux qui travaillaient avec Jacquie & Michel. Les journalistes, dont ceux qui sont venus m’interviewer à la maison, m’ont déjà posé énormément de questions sur les conditions de tournage et je répète à chaque fois la même chose : on est bien avertie au préalable que l’on va passer à l’écran, que ce sera sur internet et donc que la vidéo circulera à vie. Une scène porno, ce n’est pas quelque chose que l’on fait comme ça au hasard. C’est une équipe qui a bossé pour sortir la vidéo : il y a eu des frais de déplacement, d’hôtel, de restauration, de cadrage, de montage et de diffusion. Il faut savoir que les images tourneront dans la ville où l’on habite et que ça va être beaucoup de « bla-bla » chez la famille, les amis… Ensuite, on signe quand même des contrats de droit à l’image, tout ça est bien réfléchi et on nous indique comment ça va se passer quand ce sont les « premières fois ». On nous demande aussi ce qu’on fait sexuellement et jusqu’où on va. Moi, par exemple, je n’ai jamais voulu faire de « sodo » et on l’a toujours respecté. Certaines filles viennent dans le milieu en se disant qu’au bout de quelques scènes, elles vont être connues et devenir des stars. Elles pensent qu’elles pourront rapidement faire autre chose, passer à la télé et faire « Les Anges… » ou un truc comme ça. Ce n’est pas bien de cracher dans la soupe quand tu as pris l’argent, alors que rien n’est « infligé ». Je vois bien ce qui circule sur les réseaux sociaux, quand au bout de trois ans, une fille veut faire retirer ses vidéos parce qu’elle a une nouvelle vie. Sauf qu’on peut oublier le X, mais son passé, on ne peut pas cracher dessus. Je trouve ça « gros » de toujours dire que les filles sont fragiles : on peut toujours dire « non », même à la dernière minute, on ne va pas t’obliger. Après, c’est sûr, il ne faut pas arriver alcoolisée ou droguée. C’est un état d’esprit, mais en discothèque, c’est pareil : il faut garder la tête froide.

En ce qui te concerne, tu mènes très bien ta barque. Thérèse est devenue un personnage dans le X. Quelle est ta recette ?

Je suis juste moi. J’ai 51 ans. J’ai toujours voulu profiter de la vie. Peut-être le fait que je n’ai pas d’enfant m’a rendu plus égoïste et axée sur moi-même. On me dit souvent que je fais plus jeune, c’est super, tant mieux, je peux mettre des fringues que mettent d’ordinaire des femmes plus jeunes. J’ose les extensions de cheveux blonds ou roses, le cuir, les mini-jupes. A 51 ans, je suis plus colorée, plus vivante et plus amusante. Ma vie, c’est ça : m’amuser avec les hommes.

Tu as le corps d’une jeune femme de 20 ans, comment fais-tu ?

Bon, déjà, je suis toute petite, ça aide. Mais, j’ai toujours fait le yoyo : je grossis et je maigris. Après, c’est vrai que depuis que je fais du libertinage, je vérifie que l’on peut m’attraper la taille avec les mains ! Globalement, je fais attention à moi et à mon alimentation, mais je ne fais pas de sport, sauf du sexe. Si j’ai des cuisses d’enfer, c’est que j’aime monter sur les mecs et avoir le dessus. Même si on me dit des choses méchantes sur mon physique, je laisse toujours les commentaires. Je ne peux pas plaire à tout le monde. Il faut savoir faire avec ce que l’on a.

Il y a une chose sur laquelle tu joues beaucoup dans tes vidéos, c’est ta voix…

Dès que je me mets à parler de sexe avec un homme, ma voix change. Je ne peux pas m’en empêcher.

Ok, mais lorsque tu vas chercher ton pain, tu es normale ou pas ?

(Elle se marre) Je rigole de ça avec ma boulangère ! (Elle prend la voix suave qu’on lui connaît dans ses vidéos) Je lui dis : « Allez, donne-moi une grosse baguette. Hummm, qu’est-ce qu’elle est chaude ! » Tu vois, je lui dis des conneries comme ça et ça la fait rire. Après, c’est vrai qu’on ne peut pas jouer tout le temps comme ça, c’est un personnage, mais en même temps, c’est moi. Il ressort naturellement. Dès que je vais aller en club ou autre, ça y est, c’est moi.

Même en privé, si tu tombes sur un couple avec ton homme, tu vas rentrer dans ce personnage de « Thérèse » ?

C’est ça. Automatiquement, quand je rentre dans un club ou que je suis face à un homme, je deviens comme ça. Là, par exemple, j’ai dû faire réparer ma voiture. Je sais qu’au garage, ils aiment bien « Thérèse », donc on joue là-dessus.

C’est comme un bouton sur lequel on appuie, tu passes en mode « salope » !

Tout à fait. En mode salope. De toute façon, c’est moi, je suis une salope.

Oui, mais ce n’est pas pour autant que tu vas te mettre à genoux et sucer ton garagiste !?

Ah non ! Avec le temps, je connais bien les hommes. J’arrive tout de suite à savoir jusqu’où je peux jouer avec eux. Si je sais qu’un homme est en couple, je ne vais pas m’amuser à briser un ménage pour cinq minutes de plaisir. Il y a tellement d’hommes seuls, célibataires, séparés, divorcés… Souvent, je vais jouer en paroles, mais ça s’arrête là. Je peux aussi toucher la « bosse » pour savoir si tout va bien là-dessous, ça, c’est mon truc.

