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Gay

Ces gays qui aiment se faire dominer par des mecs hétéros

Thomas Fap

Publié

le

Rien ne les excite plus que d’être dominés, humiliés voire abusés par des « maîtres hétéros ».  Qu’ils soient soumis, larbins ou money slaves, certains gays prennent leur pied, mentalement et/ou sexuellement en étant aux pieds de mâles alphas méprisants. Un curieux phénomène qui prend de l’ampleur…

L’hétéro tout puissant

Difficile d’expliquer d’où vient ce curieux fétichisme extrême de certains gays pour des hétéros qui les rabaissent. La première explication qui nous viendrait en tête serait le besoin de rendre agréable et érotique un traumatisme. Beaucoup de garçons ont souffert dans leur enfance, au collège ou au lycée, de la violence de garçons hétéros mesquins. Insultes, petites claques, terreur : des moments pénibles, atroces, qui peuvent laisser des traces. Se branler sur des mecs arrogants et dominateurs seraient en quelque sorte un moyen d’érotiser et exorciser ses vieux démons.

En explorant la chose sur l’inépuisable mine de fantasmes étranges qu’est Tumblr, on comprend vite que le simple fait d’être hétéro ne suffit pas à stimuler. Il faut que le garçon en question déborde d’une assurance et d’une suffisance crasse. Plus il en fait des tonnes dans le genre beauf décérébré et autoritaire et plus ça marche ! Ces dernières années, les « straight masters » se sont multipliés sur la toile. Ils ont en général une virilité exacerbée, un côté bad boy, une sorte de brutalité naturelle. Ils parlent mal et multiplient les insultes. Leur regard est aussi ferme que froid. Bref, le genre de « connard » que tout le monde déteste dans la vie de tous les jours mais qui la nuit tombée devient un objet d’excitation démesurée. Méchant, effrayant, il s’impose tout seul comme, d’après ses propres dires, un être supérieur.

Sur les blogs et tumblr d’alpha mâles hétéros dominateurs de gays, on retrouve un sens commun des formules. Ces mecs traitent leurs fans de « faggot » (PD), pratiquent une sorte de lavage de cerveau en s’inspirant des méthodes d’hypnose.

Le cérébral avant tout

maitre hetero 02Aux pieds d’un maître hétéro, on devient accro ! Vu qu’il est justement hétéro, peu de chances que le sexuel entre en ligne de compte. C’est là tout le sel et le caractère subversif de la chose. Si beaucoup jouent aux esclaves sexuels avec des dominateurs gays, le fait de passer entre les mains d’un hétéro cantonne le rapport de force à une substance extrêmement cérébrale. Ou le plaisir masochiste d’être un « sous-homme », un « pigeon », une « sous-merde ». Le maître peut se lâcher sur le dirty talk : moins il aura de scrupules, plus cela excitera son soumis qui ne demandera qu’à s’agenouiller devant lui, se faire « formater » et répondre à ses ordres comme un robot téléguidé. Une fois encore, il y a là-dedans le vertige de l’abandon de soi, le plaisir de mettre sa vie entre parenthèse, d’accéder à une autre dimension.

Exploitation

Quel intérêt pour des mecs hétéros de se livrer à ces drôles de jeux ? Un œil extérieur aurait vite fait de juger la chose et d’y voir des tordus homophobes abusant de la vulnérabilité et de la solitude de certains homos désaxés. Il y a peut-être une part de vérité là-dedans mais s’en tenir à cela serait une erreur. Il s’agit avant tout d’un jeu pervers entre deux personnes consentantes.

Le « vrai bon maître hétéro » est un homme joueur, vicieux, qui a une forme de respect pour ses « victimes ». Il maîtrise un vocabulaire précis, sait faire bander avec les mots, jouent sur les codes du fantasme de l’appartenance. Bien sûr, ce qui est motivant pour le maître hétéro est majoritairement l’argent. Les « cash masters » dressent et exploitent des gays désignés comme des « money slaves ». Soit des gays qui sont excités par le fait de « travailler pour gâter leur Dieu », lui envoyant de l’argent régulièrement ou piochant dans une liste de cadeaux Amazon élaborée. Une fois le présent reçu, qu’ils ne s’attendant pas à des remerciements. Le master n’est pas là pour être tendre, il trouvera cela normal que son esclave si inférieur lui fasse une offrande, balancera au mieux un « Good boy » (« C’est bien ») et agrémentera le tout d’un commentaire dégradant (« C’est bien, t’es vraiment ma grosse sous-merde », par exemple).

maitre hetero 04Forcément, le système engendre des dérives et de nombreux escrocs, pensant trouver là le bon filon, se prétendent être des Cash Masters. Mais ils ne dupent pas longtemps leur monde. S’il a envie d’être exploité, le money slave attend que s’établisse un lien, une relation où paradoxalement s’établit une confiance. Si un master lui prend 200 euros et ne donne plus de nouvelles, il ne donnera plus de signe de vie.  Les meilleures relations s’établissent sur la durée et le « cash fag » préfèrera un maître moins gourmand mais qui donnera de son temps pour le prendre en main, lui faire sentir son pouvoir sur lui et usera de psychologie pour combler son besoin de soumission, d’obéissance.

