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Bio/Milieu du X

Hussie Models : L’agence tout risque

Dimitri Largo

Publié

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Riley Reinolds, à l’origine du documentaire Hot Girls Wanted diffusé sur Netflix, a monté une agence qui traîne une réputation sulfureuse dans la Porn Valley : Hussie Models. Avec ses méthodes border et ses talents sous contrat détestés, Reinolds est devenu au porno ce que Suge Knight était au rap avec son label Death Row.

Hot Girls Wanted ou comment détruire l’image du porn

« Elles ont 18 ou 19 ans et rêvent de gloire et d’argent facile… ». C’est par ces mots qu’est présenté le documentaire le plus dévastateur pour l’industrie du porn depuis des lustres. Produit en 2014, présenté au Festival de Sundance et diffusé l’année suivante par Netflix, Hot Girls Wanted a connu un retentissement mondial. A la manière de feu Striptease, le reportage suit la vie d’un zonard floridien, Riley Reinolds (de son vrai nom Brian O’Malley), agent et casteur pour East Coast Talent. L’effet est dévastateur. Dans la peau du recruteur, le personnage de Reynolds apparaît totalement antipathique et le docu est à charge contre le porno amateur, résumé à un vivier de crapules versant dans l’abus de faiblesse. Toutefois et curieusement, ce documentaire n’a pas eu raison de l’embryon de carrière de Reynolds. Au contraire, bardé du principe qu’il n’existe pas de mauvaise publicité, il a profité de sa célébrité pour développer sa propre « agence » en Floride : Hussie Models. Le problème est que Hussie Models n’a jamais eu de licence pour opérer en Floride comme l’a constaté ce bon vieux fouille-merde de Mike South. L’insider de la Porn Valley n’a qu’un objectif en tête depuis l’année dernière : éjecter Reynolds du paysage porno. On peut donc compter sur lui pour épier ses incartades et elles semblent nombreuses. 

Des embrouilles à tous les niveaux

Sans licence, Hussie Models était mal née, mais l’agence aurait pu décoller sans faire de vagues si Reynolds et ses acolytes s’étaient montrés « carré » avec leurs clients. Ce ne fut pas le cas. Premier dérapage : les « maisons » dans lesquelles sont logées les aspirantes actrices. En réalité, ce sont des appartements miteux où les filles sont parquées par trois quand Reynolds ne s’invite pas lui-même au milieu de son harem comme l’a décrit une starlette passée par là, Aurielee Summers au Daily Beast. Droit de cuissage, loyer de 300 dollars la semaine, aucune sécurité, dope dure qui circule… La maison Hussie, c’est la Mansion de Playboy mais dans les Misérables… Conséquence dramatique de ce bordel hôtelier, l’actrice Roxy Nicole fut retrouvée morte d’overdose en novembre 2017 dans un de ces fameux appartements. Elle attendait de son agent de l’aide, pas d’être enterrée… Sous couvert d’anonymat, une ex-pensionnaire témoigne même auprès de Mike South que l’agence n’est qu’une couverture au tapinage. Plus grave encore, Reynolds et ses scouts sont soupçonnés d’avoir démarché des mineurs en vue de les faire tourner dès leur majorité. L’accusation vient notamment de Scarlet de Sade sur Twitter au sujet d’Indica Monroe, mineure et enceinte de sept mois à l’époque et il se dit que c’est Reynolds qui aurait recruté Holly Hendrix alors qu’elle n’avait encore que 17 ans comme elle l’a avoué en interview à Adult DVD Talk.

L’épisode Lenna Lux

Ce qui est prouvé en tout cas, c’est que l’actrice Lenna Lux a été démarchée par Hussie Models alors qu’elle n’avait pas 18 ans. Elle a fourni des preuves au Bureau du Travail de Floride dans le cadre de sa plainte déposée en septembre. Sous contrat les premiers mois de 2018, elle accuse notamment l’agence de Reinolds d’escroquerie et de rupture abusive de contrat. Preuves à l’appui, elle clame que Hussie l’a chargée de frais dans des proportions démesurées au point qu’elle en a été réduite à lui devoir du pognon. Quitte à se faire enculer, autant que ce soit dans les grandes largeurs… Mais Reinolds est tombé sur un bec et Lux est la première à porter officiellement plainte contre lui. 

L’année dernière, l’agent honni se vantait sur Facebook d’avoir reçu une visite infructueuse du FBI au petit matin. Quand les Fédéraux débarquent, ce n’est pas pour une paire de contredanses impayées : ils tournent autour de lui comme des vautours autour d’un blessé…

 

L’épisode Louie Smalls

Si on excepte Maya Bijou qui a trempé dans une histoire meurtre, Tony D qui a étranglé sa femme, Abigail Peach accusée par le studio LA New Girl de falsification de chèque ou le performer gay Kyle Manson qui se fait passer pour un hétéro, Hussie Models a quand même des talents sous contrats et pas des moindres. A commencer par Louie Smalls, la dernière grande gueule que le porn a mis au monde. Sous contrat chez Blacked, Smalls s’est autoproclamé Roi du Porno et personne la plus détestée du milieu. L’un ne va en général pas sans l’autre… Sauf que depuis le 27 juin, il la ramène un peu moins car il s’est fait virer du studio roi de l’interracial. Dernier épisode en date des péripéties de l’agence tout risque, le renvoi de Smalls était prévisible tant il se montrait irrespectueux envers les filles, y compris publiquement sur les réseaux sociaux. Pour vous donner un aperçu du perso, il twittait le 19 mai 2019 : « le meilleur truc dans le porno, c’est que tu peux leur retirer la merde et elles vont la bouffer !!! » Le roi est visiblement resté au stade anal, mais sans le parapluie que lui procurait son contrat avec Lansky, le hardeur black va devoir s’en remettre à Hussie et son agence pour trouver du boulot. Et il en trouvera. Car Reinolds est un peu comme le trafiquant d’armes qu’interprète Nicolas Cage dans Lord of War : une ordure, mais une ordure nécessaire au système. Et si la foudre tombe un jour, personne ne sait encore pour quand.

 

Journaliste professionnel depuis 2003. Rédacteur du magazine Hot Video de 2007 à 2014.

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