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Actrices

Une ex-star du porno condamnée en appel

Cécile Saint Laurent

Publié

le

À la cour d’appel de Draguignan [Var], le réexamen du dossier d’Ichraq, alias Jasmine Arabia, et de son mari Raphaël C., condamnés, en première instance en novembre 2016, a été confirmé le samedi 10 février dernier.

L’affaire remonte à 2010, alors que deux collégiennes en crise étaient hébergées par le couple, déjà bien présent sur la scène pornographique. Lui, 46 ans, au moment des faits, était un ancien braqueur reconverti en poseur de parquets, qui s’était lancé dans l’industrie du X, alors que sa femme Ichraq, 26 ans, rencontrée au cours d’un séjour au Maroc, connaissait un franc succès dans le hard sous le pseudo de Jasmine Arabia.

Sur les quatre années qu’on duré sa carrière [2010-2014], elle aura tourné pour des studios tels que JTC Vidéo comme dans Week-end entre couples, Je fais cocu mon mari, Beurettes allégées, Un plan Q parfait, La zone, Le dick-tator, tous réalisés par Olivier Lesein et aura également été l’une des égéries de John B. Root, comme dans Gonzo, mode d’emploi ou Mangez-moi ! ou pour les shootings du site du réalisateur, Explicite-Art.

Jasmine Arabia, une femme au final, mi-ange mi-démon.

D’une dérive, l’autre…

Entre juin 2010 et mars 2011, ils hébergent donc deux adolescentes en rupture parentale, alors âgées de quatorze ans. Pour les juges, le couple a, à l’époque, donné accès aux collégiennes à des photos et des vidéos pornographiques, leur a permis d’assister à des tournages [à ce moment là, Raphaël C. s’improvisait réalisateur amateur de films X] et a été jusqu’à avoir des relations sexuelles avec les jeunes filles et même à plusieurs. Le tout agrémenté de consommation d’alcool, de cannabis et de poppers.

Le scandale est arrivé par la mère de l’une des jeunes filles, qui a porté plainte au commissariat de Nice en mars 2011. Relayée par le quotidien Nice-matin, l’affaire avait fait grand bruit, car c’est au bout de presque quatre ans d’instruction que la cour d’assises des Alpes-Maritimes avait condamné les prévenus, après quatre jours de débats à huis clos, respectivement à quinze ans de détention à l’encontre de Raphaël C. et à six ans de prison pour Jasmine Arabia, le 11 novembre 2016. Le couple avait alors fait appel de ce jugement.

Jasmine Arabia, à sa grande époque.

Un nouveau verdict

Si le rapport de l’un des psychiatres avait décrit l’une des jeunes filles comme « une adolescente très perturbée et victime d’hallucinations », que le couple persistait à nier les faits dans leur ensemble et qu’aucune preuve « physique » [présence de photos dans l’ordinateur ou de vidéos dans la caméra du couple, mettant en scène les victimes] n’avait pu être trouvée, la personnalité violente et manipulatrice de Raphaël C. et celle très soumise de son épouse, les auront beaucoup desservis. L’avocat de la partie civile, Me Yann Crespin, avait d’ailleurs déclaré à l’époque : « Malgré des éléments probants, les accusés ont persisté à nier. La reconnaissance de leur culpabilité est une grande satisfaction. » [Source : Nice-matin].

Il n’aura fallu que cinq jour, cette fois-ci, à la cour d’appel de Draguignan, pour confirmer la culpabilité du couple. Le verdict du Président François Guyon a été clair. La condamnation de Raphaël C. a été confirmée, à quinze ans de prison. Quant à Jasmine Arabia, elle a vu sa peine allégée à quatre ans de réclusion, l’un des deux viols n’ayant pas été retenu à son encontre.

La défense des accusés, assurée par Éric Dupond-Moretti et Éric Scalabrin, n’aura apparemment pas suffit pour que l’ancienne actrice, qui déclarait pourtant en 2013 au site roadsmag : « Je viens d’un pays ou les femmes et les enfants sont à vendre, la pédophilie comme la prostitution constituent une énorme partie du marché du tourisme marocain : certaines jeunes filles (comme trois de mes cousines) ont été mariées de forces dès l’âge de seize ans avec un mari qu’elles n’avaient pas choisi. Donc qui doit avoir le plus honte ? Moi qui vis honnêtement de mes charmes, ou ceux qui tolèrent et organisent ce qui se passe là-bas ? Qui ? J’assume qui je suis et ce que je fais, et je n’ai de leçon à recevoir de personne. », échappe à la prison.

Ancienne actrice de X des années 80, reconvertie dans le journalisme et éditrice de sites Internet X. Sous pseudonyme dans un souci de discrétion, mais toujours bien informée des dessous du milieu.

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