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Un tribunal fédéral américain met hors de cause la maison mère d’OnlyFans dans l’affaire des agences de « chatters »
La justice américaine rejette les accusations de racket contre Fenix International Limited, laissant les agences tierces seules face à la procédure
LOS ANGELES — Fenix International Limited, la société mère de la plateforme OnlyFans.com, a été officiellement écartée la semaine dernière d’un recours collectif qui lui reprochait des pratiques frauduleuses et du racket en lien avec les agences de « chatters » auxquelles recourent certains créateurs de contenu sur la plateforme.
C’est le juge fédéral Fred W. Slaughter, siégeant au tribunal du district central de Californie, qui a rendu cette décision par voie d’ordonnance civile. Dans ses attendus, le magistrat indique : « Le tribunal considère que les plaignants n’ont pas suffisamment démontré l’existence d’une entreprise criminelle organisée ni de conduites constitutives d’une telle entreprise. »
Cette décision s’inscrit dans le cadre des lois fédérales RICO (Racketeer Influenced and Corrupt Organizations Act), qui prohibent toute participation, directe ou indirecte, à la conduite d’une entreprise engagée dans des activités de racket affectant le commerce interétatique ou international.
Le juge a par ailleurs précisé : « Le tribunal estime ces allégations insuffisantes, dans la mesure où les plaignants n’établissent pas que les entités Fenix ont coordonné leurs actions avec les agences incriminées, ni même qu’elles avaient connaissance du prétendu stratagème. Les plaignants se limitent à alléguer que Fenix commercialise la plateforme OnlyFans et qu’elle aurait dû être informée du recours à ces intermédiaires. »
Qu’est-ce qu’une agence de « chatters » ?
Sur OnlyFans, certains créateurs délèguent à des agences tierces la gestion de leurs échanges avec les abonnés. Ces agences emploient des opérateurs — les fameux « chatters » — qui se font passer pour les créateurs afin d’entretenir une relation d’intimité avec les fans, souvent dans le but de les inciter à acheter des contenus supplémentaires. Les plaignants soutenaient que cette pratique relevait de la tromperie commerciale et constituait une forme de fraude organisée.
L’état de la procédure
La plainte initiale comportait également des griefs fondés sur la loi californienne contre la publicité mensongère (False Advertising Law, FAL) et la loi sur la concurrence déloyale (Unfair Competition Law, UCL). Ces deux textes sont fréquemment invoqués conjointement, car une publicité trompeuse peut simultanément enfreindre l’une et l’autre.
Si les accusations de racket à l’encontre de Fenix ont donc été abandonnées, les agences de chatters, elles, restent poursuivies. Elles devront répondre des charges relevant de l’UCL, sous réserve du dépôt d’une plainte amendée par les plaignants avant le 9 juin 2026. Il convient toutefois de souligner que la grande majorité des chefs d’accusation visant ces agences avaient déjà été rejetés en décembre 2025 — dans une affaire qui avait également valu des sanctions aux avocats des plaignants pour utilisation abusive de l’intelligence artificielle dans la rédaction de leurs mémoires juridiques.
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