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Bio/Milieu du X

Interview d’un Maître

Carla Virx

Publié

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Afin de poursuivre notre exploration du monde BDSM, je vous présente aujourd’hui  l’interview de Maître George. Il a été notre initiateur, notre pro-fesseur, pour notre première fois à mon Maître et moi-même (en bonus, retrouvez à la fin de l’interview le récit de cette première soumission). Une soirée inoubliable qui a changé le cours de notre vie pour toujours. Une rencontre incroyable avec cet homme et Maître depuis plus de 40 ans maintenant.

Mais au fait, qu’est-ce qu’un Maître ? Grâce à cette interview je vous invite à le découvrir…

Comment avez-vous su que vous étiez un dominant ? Quand et comment avez-vous fait vos premiers pas dans ce monde du BDSM ?

J’étais un enfant actif et dynamique, plutôt leader dans un groupe, pas trop timide…  Et j’ai vite eu des comportements un peu atypiques… À dix ans, je ligotais de temps en temps mon petit frère de six ans sur son lit… À l’adolescence, je faisais souvent à mes petites amies des propositions originales et osées, qui étaient généralement acceptées. Mais j’observais aussi leurs regards sur moi, dubitatifs et un peu inquiets… Mais il m’a fallu attendre des années pour mettre un nom sur mon attitude, en fait jusqu’au jour où le hasard a mis sur mon chemin une jeune femme qui faisait partie du petit monde du BDSM, très secret à l’époque ! C’est donc cette jeune femme, Isabella, qui m’a nommé « Maître », et qui m’a présenté à ses amis du milieu très fermé de l’époque (1969).

Au fil de vos expériences, comment avez-vous évolué en tant que Maître ?

C’est un peu difficile de décrire une évolution sur une si longue période, surtout qu’elle n’a pas été linéaire… Chaque nouvelle rencontre provoque chez moi nécessairement une évolution de mon comportement de Maître. Globalement la seule constante de mes  évolutions est peut-être que j’ai de moins en moins de certitudes et que je me détache toujours davantage des injonctions de perfections techniques pour me concentrer sur l’intimité de la relation.

Selon vous en quoi consiste le rôle du Maître ?

Pour moi, le Maître est une personne capable de mesurer l’importance du don d’elle-même d’une soumise, et de lui permettre de l’exprimer pleinement. Il ne se contente pas de contempler ce don incroyable : il doit le solliciter, l’encourager, le mettre à l’épreuve, l’explorer, le sublimer, et surtout en jouir.

Quelles sont les qualités indispensables pour être un bon Maître ?

L’écoute, la bienveillance, la patience, la constance.

Être un Maître, ça n’est pas… ?

Vouloir déconstruire la personnalité de sa soumise et vouloir l’isoler du monde.

Vouloir imposer sa vision du monde à sa soumise, ni la considérer comme inférieure…

Se prendre pour Dieu le père.

Être Maître n’est jamais une question de technique quelle qu’elle soit.

Quels sont les conseils que vous donneriez à un homme qui se sent attiré par la domination ? Y a-t-il des précautions à prendre ? Des pièges à éviter ?

Tout d’abord, je m’assurerais que son attrait pour la domination n’est pas une erreur de compréhension. L’idée d’être attiré par la domination de façon générale me paraît assez suspecte en soi. (Adolf Hitler devait être attiré par la domination !!!)

S’il est attiré par la domination d’une personne en particulier, c’est déjà plus sympathique.

Il y a en effet beaucoup de précautions à prendre : la première étant de prendre conscience de l’étendue des conséquences de la mise en œuvre de ce type de relation. Si elle est harmonieusement partagée, non seulement elle occupera toute la place, mais elle changera profondément et durablement tous les aspects de la vie des deux partenaires…

Les pièges à éviter sont nombreux et très variés : les plus communs : celui de considérer la soumission comme acquise une fois pour toutes, et de s’endormir sur ses lauriers…  et celui de consacrer trop de temps à améliorer des points techniques au détriment de la relation elle-même.

De plus le droit à l’erreur du Maître est assez limité ! Nos erreurs ne seront pardonnées que si elles sont exceptionnelles, et si elles sont commises de bonne foi !

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Maître George et sa soumise Nuage

Comment se passe une relation Maître/soumise ?

C’est avant tout une relation de confiance extrême !

Je ne parlerai pas ici des jeux libertins qui empruntent nos accessoires et parfois certains de nos codes et qui peuvent être bien agréables mais qui sont par définition une récréation, presque une mascarade. Il ne s’agit pas là d’une relation véritable.

La relation Maître/soumise n’est jamais anecdotique. Dès son début, elle va bouleverser profondément les deux protagonistes.

