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Bio/Milieu du X

Mark Spiegler, le super agent du porn

Dimitri Largo

Publié

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Ils sont connus pour faire la pluie et le beau temps dans le foot, mais les agents sont aussi fondamentaux dans le X. Sans eux, pas de boulot et certains sont évidemment plus puissants que d’autres. Au sommet de la pyramide, on trouve Mark Spiegler. Jadis fan comme les autres, il est depuis bientôt 20 ans le faiseur de reine de la Porn Valley. Mais pourquoi donc les actrices se l’arrachent ?

Les professions contenant le mot agent n’ont pas bonne réputation : agent immobilier, agent du fisc, agent de joueur, agent d’artiste… On pourrait compléter la suite par « agent pathogène » pour définitivement comprendre qu’être agent de quoi que ce soit est vu d’un mauvais œil. Pourtant, au sein du biz porno mondial, les agents des acteurs et actrices constituent un rouage essentiel (sauf en France où la profession est carrément assimilée à du proxénétisme) au bon fonctionnement de l’industrie. Comme dans toute profession, il y a les bons et les mauvais et si l’on se fie au retour des actrices depuis deux décennies, Mark Spiegler est sinon le meilleur, l’un des tout meilleurs.

Le Ari Emanuel du Porn

Pourtant rien ne prédestinait ce Californien de confession juive, diplômé en économie et ancien trader, à représenter les intérêts de cohortes de pornstars. Son physique de geek rondouillard, sans lui faire offense, était de nature à effrayer les actrices plus que de les mettre en confiance. Toutefois, Spiegler naviguait dans le porno depuis qu’il était jeune adulte. Dans les années 80, il fut assistant de production sur les films de la légende Herschell Savage qui habitait dans son quartier de West Hollywood. En 1995, il devient lui-même réalisateur et producteur, fort du matelas financier que lui procurent ses activités de trading et c’est en 1999 qu’il s’improvise pour la première fois agent. Pour la petite histoire, c’est à la demande de l’actrice française Lisa Crawford, venue tourner aux Etats-Unis et qui cherchait un chaperon. Il l’hébergera et Lisa deviendra la première Spiegler Girls officieuse. Officieuse car à cette époque, il officie pour l’agence Topp Models. En 2003, il fonde l’agence Spiegler Girls et devient pour la première fois le Patron of the Tarts

Patron of the Tarts

Il aime se définir comme « le boss des pétasses », mais cette trivialité n’est que de langage. Mark Spiegler a toujours été très proche de ses clientes, leur donnant des conseils de gestion et de placement, sa grande spécialité. De ses propres dires, il n’est jamais aussi content que lorsqu’une de ses actrices a épargné suffisamment pour s’acheter une maison. Préférant gérer un nombre limité d’actrices à fort potentiel afin de leur consacrer le meilleur service possible, Spiegler gère la vie de ses modèles de A à Z, les hébergeant dans sa villa de la vallée de San Bernardino lorsqu’elles sont juste de passage. Outre les 10 à 15 % qu’il prend sur chaque cachet, son succès repose sur la relation de confiance qu’il instaure, n’encourageant jamais un modèle à faire une scène qu’elle n’a pas envie de faire et la payant pour la prestation qu’elle a effectuée, quoi qu’il arrive, y compris si l’argent doit sortir de sa poche. En contrepartie, elles doivent filer droit : pas de drogue, d’alcool ou d’écart de conduite. Chez lui, c’est coucher à 22 heures. Quand en 2009, il est diffamé par un réalisateur qui affirme qu’il se fait sucer par les actrices qu’il représente (à l’époque notamment Katsuni et Melissa Lauren), il contre attaque devant les tribunaux et réclame trois millions de dollars pour le préjudice moral. Il n’en obtiendra finalement que 85 000, une jolie somme quand même qui prouve surtout que Spiegler est un pitbull dès que l’on s’attaque à sa réputation. 

Un solide réseau 

Désormais Mark Spiegler a 60 ans. Plus que des talents, son agence, qui s’est étoffée, gère désormais les micro-marques que sont devenus les actrices. Ces dernières années, il ne s’est pas contenté de faire l’agent mais a construit un véritable network autour de son forum AdultDVDtalk fondé quasi en même temps que son agence. A travers le site TRPWL (The Real Porn Wikileaks), il envoie des snipers distribuer les bons et les mauvais points et régler ses comptes avec ceux qu’ils n’aiment pas, comme les intégristes anti-porn et les producteurs foireux. Le mot de la fin sera pour lui, Mark Spiegler, le gros type old school dans une industrie censée être la partouze all time : « Le plus grand malentendu au sujet de ce milieu est de penser que c’est la fête tout le temps. Ce n’est pas du sexe. C’est un business, avec du sexe ». Le voilà, le secret de la longévité.

Elles sont passées chez Spiegler : Sasha Grey, Asa Akira, Jessie Andrews, Lisa Crawford, Katsuni, Dana DeArmond, Skin Diamond, Chanel Preston, Nikita Bellucci…

Journaliste professionnel depuis 2003. Rédacteur du magazine Hot Video de 2007 à 2014.

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