Comment l’industrie du sexe s’approprie-t-elle ce fantasme ?

A fantasme underground, système underground : la plupart des cash masters sont des mecs lambdas qui recrutent leurs esclaves sur des sites de rencontres, des applis, des petites annonces ou via des comptes Tumblr. Rares sont les relations maitre hétéro –esclave gay à se matérialiser dans la réalité. Le trip reste hautement virtuel. De quoi permettre aux esclaves de vivre leur vie « normalement » et d’assouvir leur soif de soumission dans l’anonymat, la discrétion, le temps de sessions Skype endiablées. Certains modèles de cams jouent sur ce délire pour gagner un max de jetons et de cadeaux.

Côté pornstar, la référence du genre est sans l’ombre d’un doute le machiavélique et ultra hot Sergio Mutty (près de 65 000 followers sur Twitter). Ultra dominant et hard, ce garçon bisexuel a un compte Cam4 on ne peut plus éloquent : il veut que ses esclaves le traitent comme un roi et effectue ponctuellement des sessions Skype avec ses « bitch » les plus généreuses. Ceux qui raquent le plus peuvent figurer sur son tableau d’honneur ou s’exciter en le regardant tendre ses pieds de mâle dominant. Révélé par le label x gay espagnol Hardkinks, Sergio Mutty a forgé sa réputation de bourrin intransigeant à travers des vidéos qui exploitaient le filon du sadisme de l’alpha mâle violent et vaguement crade, mêlant automatiquement la sexualité aux insultes, claques et crachats.

sergio mutty.jpg-largeSes publications sur Twitter consolident de jour en jour son rôle de brute narcissique, fière de sa bite, clamant à tout va que tous les mecs sont des lopes nées pour le servir. Pervers et généreux, Sergio poste régulièrement des photos et vidéos où il s’astique en faisant des grimaces de macho ou malmène des partenaires soumis et consentants. Sa belle gueule lisse contraste avec son attitude violente et son regard cruel. Il en fait des tonnes dans le genre bad boy et c’est ce qui plait tant.

En France,  c’est Domiaddict qui s’est imposé dans cette ultra niche. Au fil des ans, son site n’a eu de cesse de se radicaliser. Textes crus et humiliants à souhait, situations qui transpirent la transgression et la dépravation : c’est filmé de façon archi brute, ça se complait dans une esthétique glauque, l’antithèse du porno mainstream. En achetant les vidéos, les clients peuvent choisir un tarif normal ou un « tarif pigeon ».  Figure la plus énigmatique du x gay français, Domiaddict est un mec hétéro et propriétaire d’un sexclub dans le Sud de la France. Une personnalité insondable qui fascine et qui a ouvert la marche dans le porno gay hexagonal au porn participatif (n’importe qui peut postuler pour tourner avec lui, en revêtant une cagoule). A travers un groupe facebook, le master sadique et autoritaire entretient le mythe naissant qui se forge autour de lui en humiliant ses fans et « sous-hommes » qui ne demandent que ça.  Un jeu habile entre fiction et réalité,  vertigineux aussi dans sa façon de brouiller les cartes.

La question que l’on peut logiquement se poser face à ces pratiques hors normes est « Où est la limite ? ». Le trip est si transgressif et souterrain qu’il est ardu de jauger où le jeu s’arrête. Nous n’avons pas réussi à entrer directement en contact avec des money slaves. Nous avions une piste mais la personne a préféré annuler son témoignage, préférant garder ça pour elle et assurer sa discrétion. Un délire inavouable, tabou, qui excite, inquiète et grandit…

Thomas s'abreuve de porno depuis ses 15 ans. Après les premiers émois des VHS hétéros, il développe une passion débordante pour le x gay alors qu'Internet fait son apparition. Pornophage et curieux, tous les genres et fétiches attisent sa curiosité. Il partage ses fantasmes et addictions sur son propre blog, Gaypornocreme, et régulièrement pour le magazine gay Qweek.

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