C’est sans doute la relation la plus complexe et la plus puissante qu’on puisse concevoir entre deux êtres humains ! C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous qualifions de « vanille » toutes les autres relations.

Quand on regarde le cliché de la soumise à genoux au pied de son Maître, on est loin, bien loin de s’imaginer que cette relation est parfaitement équilibrée, et pourtant… Le don de soi de la soumise est évident, mais le Maître gère cette relation, et c’est un travail, certes discret, mais extrêmement prenant, tant au niveau de l’imagination  qu’au niveau du temps passé… En fait ça représente un don de soi équivalent à celui de la soumise… Le Maître semble avoir tous les pouvoirs sur sa soumise et être le Maître de la relation, mais c’est en fait la soumise qui dispose de l’arme absolue : si le Maître commet trop d’erreurs, s’il manque de sincérité, s’il n’est pas assez présent, la soumise peut simplement retirer sa soumission, et d’un seul coup, le Maître n’existe plus…

L’admiration et le respect sont égaux et réciproques entre le Maître et la soumise…

Une autre des caractéristiques de cette relation est qu’elle est la seule à pouvoir générer le « subspace », sans entrer dans les détails, c’est un état que peuvent parfois atteindre les soumises lors d’un rapport D/s particulièrement satisfaisant. C’est une sorte d’orgasme, plus puissant que l’orgasme sexuel, qui crée une sorte d’addiction comparable à celle de certaines drogues…

On lit beaucoup de témoignages de soumises, très peu de Maîtres… Selon vous pourquoi ? À quoi ressemble une séance de domination du point de vue du Maître ?

Le rôle du Maître c’est de magnifier et de célébrer le don de la soumise. Il est l’auteur et le metteur en scène, elle est sa star ! C’est donc elle qui sera dans la lumière, et le Maître dans l’ombre…

Même si le Maître a conçu sa séance sans oublier son propre plaisir, sa priorité est toujours sa précieuse relation avec sa soumise. À chaque fois il doit la remettre en jeu ! À chaque fois, il doit prendre des risques. Il sait ce qu’il fait, mais il doute… Il prendra du plaisir, bien sûr, mais nous sommes loin du subspace !

C’est après la séance, lorsqu’elle s’est bien passée, que le Maître recevra sa récompense, et pas la moindre ! C’est une sensation extraordinaire, une sorte de plénitude, un moment de grand bonheur. La certitude d’avoir donné de grandes sensations et d’avoir encore renforcé cette relation déjà tellement forte. On ressent qu’on a réussi quelque chose d’important…

Vous êtes le fondateur de l’association La Communauté du Triskel (site : www.anneaudejustine.com) depuis 2010. Pouvez-vous décrire quelles sont ses missions et dans quel but l’avez-vous créée ?

La communauté du Triskel est une association loi de 1901 (pas de but commercial) qui a pour objectif de mettre en relation et de faciliter la vie aux passionnés de relations D/S.

Cette définition nous impose de définir précisément ce que nous entendons par relation D/S.

Pour nous, il s’agit d’une relation entre deux personnes sincères, l’une fait le don de sa personne à l’autre sans restriction et l’autre accepte ce don exceptionnel en en appréciant toute l’étendue. Pour leur plus grand plaisir mutuel, il honore ce don en l’utilisant concrètement et en vérifiant ses limites.

C’est cette relation essentielle et incontournable qui est à l’origine de nombreuses pratiques. Aucune de ces pratiques ne peut se substituer à cette relation centrale, et pour nous, elles n’ont que peu de sens hors du contexte de la relation.

Nous croyons fermement que les gens qui connaissent dans leur intimité les extraordinaires émotions générées par ces relations, se reconnaissent entre eux et ont plaisir à échanger et à se connaître mieux. Ils forment une véritable communauté.

Notre association lutte d’une part contre toutes les idées fausses (machisme, apologie de la violence, rapport à la prostitution, relations sexuelles multiples, etc…) qui circulent depuis de nombreuses années, et qui continuent de polluer notre communauté et lutte avec la même détermination contre les amalgames (pseudo « fétichisme », kinksters, etc…), utilisés parfois involontairement par ignorance, parfois volontairement à des fins commerciales et qui risquent de semer la confusion dans notre communauté.

La Communauté du Triskel souhaite aussi redéfinir nos relations : en effet, il est courant d’entendre dire que chaque couple a son propre BDSM. C’est un peu vrai, mais c’est aussi un peu court, et un peu dangereux : c’est un peu court, parce que nous avons un plus petit dénominateur commun qui est le socle de notre communauté, mais il n’a pas encore été défini correctement, faute de structure représentative pour le faire. C’est un peu dangereux aussi parce qu’on peut constater que des abuseurs notoires, qui finissent parfois devant les tribunaux, utilisent cet argument pour se défendre, même si nous savons tous faire la différence !!!

