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Le food porn ou la fusion Pornhub-Marmiton

Dimitri Largo

Publié

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Le food porn, c’est vieux comme les Mad Men. Mais la toile s’est arrogé les codes des pubards pour triturer le phénomène à sa sauce au point qu’on parle désormais de « food porn ». Attention, vous ne verrez plus la béchamel de la même façon…

Malgré sa dégaine d’acteur à l’ancienne, façon Ron Jeremy, Larry Caldwell est reconnu par l’establishment comme la plus grande food pornstar du monde. A l’occasion du Food Film Festival de Charleston, il déclarait au webzine local :

« Je dirais que les raisons pour lesquelles la nourriture est si sexy sont évidentes. Quand les gens regardent du food porn ou des photos de bouffe en gros plan, cela active les mêmes parties du cerveau que s’ils mataient du porno. Embrasser cette sensualité de la nourriture est une expérience incroyable ».


Le food porn d’après Larry Caldwell

Susciter l’envie, rien de bien neuf. Le marketing de l’agro n’a pas attendu les réseaux sociaux et la mode qui consiste à partager les photos de son assiette. Du food porn, vous en croisez quotidiennement depuis des décennies : dans le métro, les abribus, à la télé, sur les menus des bouis-bouis comme du Burger King. Derrière les visuels de steaks dégoulinants, de bacon frit pris entre deux tranches de fromage orange vif, les aliments sont en réalité… en plastique et élaborés uniquement pour les besoins de la photo.


Nestlé, c’est fort en chocolat (1990)

Burger starifié, Banana Split irréaliste : une séance photo avec de la bouffe, c’est exactement comme des photos pretty avec une starlette du X. Couleurs flashy saturées, sur-contraste de la lumière et fluide qui coule : c’est joli comme une barre d’uranium fondue. Gros plan sur un gland fait maison ou sur le tranche-merde couleur pistache de Jessie Rogers ? Les deux, votre honneur. Là où le phénomène prend une tournure intéressante, c’est lorsque le porno sur internet se réapproprie les codes que les publicitaires avaient piqués à son ancêtre sur VHS. Derrière le cabotinage, Caldwell, l’histrion du food porn, vise juste :

« Parmi les aliments empruntés à l’esthétique porno, il y a le chocolat ou la crème mais ce qui compte, ce n’est pas tant la bouffe que ce que vous en faites. Si vous voulez vraiment vivre une expérience avec la nourriture, vous ne pouvez uniquement vous contenter de la goûter. Vous vous devez de la toucher, la respirer, la ressentir… »

Si on mange désormais avec les yeux, rares encore sont ceux qui se branlent avec la bouche. Un p’tit tour sur un tube au hasard et ce ne sont pas moins de 192 219 liens qui ressortent en tapant food porn. Salade avec du sperme en guise de vinaigrette, hot dog au chibre, broute minou goût fruits rouges… Les pornocrates sentent la bonne odeur et la jouent « gourmande et croquante » en parallèle à l’explosion des webtv culinaires. Le food fetish qui n’avait jamais dépassé le rang de niche est remis au goût du jour, en témoigne la hausse des tags sur Uplust (ex-pornostagram) ou la création en 2014 de Munchies, la branche fooding de Vice (toujours à l’affût des thématiques à la mode) qui a offert à l’ex-actrice Kimberley Kane le soin d’animer une rubrique baptisée « sex + food », où on peut notamment la voir faire découvrir les vertus du sploshing (ou comment se servir d’un corps comme d’une tartine) sous la férule de Mistress Shae.

PHOTO 1

Une « chick » naturelle plutôt offerte…

Comme un clin d’œil, les internautes les plus espiègles prennent le food porn au pied de la lettre et mettent en scène du porno avec les aliments eux-mêmes. Parmi les 30 millions de hashtags circulant sur Twitter, Instagram et autre Pinterest, le contenu affiché des assiettes est parfois des plus cocasses. Mais si les photos d’un poulet, pattes écartées, ont l’air plus « humaines » que nature, cette dernière se charge de rappeler qu’en matière de sexe, le porno, ce n’est pas réellement « humain ».


Porn Sex vs Real Sex : The Differences Explained Woth Food
(Crédits Kb Creative Lab via Meltyfood.fr)

Journaliste professionnel depuis 2003. Rédacteur du magazine Hot Video de 2007 à 2014.

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