Porno accro au bedo

Champs canna

Les pornostars raffolent du cannabis. Sur ou hors tournage, nombre d’entre elles sont défoncées. Depuis quelques temps, la mode est même de se déchirer face à la caméra. Pourquoi n’ont-elles pas que le cul qui fume ? Enquête.

D’abord un constat : sur quasiment toutes mes dernières interviews, les actrices m’ont avoué que fumer des joints faisait partie de leur quotidien. Certaines comme Karla Kush ou Jenna Sativa ont même lié leurs noms à leur passion. Remarquez, dix ans en arrière, en France, en Europe comme aux Etats-Unis, la même observation aurait pu être dressée. En privé, en soirée, les pétards n’ont jamais cessé de tourner dans le porno, microcosme artistique hors-norme y compris dans le mode de vie de ses acteurs. La tête dans le gaz, plus enclins à baiser, les vertus aphrodisiaques de la ganja font naturellement bon ménage avec la profession.

amatrice bangCowboy Marlboro 2.0

Mais la modernité a apporté son lot de nouveautés. Désormais, les actrices ne se cachent plus pour fumer, c’est même devenu un genre porno à part entière. En vidéo ou en direct, face à une camera ou son avatar pour le web, des centaines de jeunes femmes font les plus jolis ronds de fumée possibles en tirant sur d’énormes cônes de kush ou de haze (t’es plutôt indica ou sativa ? Vaste débat…) tandis que de l’autre côté de l’écran les branleurs fous convulsent de plaisir devant les gros plans sur les lèvres. Goddess Mascha, dominatrice haut de gamme, en a fait une des spécialité : « Les connectés veulent que je rejette la fumée lentement, en ronds ou que j’approche mes lèvres de la cam. Ce n’est pas facile, j’ai dû apprendre la technique en matant des tutoriels sur Youtube. J’ai commencé avec des clopes mais on me demandait fréquemment de le faire avec des joints ».

canna pussyPuff Puff Porn

Le puff puff porn, on l’appellera comme ça, répond à une demande, parce que vous êtes une belle bande de défoncés, les coquins ! Toujours à la pointe, Pornhub a recensé quelques statistiques pas si farfelues à l’occasion du 20 avril 2015. Un jour spécial outre-Atlantique car c’est le vingtième jour du 4ème mois, d’où le fameux « 420 », nom de code donné à une espèce de fête de la musique, version cannabis, célébré tous les ans à la même date. On apprend que les 18-24 ans ayant tapé le mot weed sur leur clavier seraient plus de deux fois plus nombreux à se branler que les autres. Dans le Vermont (haut lieu de passage et donc de trafic entre Montréal, Boston et New York), le Colorado, la Californie, l’État de Washington, en gros tous les États américains où le cannabis est en vente libre, la moyenne de fap est supérieure de 25 à 44 % à celle nationale. Sur ce site de fion, les mots-clés le plus souvent accolés à celui de weed sont : smoking, sex, high, teen, horny et lesbian. Les filles foncedées, ça fait donc bander.

Lexi Belle BangLe bang : nouveau god(e)

Mais les actrices ne se contentent pas d’alterner ronds de fumée et ronds de jambes. La nouvelle génération a fait évoluer la recette, s’habille avec des hautes chaussettes écossaises, des strings-ficelles et s’éclate la gueule avec de gros bangs. Le film le plus emblématique de la mouvance est sans conteste « Viewer Discretion is Advised », réalisé en 2013 par Aiden Riley et produit par Belladonna. Chaque scène de ce film lesbien hardcore est introduite par cinq minutes où Aiden et ses copines Ash Hollywood (un pseudo parlant), Kimberly Kane ou Riley Reid tombent de grosses douilles en recrachant une fumée de ganja dense et opaque. Le hard qui suit est complètement perché, entre gros fists des pieds et mains enfoncées jusqu’aux poignets. Toutefois, celle qui avait la réputation d’être la plus grosse tox’ du circuit est Kristina Rose. Celle qui était une bombinette a même salement déconné sur le spliff au point de se dégrader physiquement et d’apparaître complètement à la ramasse. Pour l’anecdote, à Vegas, elle se serait même chiée dessus au cours d’un diner professionnel. Le haut des chaussettes en témoigne encore…

AVN Adult Entertainment Expo 2013 at Hard Rock Hotel & Casino in Las Vegas Featuring: madison ivy Where: Las Vegas, Nevada, United States When: 16 Jan 2013 Credit: David Durocher/WENN.comTalk show et réseaux sociaux

Preuve qu’aucune autre corporation n’est aussi portée sur la marie-jeanne, les émissions mêlant actrices porno et gros joko fleurissent sur la toile. Depuis 2013, dans l’émission Getting Doug with High, l’animateur Doug Benson invite des célébrités à se dépouiller sur son plateau et nombre de pornstars s’y succèdent : Riley Reid, Janice Griffith, April O’Neil. La chaîne de télé de l’organisateur de salon Exxxotica diffuse en ce moment une web série baptisée Wake and Bake où les actrices  (jusqu’ici Abella Danger, Vicky Chase et Keysha Grey) sont interviewées, allongées sur un lit avec un gros splif au bec. À côté, Fogiel et son divan sont définitivement pour les vieux croulants. Autre pilier du puff puff porn, les réseaux sociaux sont comme toujours aux avant-postes. Keisha Grey y exhibe son tatouage sur le majeur en forme de feuille de chanvre. Dakota Sky se filme tirant de gros bangs dans son SUV, Madison Ivy montre ses nichons et accessoirement comment elle cultive avec amour ses plants dans un immense champs de ganja. La règle qui veut que les acteurs d’un porno ne doivent être ni sous l’emprise de l’alcool, ni celle de la drogue est largement explosée. Ça tombe bien, elle n’a jamais été respectée…

layla-price-weed2De la beuh au nom d’actrices

Si les sextoys restent majoritaires pour ce qui est des produits dérivés associés à l’image des pornstars, la weed et ses avatars ont fait une entrée fracassante sur le marché. Il n’est pas rare que graines, pipes à eau, space cakes, bouillons de bœuf et autres produits de beauté à base de chanvre cannabique aient désormais une marraine porno. L’Anglaise Michelle Moist, les Américaines Skin Diamond et Lizz Tayler sont parmi celles qui ont dealé avec des breeders (producteurs et généticiens) renommés pour avoir des graines de canna à leur nom. Layla Price est allée plus loin en s’associant à Natural Cannabis, tout comme le groupe de hip hop Die Antwoord, pour produire une plante hybride au doux nom de Gorilla Glue 4. Les taux de THC et de testostérone n’ont jamais été aussi liés…

Dimitri Largo

À propos de Dimitri Largo

Journaliste professionnel depuis 2003. Rédacteur du magazine Hot Video de 2007 à 2014.