Nous devons également nous pencher sur les mots qui nous définissent, dont aucun d’entre eux n’a été défini par une structure représentative, mais bien plutôt par des personnes extérieures à nos relations. Pour ma part, je pense qu’aucun de ces noms n’est convenable…

Enfin, la communauté du Triskel souhaite qu’un jour la respectabilité, et même la grandeur de nos relations soit reconnue publiquement.

Dans le but d’assurer la pérennité de l’Association, nous l’avons constituée en une fédération de grandes régions autonomes et indépendantes regroupées autour des valeurs que nous défendons. Chaque région est dirigée par un responsable de région qui organise à sa façon et suivant ses disponibilités divers événements : réunions d’information publiques, stages de formation ou de perfectionnement aux diverses pratiques, soirées conviviales.

Les informations concernant ces événements sont diffusés le plus largement possible, mais sont systématiquement annoncées sur le site de notre association, l’anneau de Justine.

Merci à Maître George pour son implication et son investissement dans ses réponses à mes questions.

BONUS : je vous livre le récit de ma première soumission avec Maître George.

C’est Maître George qui nous accueille. Il nous explique que c’est lui qui va nous accompagner pour notre grande première mais qu’il doit encore gérer les arrivées des participants.

Il nous propose alors de boire un verre en l’attendant, ce que nous faisons.

Puis l’heure de notre initiation en privée arrive. Je gravis les marches de l’escalier et Maître George nous conduit dans la chambre.  Nous échangeons un peu avec lui sur les raisons qui nous ont menés à participer à cette soirée.

Tout de suite je sens que cet homme me comprend. Je suis en confiance et sereine. Puis, le moment de me dévêtir a sonné. J’ôte ma robe et mon string. Je suis en bas et en escarpins, je me sens belle ce qui n’arrive pourtant jamais au quotidien…

Maître George me tend un masque. À partir de cet instant je ne vois plus rien. Il me demande de prendre différentes positions : debout, à quatre pattes et les seins posés au sol et la croupe relevée. Il rectifie mes positions pour que je sois plus droite, plus cambrée. Sa rigueur est rassurante.

À chaque position je sens que mon mari et Maître George me regardent. Ils échangent tous les deux, leurs propos me concernant me vantent et me mettent en valeur. C’est vraiment agréable…

Puis, nous y voilà, le moment tant attendu… Maître George me dit de me mettre de dos, les mains posées sur le mur, les jambes écartées et d’accentuer la cambrure de mes reins au maximum.

Il me donne les règles : je vais devoir compter à partir du moment où je trouve ça désagréable « 1, merci Monsieur » et ce jusqu’à 3. Il me demande si j’ai bien compris et nous pouvons commencer.

Il débute par un martinet en latex qui fait bien plus de bruit qu’il ne me procure de sensations, il s’en rend évidemment compte et me propose de passer à autre chose. J’acquiesce évidemment avec engouement.

Je n’ai malheureusement pas le souvenir de tous les instruments qui ont été testés, le temps était comme suspendu et mes souvenirs ne sont pas aussi précis que je l’aimerais.

Il saisit ensuite un autre martinet à lanières en cuir, les sensations sont déjà plus agréables. Je sens le cuir me « caresser » doucement puis de plus en plus fort. Je savoure ce moment intense. Je suis si bien… Maître G. me demande si ça va toujours, j’acquiesce et les coups se voudront plus forts.

La peau commence à me brûler, sensation de chaleur extrême et de picotements intenses, encore et encore, ça commence à devenir plus sérieux et je suis à l’aise, Maître G. me demande à plusieurs reprises si ça va toujours, puis vient le moment où les lanières de cuir qui s’abaissent sur mes fesses m’arrachent un « 1, merci Monsieur ».

La danse du martinet se fait plus délicate avant de reprendre un rythme plus fougueux, « 2, merci Monsieur ». Puis les derniers coups tombent, je n’ai pas le souvenir d’avoir dit 3 mais peut-être que la mémoire me fait défaut.

Mon mari s’approche de moi pour me caresser les fesses, cela me fait un bien fou, c’est indescriptible.

Puis la séance se poursuit, Maître George se saisit d’un martinet avec de très longues lanières beaucoup plus lourd et plus intense encore. C’est parfaitement délicieux. Une déferlante de sensations plus intenses les unes que les autres.

Je souffle, je suis dans ma bulle. Un coup tombe, puissant et sévère : « 1, merci Monsieur ». C’est au tour de mon mari de tester sur moi ce jouet délicieux. Je suis aux anges…

Puis: la canne anglaise avec sa rapidité extrême et sa sublime douleur qui arrive après coup, vive et acérée.

