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Linda Lovelace, reine de la gorge profonde

Vincent Lacrosse

Publié

le

Linda Susan Boreman est née le 10 janvier 1949 à New York dans le Bronx. Elle est à l’Amérique ce qu’Emmanuelle est à la France, un vrai mythe érotique. Rétrospective sur la vie de cette première star du X, devenue ensuite sa plus farouche adversaire…

C’est en 1972 que Deep throat ou Gorge profonde, est projeté sur dans les salles obscures américaines, premier film pour adultes scénarisé à sortir de la pénombre des peep-shows pour s’inviter dans les salles classiques. Linda y tient le premier rôle et, grâce à ce seul film, elle va devenir célèbre à travers le monde entier.

Le scénario est insolite. Il raconte l’histoire d’une jeune femme frigide qui, au cours d’une auscultation singulière par un médecin, découvre que son clitoris se trouve, par un malencontreux hasard anatomique, en lieu et place de sa glotte. Elle peut désormais connaître le plaisir tout en réjouissant ses partenaires d’un plaisir extrême.

Malgré une interdiction dans 23 États des USA jugeant, à l’époque, le film « trop obscène », celui-ci obtiendra un sulfureux succès et sera même considéré par le New York Times comme « le seul film porno chic à voir ».

Malgré ce triomphe, la carrière de Linda Boreman fut aussi intense que furtive. Après Gorge profonde, elle joue dans quelques autres films érotiques et deux classés X qui ne rencontrent pas le même public puis disparaît du grand écran. Celle qui est devenue l’emblème du porno des seventies n’aurait passé que dix-sept jours à « exercer ».

Suite à sa starification éphémère, elle va entamer un tournant radicalement opposé et devient une militante acharnée contre l’industrie pornographique. En 1980, elle publie Ordeal [L’Épreuve], son autobiographie. Elle prétend que ses années de célébrité étaient aux antipodes du mythe de la jeune et libérée star du X, qu’elle était complètement soumise et sous la coupe de son mari et agent de l’époque Chuck Traynor, que ce dernier était manipulateur et violent. Le corps de Linda était, pour lui, une monnaie d’échange, une source de revenu et un moyen de paiement. Il l’aurait même forcée à se prostituer auprès d’un médecin pour régler les injections de silicone qu’il voulait qu’elle se fasse faire.

Elle relate une violence et une soumission sexuelle qui existerait entre deux scènes et que si le film a cartonné, Linda n’a jamais vu la couleur de son cachet de 1 200 $, somme dérisoire face aux bénéfices engrangés par le film. Son mari avait non seulement la main sur elle, mais également sur ses finances.

Mais elle ne s’en tiendra pas là. Elle parcourra le pays avec le mouvement Femmes contre la pornographie. Elle témoignera ainsi en faveur d’un texte de loi proposé en 1983 pour faire reconnaître la pornographie comme une forme de discrimination sexuelle afin d’aider les femmes victimes de l’industrie du X à porter plainte.

Info ou intox ? Ses allégations ont été à de nombreuses reprises controversées, jusqu’au réalisateur porno Hart Williams, qui inventa le terme de « Linda syndrome » pour définir certaines actrices X reniant leur passé et incriminant le milieu porno d’avoir profité d’elle une fois leur heure de gloire révolue.

La suite de sa vie est une lente descente aux enfers, peuplée d’effluves d’alcool et de méthamphétamine. Sa route s’achève en 2002, dans un accident de voiture, à l’âge de 53 ans.

Pigiste globe-trotter, essentiellement pour la presse américaine.

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