Quand les actrices diversifient leurs revenus

Mia Rose, ex-actrice de l'industrie du X, reconvertie dans les jeux vidéos

Depuis dix ans, la part des tournages dans les revenus des actrices ne fait que baisser. Désormais plus aucune d’entre elles ne se contente de tourner ses scènes pour rentrer tranquillement le soir à la maison et profiter de son cachet. L’heure est à la diversification et voilà comment.

Le business a changé depuis le début des années 2000 et sauf à être une bombe atomique en contrat d’exclu pour une marque, il est vital pour les actrices de diversifier leurs sources de revenus. Paradoxalement, cette diversification nécessaire a engendré une convergence des métiers, tous dans la même catégorie et sous le même intitulé : « travailleur du sexe ». Nonobstant l’escorting (cela ne nous… regarde pas), voyons quels sont les divers canaux utilisés pour faire du pognon quand on navigue dans le milieu.

Twitch

A priori, la plateforme de jeu en streaming Twitch n’a rien à voir avec le porno. Amazon, son proprio, fait la chasse au bout de téton. Certaines nymphettes pro de la manette pimentent leurs sessions gaming de décolletés pigeonnants mais Big Brother veille à la bonne morale sur un support très fréquenté par les 15-24. Aucune chance donc pour une actrice porno de pouvoir faire une session live de LoL avec un anus picket vibrant, tandis que les suiveurs cliquent sur le bouton Donate. Toutefois, un esprit affûté du porn a compris l’intérêt d’y être présent habillé et c’est un mec : Manu Ferrara. La légende de Gagny a développé un bon business autour de sa passion pour le gaming, d’autant qu’il reverse une partie des dons qui lui sont versés par ceux qui le matent jouer à des justes causes. Lors de notre dernière interview, il affirmait qu’ils étaient 55 000 à le suivre chaque fois qu’il joue. Et quand sa femme Kayden Kross ou une copine comme Jynx Maze s’affiche à ses côtés, les sessions de jeu explosent le compteur des followers. Reconvertie dans le gaming pro, les actrices Mia Rose et surtout Jessie Rodgers (qu’est ce qu’elle envoyait !) ont trouvé dans cette plateforme une manière de profiter de leur notoriété, tout en restant habillées. Des précurseurs. Désormais, toutes les filles se ruent sur le filon du comment transformer une audience porn en audience mainstream : Riley Reid, Mia Khalifa, Harriet Sugarcookie, Missy Martinez, Alana Evans, Eva Lovia, Rahyndee James… Les comptes Twitch fleurissent au rythme du jeu phénomène, Fortnite, auquel les actrices n’échappent pas. A l’instar des footeux, dans la même tranche d’âge, les actrices porno ont un maximum de temps libre. Et elles le passent de plus en plus à streamer ce putain de jeu qui passionne autant les mômes que les darons, les filles comme les garçons, et même plus besoin de montrer son fion pour cliquer sur le bouton du don.

 

Onlyfans, Fanscentro, Manyvids

Le sytème Twitch, c’est pour celles qui sont restées de grands enfants. D’ailleurs, ce sont souvent les mêmes qui s’adonnent aux joies du 420. Le porno, le vrai, c’est sur Twitter que ça se passe. C’est le média de prédilection pour la diffusion de liens vers du contenu porno qui lui va générer des revenus. Ces liens, les actrices les pointent traditionnellement vers les sites des studios qui commercialisent leurs scènes mais désormais, également vers trois grosses plateformes : Onlyfans, Fancentro et ManyVids. Ces trois noms symbolisent l’essor du custom et du homemade, sacralisent la relation fan-actrice. Certains deviennent membres premium et ont accès à du contenu inédit et des moments d’intimité exclusifs. Plus d’intermédiaire. Alors que les sites perso des actrices, trop contraignants, trop techniques et trop chers en maintenance, ont tendance à disparaître, ces plateformes offrent visibilité, souplesse et rentabilité. Les clés du succès.

La Cam

La cam ou michetonnage digital pour les mauvais esprits est la source de revenus la plus sûre pour toute travailleuse du sexe un tant soit peu sérieuse sur les horaires et la régularité. Le système est bien rodé, les portes d’entrée sont nombreuses, les plateformes sont légions, sans compter toutes les filles qui passent par Skype via Twitter en MP pour faire direct des shows privés. Sur la base de quelques scènes amatrices mises en boîte, une starlette peut monétiser sa célébrité naissante via la webcam et nous ne saurions que lui conseiller. Au fur et à mesure du temps, elle se rendra compte qu’il ne lui est même plus nécessaire de se désaper, mais juste de discuter (ça en emmerde beaucoup aussi…).

Le Snap

« CC. Sava. T sur snap ? File moi ton snap ». Dans le prolongement de la webcam, faire entrer un fan dans son cercle d’amis sur l’appli Snapchat se monétise. Une actrice avisée le proposera d’ailleurs contre Tokens sonnants et trébuchants dans son menu de prestations live. Charge à elle ensuite de distiller les bouts de vie via les snaps et surtout, de gérer les types qui la harcèleront sur son chat. Mais bon, y a toujours moyen de bloquer les importuns…

Le stuff

Les fans de porno endurcis sont naturellement fétichistes car leurs goûts s’affinent au fil du temps. De la même manière, si l’on voue une passion pour une actrice en particulier, la possession d’un de ses objets personnels sera synonyme de grande satisfaction. Depuis pas mal de temps maintenant, les amatrices comme les actrices chevronnées peuvent vendre leurs effets personnels dans l’espace boutique de leur webcam ou sur des sites spécialisés comme vends-ta-culotte.com. Chaussures, culottes, bas, tampons… on va arrêter là, mais tout est vendable. Une actrice avisée ne négligera même pas ses rognures d’ongles.

La wishlist et l’appel au don

On ne va pas y aller par quatre chemins : autant la wishlist Amazon est la cerise sur le gâteau, le susucre dans le café, autant faire un pot commun, ça craint. Il est toujours agréable pour une actrice d’aller récupérer les paquets cadeaux en marge de ses factures, d’autant qu’elle peut remercier les fans de manière personnalisée (lingerie portée, photos, vidéos, dédicaces…), mais faire un appel public au don pour une nouvelle paire de nichons, un animal de compagnie qui doit aller chez le véto ou monter son site, ce n’est pas possible. Définitivement aucune pornstar ne s’est jamais payé plus qu’un Carambar avec un pot commun. Mériterait-elle d’ailleurs encore  le qualificatif de star ?

Dimitri Largo

À propos de Dimitri Largo

Journaliste professionnel depuis 2003. Rédacteur du magazine Hot Video de 2007 à 2014.