Et enfin, le fouet… Je suis surprise mais avide de goûter à ce mystérieux instrument, si l’on m’avait posé la question le matin même j’aurai assuré que je ne souhaiterai pas faire connaissance avec le fouet pour le moment, et pourtant…

J’y ai pris un plaisir incroyable : les coups rapides et vifs, hautement cinglants comme si la peau pouvait se couper, les vagues de bien-être qui en découlent, je me sens presque droguée, le « 1 » tombe beaucoup plus vite que précédemment puis le « 2 » et nous arrêterons là.

Mon mari me serre dans ses bras, me caresse les fesses. Ses mains sont comme du velours tendre et doux sur le feu de ma croupe. J’ôte mon masque, nous nous embrassons, je l’aime…

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Ma croupe marquée au retour de la soirée

La soirée fut une parfaite réussite, après avoir dîné et échangé avec d’autres personnes présentes, mon mari a demandé à Maître George s’il était possible de bénéficier d’une nouvelle leçon en privée avant que nous repartions. Il accepta très gentiment.

Nous voilà donc de nouveau dans la chambre. Je suis heureuse que mon mari ait ressenti l’envie de revivre cette expérience également. Les yeux bandés, je me positionne face au mur jambes écartées les mains posées au mur et le dos cambré. Mon mari se positionne derrière moi et commence à me caresser les fesses.

Puis une main se lève et tombe, c’est l’heure de la fessée. Nous la pratiquons naturellement depuis quelques temps déjà, je suis en terre connue et je savoure, mais ses coups se voudront sévères et les sensations sont décuplées suite à la première séance dont mes fesses portent encore les traces.

Maître George lui propose quelque chose de plus tendre avec les fessées en pattes de chat, c’est magnifique… entre la caresse et la fessée c’est parfait pour redémarrer cette nouvelle leçon.

Puis, Maître George nous propose de tester un martinet différent de la fois précédente, plus féroce cette fois, avec des lanières en caoutchouc.

Il me précise alors que cette fois je ne compterai pas mais que je devrai demander à mon mari d’autoriser Maître George à stopper son art.

La valse débute doucement puis devient de plus en plus rythmée et rude. Mes fesses sont encore largement échauffées de la séance précédente et la peau ne tarde pas à me brûler sévèrement. Je savoure cet instant jusqu’à demander « stop stop stop » mais Maître George ne cesse pas sur-le-champ et me demande de dire « s’il vous plaît ».

Je m’exécute. Il arrête et nous rigolons car il me dit qu’il va me falloir être un peu plus polie, j’ai encore beaucoup à apprendre dans ma position de soumise mais je ne demande que ça…

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Ma croupe marquée au retour de la soirée

Maître George interroge alors mon mari sur ce que je vais devoir dire pour que les coups cessent, il lui demande si je l’appelle « Maître » et sa réponse reste encore dans ma mémoire. Je l’entends encore prononcer ces mots « non pas jusque-là, mais ça ne va pas tarder maintenant ». Je suis tellement heureuse et reconnaissante qu’il ait envie de prendre cette place auprès de moi désormais…

Il convient alors ensuite avec Maître George qu’il me faudra lui adresser un « pitié Maître » pour qu’il accepte que les coups cessent de pleuvoir.

La séance reprend et je ne tarderai pas à lâcher un « pitié Maître » tellement ma peau est sensibilisée par les multiples « caresses » qu’elle a endurées depuis le début de la soirée.

Mon Maître fait stopper les coups et il prend son relais. Je suis tellement bien quand il manie le martinet pour moi. J’ai mal mais je ne veux pas que ça s’arrête tout de suite.

Je tremble, je transpire et je gémis. C’est intense et brûlant. Puis je l’implore. Il stoppe et vient me caresser. Mon ressenti est indescriptible… Plénitude totale et amour inconditionnel, nous sommes tellement plus forts encore désormais c’est extraordinaire.

Blogueuse trentenaire, je suis la soumise de l’homme avec qui je partage ma vie depuis plus de quinze ans désormais : mon mari et Maître. Ensemble nous vivons une relation intensément BDSM. J’aime le sexe, être contrainte, malmenée et m’appliquer à tout faire pour donner du plaisir à mon Maître. Son plaisir est mon cadeau, son sperme une récompense dont j’aime me délecter. J’aime être fessée, fouettée, pincée, mordue… Je suis une soumise docile et obéissante prête à tout pour satisfaire mon Maître au quotidien. Je suis très heureuse de pouvoir écrire pour La Voix Du X et vous faire découvrir un univers fait de cuir, de rigueur et d’obéissance, mais aussi de jouissances incroyables : le BDSM. Bienvenue chez moi !

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