Molly Saint Rose : « Avant le porno, j’étais pucelle »

Molly aime sucer des queues et prendre son cachet, bien entendu. Mais est-ce là l’essentiel ? Pas pour elle. Lunaire mais déterminée, romantique mais salope, Molly Saint Rose a découvert l’acte sexuel dans le porno. Entretien avec un OVNI.

LVDX : Molly, tu viens de Hénin-Beaumont, t’as eu des contrôles à la frontière ?

Molly Saint Rose : Tu dis ça parce que je viens de Marineland (NDLR : Hénin-Beaumont est le fief de Marine Le Pen), mais comme personne ne sort, personne ne peut savoir qui vote pour qui. Même si dehors, c’est mort, je me vois mal demander à quelqu’un que je croise : « pour qui t’as voté ? ».

Ça baise beaucoup là-haut ?

Oui, les mecs du nord ont chaud au cul, mais globalement, ils ne l’assument pas.

Comment as-tu atterri dans le porno ?

Sur Twitter, j’ai commencé à publier des selfies érotiques et l’acteur Rico Simmons m’a remarquée. Il a parlé de moi à John B.Root et j’ai tourné ma première scène avec lui et Rico, en février dernier. J’ai tourné plus d’une vingtaine de scènes depuis, pour des tas de réalisateurs. J’ai rattrapé le temps perdu.

À 20 ans, je dirais plutôt que tu ne perds pas de temps…

Je n’avais jamais eu de relations sexuelles avant de faire ma première scène.

Tu me dis bien que tu as été dépucelée sur un tournage, je n’hallucine pas ?

Oui. Je n’avais jamais couché avec un homme avant ma première scène. J’étais pucelle. Je n’avais même jamais eu de copain. J’ai découvert la pénétration avec le porno. Je l’ai sentie passer la bite de Rico !

J’en reste sans voix… Ne fut-ce pas trop violent dans ton esprit ? L’as-tu bien vécu ?

J’avais un état d’esprit neutre. Après, je ressentais de la joie. C’était un rêve depuis que j’avais 13 ans et j’ai attendu 20 ans pour le réaliser.

Avant ta première scène, tu devais avoir les hormones en folie !

J’étais introvertie, je n’allais pas vers les gens, je n’intéressais pas les mecs. Ils se foutaient de ma gueule, pourtant j’avais envie de connaître ça.

Vois-tu le porno comme une revanche ?

Non. J’ai rattrapé le temps perdu. Franchement, je n’ai pas de compte à régler. Je pense à moi avant tout. Les gens d’avant, je m’en fous.

À part t’exhiber sur Twitter, que faisais-tu ?

Je recherchais un emploi. J’ai arrêté l’école à 17 ans. Je détestais ça. J’ai toujours eu un problème avec l’autorité. Pour moi, c’était une prison. Quand on me fait chier, il y a de grandes chances que je devienne agressive. Quand je tombe sur des connards, je me maîtrise mal.

Ta première pipe fut-ce aussi à l’occasion d’une scène ?

Ouais, j’ai aimé.

Tu devais forcément appréhender, non ?

Non, j’étais surtout curieuse de savoir ce que ça fait d’avoir une bite à l’intérieur. Le ressenti dépend de la bite et de la manière dont le mec s’en sert. Après, j’évite d’écouter les conneries racontées sur les réalisateurs et les acteurs. On te dit ci ou ça et quand tu rencontres les gens, ils ne sont pas comme on te les a décrits. Il n’y a pas lieu de noircir le tableau.

Maintenant, tu as lâché le dragon…

Ouais. C’est ça le problème avec le sexe. C’est comme la coke : quand tu goûtes, tu ne peux plus t’en passer. C’est bien pour ça que je ne me défonce pas ! Mes seuls vices sont la cigarette, le Red Bull… et la baise. Après, j’aimerais expérimenter des trucs comme le BDSM. J’aime la douleur, en donner et en recevoir, les combi latex et tout ça ; les étranglements et les fessées aussi. Je viens de tourner un J&M où j’étais en soumise, dominée par Nora Luxia.

Combien de scènes à ton compteur pour Jacquie & Michel ?

Quatre. La première avec un seul mec, la seconde avec deux, la troisième, en soumise avec Nora Luxia et un autre mec et la dernière, avec trois acteurs.

Aimes-tu réellement les filles ?

Je suis bisexuelle depuis toujours.

Tu as un style particulier… Tu aimes la jouer lesbienne, non ?

Ouais ! Ado, j’avais les cheveux longs jusqu’au cul. Ça m’a saoulée de les entretenir.

molly 2Dans la rue, te reconnaît-on ?

J’aime bien du moment qu’ils ne deviennent pas trop collants. Quand ça reste : « merci qui ? », moi, je réponds : « merci Jacquie et Michel ! ».

