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Stormy. Le règne de la mommy

Dimitri Largo

Publié

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Stormy Daniels dépasse les 40 balais pour presque 20 ans de carrière et pourtant, c’est peut-être la plus grosse star du business US. Pourquoi ? En grande partie grâce au 45ème Président des Etats-Unis. Kennedy avait Marilyn, Trump a Stormy. Retour sur le parcours d’une patronne du porn business aussi crainte qu’adulée.

Stormy débarque d’une époque où des femmes se lançaient dans le porno avec la ferme intention d’y faire carrière et pas un p’tit tour, histoire de vivre le grand frisson. Sa première scène, elle l’a accomplie au début du siècle : en 2002 et à l’âge de 23 ans. 17 ans plus tard, la blonde originaire de Bâton-Rouge a réussi ce qu’elle voulait : trôner au sommet. « C’est la boss et tout le monde le sait » glisse l’oracle Nina Hartley. Le réalisateur mainstream Judd Apatow qui l’a dirigée dans En cloque. Mode d’emploi et 40 ans et toujours vierge abonde : « c’est une réalisatrice et une businesswoman très sérieuse qui a pris les rênes de sa carrière. Ce n’est pas quelqu’un qu’il faut sous-estimer ». Certaines actrices, comme la défunte August Ames, se sont plaintes à mots couverts de sa main-mise sur le business à travers sa position chez Wicked Pictures. On ne dure pas deux décennies dans le porn business en étant une enfant de choeur. Ou une idiote. Trump l’a appris à ses dépends. Piégé par une vieille histoire de relation sexuelle avec elle en marge d’un tournoi de golf, il a toutes les peines à s’en débarrasser. Elle en profite pour faire le buzz et jamais une actrice de cul n’avait été examinée ainsi sous toutes les coutures par les médias américains.

Dure comme un coup de trique

Fille de militaire, Stephanie Gregory de son vrai nom, a le background familial classique d’une pornstar : parents divorcés à 4 ans, daron invisible qui se contente de payer la pension (c’est déjà ça) et daronne qui trime seule à 4$ de l’heure pour faire tourner une boîte de transport routier. Le quotidien Dallas News est allé rencontrer sa mère, Sheila, qui ne l’a pas revue depuis 12 ans, mais qui tente, assure-t-elle, de l’appeler chaque semaine. Useless : Stormy a coupé les ponts et fait tabula rasa de sa mifa. Dans un portrait que le New York Times lui a consacré en 2018, elle tire au missile Hellfire sur sa famille : « je vivais dans un environnement exécrable, avec des jours sans électricité. Je n’étais personne, une anonyme au milieu de nulle part. C’est tout ce dont je me souviens. Je ne suis plus la même maintenant ». Pourtant, en dépit de ce que Stormy raconte, sa mère assure au Dallas News qu’elle n’a jamais manqué de rien… sauf de son père : « elle a beaucoup pleuré après lui. Elle voulait son papa, mais je ne pouvais pas lui rendre ». Une situation triste mais malheureusement banale, d’autant que son père, bien qu’éloigné, lui a acheté la Toyota Celica lui permettant d’aller bosser en catimini au Gold Club, le club de strip de Bâton-Rouge. Si tu veux de la gratitude, élève un chien dit le dicton… En effet, alors qu’elle était une bonne élève au lycée et acceptée aux Université d’Etat de Louisiane, du Mississippi et de l’Oklahoma, celle qui s’appelle encore Stephanie a commencé à entrer en rébellion. Sur les tables de lap dance et même pas majeure, elle découvre qu’elle se fait plus de blé en une heure qu’en une semaine dans le haras où elle bosse. Le tenancier du claque devenu depuis le Penthouse Club, Chuck Rolling, se souvient : « On savait… On savait qu’elle allait prendre une trajectoire qui nous dépasserait largement. On est à Bâton-Rouge. On n’est même pas à la Nouvelle-Orléans ». Fan de Motley Crue, Stephanie prend le nom de Stormy, en référence à la fille du bassiste de Motley Crue, décidément le groupe préféré des pornstars et parce qu’elle voit virevolter les bouteilles de Jack, elle y accolera un Daniels. De 96 à 2002, elle arpente la Louisiane, le Texas, le Kentucky et signe à 21 ans un contrat avec une agence qui l’envoie s’effeuiller dans tout le pays. Sa route croise celle de Devon Michaels, une stripeuse passée au porn. Elles se lient d’amitié et Michaels l’emmène sur deux sets : un de Sin City où Stormy accomplira sa toute première scène, une lesbienne avec sa copine. L’autre de Wicked Pictures dirigé par Brad Armstrong. Ce dernier comprend qu’il tient une graine de star et Stormy comprend vite l’intérêt d’être dans ses petits papiers. Mais Brad est déjà maqué avec la star du studio : Jessica Drake. Futée, Stormy se met à la colle avec le réalisateur hall of famer Pat Myne (aucun lien de parenté avec Olivier) et se marie au bout d’un an. Ça en durera deux ans de plus. Le temps de prendre le nom légal de son ex, Clifford et une bonne part de ce qu’il possède. Pour l’anecdote, il se consolera dans les bras de celle qui deviendra une Wicked Girl aussi : Alektra Blue. On reste en famille. Moins de deux ans après ses débuts, Stormy passe déjà à la réalisation avec One Night in Vegas en 2004. Elle réalisera près de cent autres films, dont Operation Desert Stormy, Fate of Love, Predator ou Escort

