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Quels sont les tarifs des stars américaines ?

Dimitri Largo

Publié

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Une question souvent fantasmée de ce côté-ci de l’Atlantique. On les croit pleines aux as, mais le sont-elles réellement ? Existe-t-il un tarif unique ? Est-ce à la gueule du client ? Eléments de réponse.

Poser des questions sur la sexualité à une actrice et elle entrera dans les détails, même les plus inavouables. Demandez-lui combien elle se fait et la conversation tournera court. Même aux States, quand il s’agit d’argent, les acteurs et actrices de cul sont comme tout le monde : ils détestent en parler et ceux qui acceptent ont une fâcheuse tendance à surestimer leurs émoluments.  

La couleur de l’a(r)gent

La chaîne CNBC est pourtant allée aborder la question auprès d’Ariana Marie et cette dernière s’est souvenu à quel point elle était crédule en débarquant dans l’industrie. « Je faisais totalement confiance à mon agent. Il avait fixé mes tarifs pour un boy/girl à 1 200 dollars. Ok, ce sont des tarifs supérieurs à ceux pratiqués actuellement, mais il me prenait 40 %. Sur les tournages, je demandais aux autres filles combien leur agent prenait, elles me répondaient entre 10 et 20 % de commission. Pourquoi le mien avait-il droit à 40 ? ». Évidemment, l’actrice de 26 ans changea de représentant dans la foulée et le nouveau lui proposa au contraire de baisser ses tarifs, ce à quoi elle répondit qu’elle ne voyait pas pourquoi. Il se trouva que cet agent était pote avec les compagnies qu’il démarchait et proposait des packages de scènes, avec une ristourne sur le volume, comme un rabais chez Carrefour : deux scènes achetées, la troisième gratuite. « Son prétexte était : baisse tes tarifs et tu travailleras plus. Mais je travaillais déjà bien assez ! » se souvient-elle. La combine est bien connue aussi de ce côté-ci de l’Atlantique.

L’importance de la fan base

Au-delà de la question de la sangsue qui en croque, la popularité est un élément non négligeable dans la question du cachet. Le boss du studio Mean Bitches, Glenn King n’est pas contre surpayer un performer si le jeu en vaut la chandelle. « C’est une équation budgétaire. Si je paye 1200 dollars au lieu de 1000 dollars pour une scène, j’ai besoin d’être sûr de mon côté que je vais les rattraper sur les ventes. Donc la performeuse doit être populaire. A-t-elle une base de fans et de followers qui justifient de la payer plus ? demande King. Je vais me renseigner sur son classement, son nombre de followers sur Twitter et Instagram. Si je fais tourner huit scènes à une actrice sur un mois, je vais me retrouver avec 1600 dollars d’extra, ce n’est pas comme un one shot ». Le super agent Mark Spiegler confirme la prépondérance actuelle des réseaux sociaux : « les filles sont engagées ou pas suivant leur nombre de followers. Instagram est le juge de paix. C’est le réseau social qui est le plus important pour une actrice ». Pourtant, Insta n’est pas porn-friendly et purge tout contenu « offensant ». Charge aux filles de poster tout en restant dans les clous, quitte à multiplier les comptes de secours.

Dans le mille

Très puissant, Spiegler a tendance à sur-tarifer les prestations de ses protégées. Il faut dire qu’il fournit un service de qualité, notamment en les hébergeant et en les amenant de porte à porte quand elles sont bookées. Son boy/girl est à 1000 dollars, alors que le tarif de base est à 900 dollars. En règle générale, le lesbien se négociera à partir de 700 dollars. Une scène hétéro anale, entre 1100 et 1200 dollars, tandis que pour une double, voire une triple pénétration, la fourchette sera large : de 1200 à 2500 dollars la scène. Pour tout ce qui est gangbang et orgie, comptez 200 dollars par participant en plus de ce fameux tarif de base qui oscille autour des mille dollars. A l’instar de l’Europe, les actrices débutantes sont très demandées, par la grâce d’un marché qui ne jure que par les nouvelles têtes. La grande différence, c’est qu’elles peuvent se permettre d’exiger des cachets élevés alors qu’ici, on leur objectera qu’elles manquent d’expérience. Un argument qui n’a pas lieu d’être, mais sur ce point-là, les actrices X sont comme n’importe quel diplômé français.

Racialisation assumée

« Pour nous, les tarifs sont tous les mêmes, s’enorgueillit Spiegler, mais certaines filles ou agents réclament plus d’argent pour travailler en interracial ». En abordant de manière aussi décomplexée la question de la racialisation du porno, l’agent illustre une particularité très anglo-saxonne. C’est sans doute ce qu’il y a de plus choquant pour un Français qui baigne dans une culture qui cherche à gommer les différences, où la notion de race n’existe juridiquement plus, a fortiori dans une grille salariale. Oui, des actrices blanches réclament plus d’oseille pour bosser avec un acteur noir. Au pays de la discrimination positive et du communautarisme, c’est banal. En Europe, cela arrive aussi mais il ne faut surtout pas le dire. Ce que beaucoup vont prendre pour du racisme n’est pas forcément plus révoltant que l’hypocrisie régnante ici.

Mâles bien payés

Rarement mis en avant et pourtant fondamentaux, les acteurs masculins sont sans surprise, mieux lotis que sur le vieux continent, même si les disparités apparaissent moindres que pour les actrices. Les cachets s’affichent de 3 à 500 dollars pour un débutant et de 500 à 1200 dollars pour un acteur confirmé. Comme ici, les mecs débutants ont toutes les peines à faire leur place. En effet, les productions redoutent les pannes érectiles alors que l’horloge tourne et que les lieux de tournage sont dans la majorité des cas loués à l’heure. Un acteur fiable peut ainsi se permettre de doubler ses tarifs en peu de temps tant il est une perle rare. De quoi laisser rêveur les hardeurs amateurs du secteur…

 

Journaliste professionnel depuis 2003. Rédacteur du magazine Hot Video de 2007 à 2014.

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