J’aimerais revenir sur cette histoire de pub Jacquie & Michel que tu as affichée sur ta maison, puis sur ta voiture. Ça a fait le buzz. Comment cette idée t’est venue ?

Tout bêtement. J’ai tourné beaucoup de scènes pour J&M à mes débuts donc je faisais un peu de pub sur mes réseaux sociaux. Je me suis rendue compte très vite que les gens cherchaient où j’habitais. Régulièrement, surtout le samedi soir, j’entendais les gens crier « Thérèse ! Thérèse ! » devant chez moi. Je sortais pour faire des selfies et discuter. A chaque fois, c’était très gentil. Avec le temps, je me suis dit que pour les selfies et les photos avec le t-shirt, ce serait plus simple de peindre Jacquie & Michel sur le mur de mon entrée de garage. Je pensais que j’avais le droit, mais j’ai reçu un courrier de la mairie m’enjoignant à retirer l’inscription sous 15 jours. Le cas contraire, je m’exposais à une peine de 150 euros d’amende par jour. Honnêtement, j’ai eu du mal à m’abaisser à l’enlever car c’était ma maison. J’ai appelé chez J&M pour leur exposer la situation. Ils m’ont proposé de la rendre publique. Deux heures plus tard, l’info passait sur BFM. C’était une manière de faire un petit buzz, sans pour autant balancer mon adresse et trop m’exposer. Je dois avouer qu’à l’époque, j’étais un peu naïve, je ne pensais pas que les médias seraient si réactifs. C’était partout alors qu’à la base, je voulais juste faire plaisir aux fans !

Tu en as remis une couche après, avec le pub sur ta voiture !

J’avais des journalistes qui venaient tout le temps ! Sur les voitures, on peut coller ce qu’on veut alors j’ai glissé la pub sur ma voiture. Ça a fait rire les gens de chez J&M. Tant que j’avais la permission d’utiliser leur image, je me suis amusée aussi.

Pourquoi cette fidélité à Jacquie & Michel ?

Grace à J&M, je rentre partout. On me déroule presque le tapis rouge. Les gens sont très sympas, vraiment. C’est grâce à eux si je suis un peu plus populaire, que j’ai connu le milieu du X et le bonheur de faire des films.

Que fais-tu dans la vie hors porno ?

Je fais des massages naturistes. Je suis déclarée en France sous l’appellation « entretien corporel et lâcher prise » et avec toutes normes françaises. Ce sont des massages qui ne finissent pas en « sexe », mais qui sont tantriques. En France, c’est autorisé de toucher toutes les parties du corps, même le sexe. Je reçois des hommes seuls et des couples. Avec Thérèse, ils savent qu’ils pourront poser toutes les questions et j’essaie de leur répondre comme je peux.

Est-ce ton vrai prénom, Thérèse ?

Ouais, c’est fort hein quand même !? Et je suis née en 69 ! Je n’ai jamais voulu prendre de pseudo et m’appeler Kelly ou Agathe. J’ai juste rajouté « Dune », je trouvais ça mignon. Pour prendre du plaisir, j’ai besoin d’être appelée par mon vrai nom !

Aurais-tu assumé comme cela si tu avais eu un job dans la norme, comme commerciale ou infirmière ?

Je ne sais pas. En étant banquière par exemple, je n’aurais pas été faire des films X. Il y a peu de temps, j’ai retrouvé une fille en Belgique avec laquelle j’avais tourné quelques scènes à Paris en 2015. Elle était toute contente de son expérience mais elle a été obligée d’arrêter le X car elle avait été renvoyée de son travail. Après, elle avait travaillé dans les pompes funèbres, et là aussi, on l’avait titillée et poussée à bout pour casser son contrat. C’est très moche. Et ces gens-là sont les premiers à cacher leur mauvaise vie. Moi, j’ai eu la chance d’être plus mûre quand j’ai commencé. Si j’avais été une jeune fille, j’aurais d’abord pensé à prendre de l’expérience dans le libertinage et en toute discrétion. Quand je reçois des messages de filles de 18 ans qui veulent commencer avec moi, je les préviens bien de toutes les conséquences. Si elles décident par la suite d’avoir un enfant, je leur dis qu’elles devront affronter le regard des autres femmes à la sortie de l’école, car tout se sait, même si elles n’ont tourné que trois scènes.

Quelle est ton actualité dans les mois à venir ?

Mon prochain salon, c’est celui de Dunkerque (les 22 et 23 mai prochains) organisé par Les Plaisirs Interdits. J’en suis la marraine. Je fais un spectacle sur le grand podium à base de parodies, dont une en hommage à Johnny Hallyday avec David, mon compagnon qui chante pour de vrai et deux guitaristes. Il y a un échange, je fais monter des gens du public. C’est un peu Monsieur et Madame Tout le Monde qui montent sur scène. On s’éclate ! Il faut savoir que les gens s’ennuient, ils nous le disent. Ils sont très moroses. Ce qu’on veut, c’est apporter du rire et de la bonne humeur.

Gloire à toi, Thérèse, je reviendrai en pèlerinage… Merci !

Journaliste professionnel depuis 2003. Rédacteur du magazine Hot Video de 2007 à 2014.

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