Le Stormygate

Quand il s’agit de manipuler les hommes, Stormy en connaît un rayon sur la question. C’est même par le biais de cette activité d’ordinaire si discrète qu’elle va être mondialement connue. L’histoire remonte à juillet 2006. En marge d’un tournoi de golf organisé au Lac Tahoe, une station balnéaire très huppée à la frontière entre la Californie et le Nevada, Stormy rencontre Donald Trump qui cartonne à la télé depuis deux ans avec son show de télé-réalité, The Apprentice. Ils passeront la journée, puis la nuit ensemble, alors que sa femme Melania a accouché depuis quatre mois. S’en suivra une relation plus ou moins suivie jusqu’à l’année suivante, moment où Stormy y met fin quand elle comprend qu’elle n’obtiendra jamais le rôle que Trump lui promet dans son émission. Ça, c’est la version que la blonde a raconté en 2011 au magazine In Touch dans une interview pour laquelle elle a touché 15 000 $ mais qui n’a jamais été publiée. L’affaire remonte à la surface en janvier 2018 quand le Wall Street Journal révèle que l’avocat de Trump a acheté le silence de l’actrice, dix jours avant la Présidentielle de 2016, contre 130 000 $. S’en suit un merdier pas possible dans lequel Trump nie tout en bloc et envoie son avocat, Michael Cohen, en première ligne. Ce dernier reconnaît l’existence de l’accord, tandis que Stormy en profite pour se dégager de la clause de confidentialité, attaquer en justice et tout balancer à la presse. Sous pression, elle est arrêtée par des flics infiltrés à Columbus dans l’Ohio sous l’accusation d’avoir touché un client lors d’un strip en boîte. L’affaire est grossièrement ficelée et son avocat, Michael Avenatti, un as du barreau en profite pour soutirer à la ville un accord à 450 000 $ en faveur de sa cliente, à l’été 2018. Ça se passe comme ça aux USA. En parallèle, elle surfe sur ce qui est appelé le Stormygate pour entamer un tour national des clubs de strip baptisé « Make America Horny Again ». « Elle aime maximiser les profits confie son booker Danny Capozzi au New York Times. Pas seulement dans la danse, dans tout ».

Quant à Sheila Gregory, elle espère que la mauvaise publicité faite par sa fille ne va pas nuire à la réélection de son champion. « Si Trump pouvait se présenter encore quatre fois, je voterais quatre fois pour lui explique-t-elle au Dallas News. Je l’aime bien. J’aime sa manière de prendre les choses en main. Il est temps que ce pays s’occupe de ceux auxquels il appartient, des gens d’ici plutôt que ceux d’ailleurs ».  

Une belle peau de vache

A l’insider Mike South qui l’invita à sa table alors qu’elle vivait sa première nomination aux AVN Awards en 2004, Stormy répondit : « barre-toi, je ne suis pas quelqu’un de sympa ». Dans le business américain, elle est plus crainte qu’appréciée. C’est le moins qu’on puisse dire. Sur les tournages, on apprend par le NYT qu’elle se comporterait comme un dragon, humiliant certains collègues, en virant d’autres manu militari lorsque ce qu’elle a sous les yeux n’est pas à son goût.

De son côté, Newsweek est allé fouiner dans la période de son second mariage, celui avec l’acteur Mike Moz. Une relation tumultueuse dans laquelle les pots de fleurs ont volé et qui a fini pour Moz par une interdiction d’approche ordonnée par la justice. Un troisième lascar tentera sa chance avec la tornade de Louisiane, réussira à avoir une fille avec, mais le couple divorcera en 2018. Depuis, Stormy Daniels affirme qu’elle est bisexuelle…

Amours chevalins

C’était pour attirer votre regard ! Stormy est bisex, mais pas encore zoophile. Toutefois, elle voue une grande passion pour l’équitation. En effet, lorsqu’elle a dix ans, son beau-père lui offre 500 dollars. Avec cette somme, elle se paye un vieux cheval. Pendant des années, sa mère l’emmènera au haras pour qu’elle remette sur pieds le bourrin. Depuis, la quadra a le virus. Cavalière émérite, elle possède plusieurs chevaux, des bêtes à concours qui font des moissons de rubans bleus et dans le milieu équestre américain, elle est bien connue et respectée. Packy McGaughan, entraîneur sur le circuit pro, résume l’avis du milieu : « c’est une jolie fille qui monte très bien à cheval et qui prend soin de ses animaux. C’est tout ce que nous avons besoin de savoir ». En 2018, elle a même concilier ses deux passions, porno et compétitions équestres, dans le film Unbridled qu’elle a réalisé dans un ranch du Texas et pour son partenaire historique : Wicked Pictures. 

Maintenant, à 40 ans, mère, divorcée, hall of fameuse et forte de tous ces dollars amassés, Stormy Daniels a atteint ses objectifs. Confortablement installée dans la banlieue de Dallas, elle ne finira pas comme elle le craignait : en stripteaseuse fripée et pathétique d’un club miteux. Le pari était risqué. Il a payé.

Journaliste professionnel depuis 2003. Rédacteur du magazine Hot Video de 2007 à 2014.

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