Suivez-nous

Actu/News

Les gays et la bite

Thomas Fap

Publié

le

S’il y a bien une chose que tous les garçons ont en commun, c’est leur rapport particulier à Popol. Quand on est gay et célibataire, la bite est un sujet de discussion et de représentation inévitable. Comment les gays parlent et vivent avec leur teub ?

Quand on en a une grosse

Si ces dames aiment parler calibre entre elles et s’extasier quand elles ont trouvé le bon numéro, ce n’est rien comparé aux grosses foires que sont devenues les applications gays. On ne s’est jamais autant consommé les uns les autres et faire un plan cul est devenu banal. Et quand il s’agit de baise, on ne fait pas dans le sentiment. Peu importe que le mec soit gentil, intelligent ou qu’il ait le sens de l’humour : pour un plan direct, on demande toutes les infos sur la marchandise. Une des premières questions posées sur les sites et applis à un actif avant une rencontre est celle concernant son entrejambe. Est-il « bm » (« bien membré ») ou tbm (« très bien membré ») ou « ttbm (vous avez compris…).

Sur leur profil, les gros étalons fiers de leur paquet n’hésitent pas à se vendre en annonçant la couleur : ils sont XXL. Et ça appâte le chaland. Benjamin a le bonheur d’avoir été gâté par la nature : 21 cm au compteur et tout ce qu’il faut en épaisseur. Il nous explique que clairement c’est son gourdin qui intéresse plus que tout ses interlocuteurs quand il drague : « Au début, j’envoyais juste des pics de ma gueule et souvent on me répondait pas. J’ai un physique un peu banal. Pour voir, une fois j’ai envoyé une photo de ma bite bien dure. J’ai halluciné : c’était le jackpot, tous les mecs étaient en chien et me disaient qu’ils voulaient me sucer ou que je les baise. Maintenant, j’envoie les deux direct et je dois dire qu’à chaque fois que j’ai envie de tirer un coup, j’y arrive sans problème. Les mecs kiffent les grosses bites, ça les excite. Y a plus qu’à les chauffer un peu avec les mots et ça roule ».

gays_bite_01

Le « wording » a son importance et Benjamin avoue, rieur, en faire parfois un peu des caisses. « Tu vends ta teub comme un produit. Tu parles de ta grosse bite bien épaisse qui a envie de cracher, ça rend tous les passifs dingues. Et quand tu les rencontres, tu en rajoutes en leur demandant s’ils la trouvent bonne. Ma grosse bite m’a donné confiance en moi. J’en suis fier et ça me fait kiffer de voir que les mecs s’éclatent avec, qu’ils se régalent. Je suis bien conscient qu’un jour il faudra que je vois plus loin que mon dard et que je me pose mais là je profite ».

Le succès de notre garçon ttbm est encore plus fort auprès des étrangers d’après ses dires : « Je suis français et je ne suis pas circoncis. Pour eux c’est exotique, ils en peuvent plus ». Régulièrement, Benjamin prend des photos à la gloire de son manche qu’il partage généreusement : « C’est un peu bizarre de photographier sa queue la première fois mais je trouve que ça devient un peu excitant. Surtout quand tu sais que t’es au-dessus de la moyenne. Tu la prends au repos, avec la gaule, tu la photographies à côté d’une cannette ou d’une télécommande pour que les gars voient bien que c’est du lourd ».

Cet attrait et cette fascination pour les gros outils ne date pas d’hier et elle est omniprésente dans le porno gay où les mâles montés comme des chevaux sont toujours valorisés. Certaines productions n’hésitent pas à tomber dans la surenchère de façon délirante. Il n’est pas rare ainsi de voir des textes de présentation promettant des tiges de 25 cm alors qu’en réalité le modèle ne compte « seulement » que 20 centimètres de matos.

Quand on en prend soin

gays_bite_03

Avoir une grosse bite, c’est bien, mais il faut aussi bien l’entretenir. Soit vous avez la pilosité parfaite, soit il va falloir mettre un peu la main à la pâte. On investit dans un rasoir et on débroussaille pour que ce soit clean, doux, agréable. Car si certains mecs apprécient les membres bien poilus, beaucoup n’apprécient pas particulièrement de se retrouver avec des poils dans la bouche quand ils s’adonnent à une fellation.

