Une carrière, de eros à thanatos

Comme on l’a démontré dans un précédent article, les actrices porno ont un passé et… un avenir. Une famille, un métier, la vie quoi. Après leur passage dans le porno, les actrices ont tendance à effectuer des changements radicaux. Lucía Lapiedra n’échappe pas à la règle.

Si Míriam Sánchez Cámara est plus connue dans le monde du X sous le pseudonyme de Lucía Lapiedra, elle l’est encore plus sous le sobriquet de The queen of porn [La reine du porno]. Née en janvier 1981 à Madrid, elle y a reçu, de son enfance à son adolescence, une éducation religieuse. Oui mais voilà, le côté obscur de la force vous rattrape toujours, un jour et, c’est vers l’âge de 25 ans, qu’elle entama un virage à 180° pour se lancer sur les plateaux du hard. Si son passage y fut éclair [sa carrière d’actrice couvre les années 2005-2007] et qu’elle ne tourna que dans quelques films pour adultes, elle y fut quand même l’une des actrices les plus recherchées.

Toujours la même histoire… L’amour, la mort…

C’est alors qu’elle est étudiante en ingénierie informatique à l’université de Salamanque qu’elle rencontre le réalisateur Ramiro Lapiedra, avec qui elle débute une relation amoureuse. C’est lui qui va la propulser sous les sunlights du X. Elle lui devra, ainsi qu’à son frère Pablo, les quelques films de sa courte carrière. La Santidad del mal en 2005, pour lequel elle reçoit le Ninfa Award de la meilleure starlette espagnole au festival international du film érotique de Barcelone [FICEB]. Elle y est d’ailleurs nommée l’année suivante dans la catégorie meilleure actrice espagnole, pour sa prestation dans le film Posesión [Possession] du même duo, aux côtés de la nymphette colombienne Lupe Fuentes [La célèbre Little Lupe, qui deviendra l’épouse de Pablo Lapiedra et défrayera la chronique en 2011, pour une affaire de pornographie infantile]. S’ensuivront la même année et toujours avec la même équipe, Depravada et Obsesión, puis en 2007, La venganza de las ninfas]. Mais les deux frères n’ont pas le monopole de ses talents, car on la retrouvera dans Let me breathe et Nacho rides again de Nacho Vidal.

À l’époque des tournages X, la reine du porno n’avait pas peur des gros calibres.

C’est après avoir abandonné sa carrière, mais aussi après avoir mis fin à sa relation avec Ramiro Lapiedra et s’être tirée d’une dépendance à la cocaïne, qu’elle revient sur le devant de la scène, en démarrant une nouvelle carrière, comme collaboratrice à la direction exécutive du programme TNT sur la chaîne Telecinco et parallèlement comme consultante sexo à la version espagnole de la revue FHM. L’un n’allant pas sans l’autre c’est dans ce nouveau milieu médiatique qu’elle rencontre le journaliste sportif, Pipi Estrada, avec qui elle vivra une belle histoire jusqu’en 2013 et aura une fille en 2007 : Míriam.

Redevenue Míriam Sánchez, elle fait une brillante carrière sur la chaîne Telecinco.

Une reconversion hors des conventions

En 2008, elle participe à l’émission de téléréalité Supervivientes : Perdidos en Honduras [Survivor : perdus au Honduras] qui fait exploser sa popularité lorsqu’elle le remporte après 70 jours. Cette même année, elle participe au programme court de Telecinco Becarios dans lequel elle interprète Miriam, la « cruelle patronne », puis devient chroniqueuse de l’amour sur le programme Mujeres y hombres y viceversa [Femmes et hommes et vice-versa].

Toujours aussi canon et élégante, elle fut une animatrice sexo au top !

Mais aujourd’hui, c’est à un revirement sans précédent auquel elle se prépare. Déjà, elle a décidé de mettre ses implants mammaires aux enchères [mise à prix de 500 euros], ce qui a déclenché un effet viral sur les réseaux sociaux. D’autre part, la belle blonde a annoncé qu’elle avait décidé de suivre une formation de… maquilleuse funéraire ! L’une des spécialités de la thanatopraxie. Passer des plateaux du porno, à ceux de la télé pour arriver au final dans les salons funéraires ou les morgues pour exercer son art [nouveau] sur des cadavres, voilà qui en a surpris plus d’un.

On regrette un peu l’époque où elle se maquillait au « bio ».

Comme toujours dans ces cas-là, les mauvaises langues se déchaînent, arguant du fait que la vente de ses [faux] seins et son revirement de carrière sont dus à une sombre passe financière, alors qu’en réalité l’abandon de ses prothèses est dû d’un côté à des problèmes de santé et de l’autre, au fait qu’elle souhaite définitivement rompre avec son passé de pornstar. Elle est d’ailleurs actuellement à l’affiche, dans la pièce Love is in the air et interprète le rôle principal dans le film Cosmética terror de Fernando Simarro. Elle se prépare donc à entamer cette formation d’un an, qui contient 300 heures d’études théoriques et 160 séances de pratique. Du porno à la tanatoesthétique et à la thanatopraxie ! Si comme le dit l’adage, tous les chemins mènent à Rome, le cul, lui s’ouvre sur diverses voies.

Cécile Saint Laurent

À propos de Cécile Saint Laurent

Ancienne actrice de X des années 80, reconvertie dans le journalisme et éditrice de sites Internet X. Sous pseudonyme dans un souci de discrétion, mais toujours bien informée des dessous du milieu.