La présentatrice télé, fantasme universel…

Au diable les infirmières, les maîtresses d’école, les hôtesses de l’air. Et si le fantasme masculin universel était la présentatrice de télévision ? Laurent vous le dit : « On a tous dans le cœur une belle femme télévisée, qui présente le journal, avec sensualité… » La fraîcheur craquante de Fanny Agostini, le teint sucré de Séverine Ferrer, l’assurance dominatrice d’Anne-Sophie Lapix, la milfitude inaltérable de Claire Chazal, le sourire malicieux d’Anne-Gaëlle Riccio… Cherchez bien ; il en est forcément une qui embrase l’étincelle du fantasme au fond de vos yeux de téléspectateur. Et il n’y a aucune honte à l’admettre, pour la très bonne raison que c’est précisément leur boulot.

Anne-Gaëlle Riccio, pour toujours dans mon cœur…

Avant de vous insurger contre la teneur machiste d’une telle assertion, je vous propose de vous livrer à une petite expérience. Retirez la « pétillante » présentatrice d’un journal télévisé (c’est bien connu, les présentatrices télé sont toujours « pétillantes »). Que vous reste-t-il ? Réponse : un plateau au look rétro-futuriste de mauvais goût, et un vieux monsieur, généralement particulièrement austère, qui énonce d’une voix traînante le bilan humain d’une catastrophe ayant ravagé un pays où vous ne foutrez jamais les pieds. Autant écouter la radio. Plus drôle, maintenant. Retirez le présentateur masculin, cette fois-ci. Que vous reste-t-il ? Réponse : un porno !

Evidemment, le porno a très vite compris le potentiel érotique de la présentatrice télé. Et l’on trouve, sur les tubes, nombre de vidéos polissonnes surfant sur le concept de la belle journaliste de plateau déclamant les news avec, pour unique composante pornographique, le fait de déshabiller, d’emblée ou progressivement, ladite journaliste. Pas de gros chibre turgescent. Pas de bonne pipe baveuse. Pas de sexe lesbien ou de maxi-dildo. Rien qu’une pulpeuse jeune femme en tailleur stricte, annonçant les nouvelles fraîches, l’air impliqué, pendant qu’elle se défait petit à petit de ses atours. C’est dire l’évidence du fantasme…

Il est, qui plus est, parfaitement international. La télé, le support comme le médium, s’étant imposée dans les foyers du monde entier, on retrouve le concept de JT partout dans le monde et, avec lui, sa parodie porno. Pour peu qu’on parle anglais, espagnol ou encore russe, on a ainsi la joie de voir la sosie de la Marie Drucker locale nous relater une somme d’événements aussi indatables qu’invérifiables, bien que sans doute véridiques, au cours d’un strip-tease à la croisée des chemins entre le show érotique et la présentation de la météo. International, on vous dit !

Mais les seuls à avoir jusque là transcender le concept, à l’exception de quelques studios américains qui ont saisi l’occasion pour nous refourguer encore une fois du gonzo à peu de frais, ce sont les japonais avec l’improbable « Bukkake News », un cross-over parfaitement absurde et pourtant tellement efficace. Dans ce genre de productions, une journaliste imperturbable égrène les toutes dernières infos en matière de sport, de politique ou de société (Ne me demandez pas précisément, je ne parle pas un traître mot de japonais…), pendant qu’un flot ininterrompu de mâles anonymes vient lui éjaculer au visage et, à l’occasion, lui mettre un petit coup de bite.

Outre la sempiternelle obsession nipponne pour les fluides corporels, là où la mise en scène se révèle particulièrement géniale, c’est qu’elle saisit l’essence même de ce qu’est la speakerine dans sa conception télévisuelle : une femme, prisonnière du petit écran – les speakerines originelles étaient à disposition des chaînes de télé de 9h à 23h – tenue d’assurer l’antenne quelles que soient les circonstances, qu’il pleuve, qu’il vente, ou qu’il neige du foutre

Et c’est peut-être à ça que tient notre fantasme pour les présentatrices de JT : l’idée rassurante de savoir que, quoi qu’il arrive (accident nucléaire, troisième guerre mondiale, invasion d’extra-terrestres…) il y a une belle femme qui nous attend tous les soirs à la maison pour nous donner, de sa voix douce et suave, les dernières nouvelles de ce monde où tout fout le camp…

Clint B

À propos de Clint B

Titulaire d'une maîtrise en cinéma, auteur d'une Porn Study à l'Université Paris VII Diderot, Clint B. est aujourd'hui chroniqueur de l'actualité porno.