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Libertinage

Fans de pieds !

Elise

Publié

le

Ils sont partout mais on ne les voit pas. Approchons-les, pas-à-pas.

Déshabiller et habiller

Le pied, avant de se révéler dans l’intimité, s’exprime publiquement au travers d’une chaussure. Cet accessoire s’est très tôt augmenté d’un aspect érotique, d’un pouvoir de séduction sur les hommes, pas toujours vu d’un très bon œil. Dans la Rome antique et dans des hauts lieux de la prostitution comme Pompeï, certains règlements interdisent aux femmes prostituées de racoler les hommes avec leurs chaussures ; c’est pieds nus – et sales – qu’elles doivent les aborder. Les Romains semblent donc avoir compris très tôt l’intérêt érotique de la chaussure. Pour des créateurs comme Christian Louboutin, cet intérêt est toujours aussi évident – voire lucratif – et il poursuit ainsi sa pensée : « Le soulier doit déshabiller et non habiller. Un soulier réussi est un soulier qui laisse la femme nue. D’ailleurs, une femme dénudée avec des souliers n’est jamais ridicule ». Ridicule, peut-être pas, mais sûrement licencieuse. Les pieds de femmes, avec ou sans chaussure, s’observent au ras du sol, et c’est sans doute ce qui caractérise le mieux cette fascination parfois honteuse et pourtant dans les premiers rangs des paraphilies recensées par l’Association Américaine de Psychiatrie. Le pied porte en lui tous les symboles de la soumission et de la domination, en même temps qu’ils sont le prolongement de la femme qui les montre ; ce double-aspect est au cœur des représentations littéraires sur les pieds et les fantasmes qui s’y attachent.

La Voix du X - Fans de pieds - Visuel (1)

Un fétichisme ancien

Un des premiers auteurs majeurs à s’être intéressé aux pieds de femmes est l’Allemand Leopold von Sacher-Masoch. On a fait de son œuvre la définition parfaite du masochisme, et celle-ci repose beaucoup sur le pouvoir d’attraction des pieds, et des accessoires qui vont avec : bottes, chaussures, notamment à talons. Ainsi la première des femmes qui compte dans l’œuvre de Sacher-Masoch, c’est Handscha. Lorsqu’il la décrit, elle porte des bottes de cuir rouge. Nombreuses seront les femmes cruelles, bottées de ce cuir rouge, dans l’œuvre de Masoch. Pour lui, Handscha est une madone de Raphaël, une de ces images primitives qui constituent son imaginaire torturé et délicieux. Les pieds qu’elle arbore à la manière d’une statue, elle sait aussi les utiliser pour dominer l’autre, par l’entremise de ce cuir rouge. La capacité des pieds à acquérir, grâce à cette peau supplémentaire, une autre dimension que leur simple plastique, leur confère donc une symbolique nouvelle : celle de l’écrasement, de la domination de l’autre. En écrasant un homme avec son pied, surtout son visage ou ses parties génitales, la femme dominatrice affirme sa supériorité totale sur lui, ce qui ne manque pas de faire jouir le principal intéressé, encore plus si elle porte des talons. Finalement, on n’est pas très loin de l’amour courtois des romans de chevalerie, où l’homme n’est guère plus que le porte-mouchoir d’une féminité portée au firmament.

La Voix du X - Fans de pieds - Visuel (4)

Comment aborder cette pratique ?

Première nécessité : l’hygiène des pieds. Elle sera très soignée pour ceux qui aiment la délicate pulpe des doigts de pieds féminins, à peine sortis de leur gaine de cuir, aux senteurs de chèvrefeuille et de lait d’ânesse… Tout un programme de douceur et de volupté, à caresser ou suçoter. Pour ceux qui, en revanche, apprécient la vie de manière un peu plus rude, l’hygiène importe moins. Beaucoup apprécient même l’odeur mûre et fleurant bon les sous-bois d’un pied qui a traîné toute la journée dans une chaussure trop étroite. Ce qui importe alors, c’est moins le contact direct des pieds que leur odeur parfois puissante, et qui, qu’on aime ou qu’on n’aime pas, possède d’indéniables propriétés enivrantes. Dans les deux cas, l’amour des pieds passent souvent par une mise à genoux du dominé, voire de son étalement face contre terre. Charge à la femme de parcourir ensuite délicatement le visage de son partenaire, ou de l’écraser rudement d’un coup de talonnette : l’effet voulu est différent et adapté au désir de celui qui cherche cette humiliation suprême. La pratique de l’écrasement par les pieds connaît d’ailleurs un intérêt renforcé avec la démocratisation des pratiques SM, qui date en France du début des années 80. On l’appelle le trampling et ces adeptes sont aussi nombreux que les fans de fessée. Certains hommes jouissent très rapidement au contact de pieds, d’autres chercheront des jeux plus longs, par exemple avec des chatouilles ! Cette pratique du tickling est beaucoup moins représentée, et flirte largement avec l’idée de torture, ici d’ailleurs le pied est la victime, il s’agit donc d’une inversion des termes classiques, un fétichisme sadique des pieds. On le voit, il en est des pieds comme des chaussures qui les habillent : il y en a de toutes sortes et mille manières de les user, de quoi prendre votre pied, et ceux qui passent à portée !

Étudiante en lettres modernes et libertine assumée. Mes deux passions: la littérature et le sexe. Que je peux enfin concilier sur ce blog, où je vous raconterai mes aventures sexuelles et autres coups de cœur et coups de gueule en rapport avec la sexualité. Bisous à tous (et à toutes, j'aime bien les filles aussi !).

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