Il y a aussi des accessoires connus et reconnus comme le cockring, qui donne un petit côté fetish et qui rend les érections et l’esthétique de la queue plus impressionnante, imposante. Les plus téméraires oseront se faire faire un piercing au dard pour que les pompeurs gourmands s’amusent avec de nouvelles sensations. Plus classique et sympa, le déo ou parfum pour teub est de plus en plus prisé (et désormais vendu en pharmacie !) et garantit un bon goût.

Quand on en a une modeste

Forcément, entre mecs, on a plus tendance à se la comparer quand on baise. Et certains en souffrent. Car tout le monde ne nait pas nécessairement avec le même cadeau, les mêmes atouts. A l’opposé de Benjamin, Victor est « mal membré », un petit 12 cm en érection. Et il ne le vit pas toujours bien : « Quand je suis en couple ça va, les mecs s’en fichent. Mais pour les plans culs, c’est devenu un vrai problème surtout quand t’es actif. On te demande tout de suite des photos de ta bite, sa taille. Et quand tu n’es pas en mesure de faire rêver, tu es écarté d’emblée. Comme certains disent « mecs masculins only » ou « pas de blacks ou d’asiats », il y a une forme de racisme, de discrimination pour la queue. On voit des profils qui spécifient « tbm only ». Avec ceux-là, je sais que c’est mort ».

gays_bite_04

Face à des garçons de plus en plus gourmands, comment faire ? Victor a développé « une technique ». Là aussi, tout est dans la façon de présenter les choses : « Je n’envoie pas trop de photos et si c’est obligatoire c’est assez facile de prendre une pose qui arrange. Mais surtout je prends les devants. J’explique sur un ton détendu et un peu déconneur que je suis pas monté comme un cheval, que j’ai un calibre modeste mais que j’adore enculer (rires). Je joue aussi souvent la carte de la domination. Si tu es un bon bourrin et que tu joues pas mal sur le cérébral, les mecs se foutent de l’esthétique et de la taille, ils en font abstraction ».

Toujours est-il que sur les applications, les demandes de gros calibres se sont intensifiées. Victor admet : « C’est vrai que j’emballe plus de mecs dans un bordel que via les applis. 80 % des mecs  online bloquent quand tu as moins de 15 cm ».

Quand on est passif

Si la grosse bite est associée majoritairement à l’actif, qu’en est-il pour les passifs ? Benjamin dit ne pas prêter trop d’importance à la taille du membre de ses partenaires : « Moi c’est leur cul qui m’intéresse. Le cul, c’est la bite du passif si on peut dire. On me demande des pics de teub, je demande des pics de fesses. Mais je pense être moins obsessionnel. C’est plus dans une démarche équitable. Et ça fait toujours plaisir un bon petit cul. J’ai des potes qui aiment les passifs à grosse bite mais je pense que c’est un trip à part ».

gays_bite_05

Le sexe du passif peut toutefois devenir un sérieux objet de fétiche, notamment dans des rapports domi-soumis. Souvent le dominateur pourra apprécier que son « soumis » se rase intégralement. Un sexe tout épilé / rasé, c’est un peu de virilité en moins, un côté lisse, « femelle ».

Quand on se compare

gays_bite_06

Benjamin et Victor s’accordent pour dire que la bite est un sujet inévitable quand on est gay. « Si on est gay après tout, c’est aussi et surtout parce qu’on aime la queue ! (rires) On s’en parle beaucoup entre potes. C’est toujours cool un mec à grosse bite » lance Benjamin. On vante les mieux fournis, on complexe les moins bien lotis, on juge et on compare encore et encore. Aux yeux de Victor : « Souvent j’ai l’impression que c’est le vestiaire permanent. On ne peut pas s’empêcher de comparer sa tige à celle de l’autre. Quand comme moi on n’est pas forcément à la hauteur, il faut faire avec et apprendre à l’aimer. C’est important pour un gay, de faire la paix avec sa queue et d’être en accord avec. ».

Thomas s'abreuve de porno depuis ses 15 ans. Après les premiers émois des VHS hétéros, il développe une passion débordante pour le x gay alors qu'Internet fait son apparition. Pornophage et curieux, tous les genres et fétiches attisent sa curiosité. Il partage ses fantasmes et addictions sur son propre blog, Gaypornocreme, et régulièrement pour le magazine gay Qweek.

Populaire

Merci de désactiver votre bloqueur de publicité pour accéder à ce site.

ADBLOCK a cassé ce site en voulant supprimer son contenu publicitaire.
Désactivez ADBLOCK pour consulter nos articles.