Te fixes-tu des limites ?

Non hormis tout ce qui est scato et zoo. C’est extrême et dégueulasse. Par contre, l’uro, je le ferai.

Pour une fille qui était vierge en début d’année, ça fait beaucoup d’un coup !

Faut savoir le gérer ! Ne pas aller trop vite ! Ça va être chaud de durer dans le milieu, mais pourquoi pas… Je parle un peu anglais, j’ai envie de voyager. D’ailleurs, je pars à Madrid faire un Public Disgrace pour Kink. Le regard des autres m’excite. Faut choquer les gens !

Quel est ton type de mec ?

Les vieux, plus de 50 ans !

Ah ouais, quand même…

Ouais, j’aime bien avoir un « papa » ! Je n’ai jamais été attirée par les jeunes de mon âge, que ce soit physique ou mental. Les vieux ont de l’expérience, du vécu, c’est ce qui fait la différence.

Quelle est la définition d’une bonne baise pour toi ?

Faut que ça tape dans le fond. J’encaisse bien !

As-tu fait de l’anal aussi dans la foulée ?

Oui, pour la première fois aussi, début mai. Par derrière, c’est électrique ! C’est serré ! Ça t’envoie des frissons dans tout le corps !

Tu te prépares avant ?

Non, j’y vais cash !

Le sperme, tu aimes ça ?

Ça va. Ça dépend du mec. Tous les spermes n’ont pas le même goût. À choisir, je préfère que l’on éjacule sur mes seins.

As-tu des modèles en actrice ?

J’aime bien Brigitte Lahaie.

Je ne te parle pas d’Egyptologie…

Cette meuf-là, c’était quand même la reine du porno.

Tu n’étais même pas née !

Oui, mais j’aime bien les classiques.

Molly 3Le porno scénarisé ?

J’aime bien les films à histoire. J’aimerais bien faire un Jacquie & Michel Elite ou un Dorcel. Je ne suis pas Meryl Streep, mais j’essaie de faire de mon mieux.

Comment occupes-tu ton temps libre ?

Maintenant, j’ai un copain. J’aime bien regarder des séries avec. Je découvre, c’est nouveau pour moi.

T’es romantique !

Le libertinage aussi m’intéresse. J’essaie de devenir libertine. Je découvre la sexualité.

Pourrais-tu lui amener une fille à la maison ?

Oui, mais je prendrais bien soin de la choisir pour qu’elle soit encore plus moche que moi.

Te sens-tu laide ?

Non, je suis parfaite…

Manier l’ironie vaut toutes les qualités physiques. Le porno t’a-t-il aidé à t’aimer ?

Non, mais il donne confiance en soi. Personnellement, je suis moins timide. Avant, je n’osais pas parler aux gens ; maintenant, quand j’ai un problème, je vais le dire. Je me sens mieux.

Y a-t-il un soupçon de féminisme dans ta démarche de faire du porno ?

Je suis 100% féministe. Une femme a le droit de faire tout ce qu’elle veut de son corps. Si elle a envie de se prendre trois bites dans le cul, elle le fait et qu’on ne lui dise pas : « c’est dégradant, tu ne devrais pas le faire ». Une femme doit avoir les mêmes libertés qu’un homme, y compris sexuellement. Après, je ne suis pas féministe comme Ovidie… (Elle cherche ses mots). Je suis féministe pro-sexe, voilà.

Te sens-tu une âme militante ?

J’aime bien ouvrir ma gueule sur des sujets. Si on me demande de prendre la parole sur des sujets féministes, je le fais.

Tu es plutôt cigale ou fourmi ?

Faut me domestiquer, je suis une énorme dépensière. J’ai le syndrome de ma mère ; j’achète tout et n’importe quoi : des fringues, des livres…

Et sinon, te masturbes-tu à tes heures perdues ?

Je me branle, oui, une fois par jour, quand j’en ai envie, comme si j’allais manger un gâteau. Le sport, je le fais en chambre.

Tu lis, un peu ?

De tout. Des magazines, sinon en littérature classique, j’ai lu Maupassant, Sagan, des trucs comme ça… Je suis autodidacte, je n’aimais pas aller à l’école, mais je filais à la bibliothèque. Tout ce que je sais, je l’ai appris moi-même. Maintenant, la technologie a tendance à rendre les gens un peu idiots.

T’aimes le monde dans lequel on vit ?

C’est un beau monde mais ce serait mieux si on n’était pas là.

Molly Saint Rose

20 ans
Originaire de Hénin-Beaumont
1m70
53 kg
95C

Dimitri Largo

À propos de Dimitri Largo

Journaliste professionnel depuis 2003. Rédacteur du magazine Hot Video de 2007 à 2014.