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Le Sadique Master Festival

Dimitri Largo

Publié

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Les évènements parisiens consacrés au cinéma de genre ne sont pas si fréquents. Raison de plus pour faire un tour au Sadique Master Festival, dont la 6ème édition aura lieu au cinéma Les 7 Parnassiens les 13, 14 et 15 mars prochains. L’occasion de mater des films « underground, déviants, extrêmes » qui plairont aux fans d’horreur gore autant qu’aux adeptes du BDSM. Présentation.

A l’initiative du festival, Tinam Bordage, un Parisien de 26 ans, cinéphile autodidacte précoce qui a organisé la première édition à l’âge de 19 ans. Pour ce passionné de films underground, auteur d’une bible de 540 pages sur le thème, l’idée était de réunir la communauté qui gravitait autour de son site, pour un rendez-vous physique annuel, le temps d’un week-end. « La première édition était une édition-test explique Tinam. L’aventure a vraiment commencé à partir de la deuxième. A l’époque, on se débrouillait comme on pouvait. Le festival n’avait qu’un écho national, mais j’avais déjà une forme de crédibilité en tant que média spécialisé. Depuis, Sadique Master existe comme une entité indépendante et elle est devenue incontournable. Tous les films que je cherche à obtenir, je peux les avoir avec la notoriété et la réputation du festival ». Parmi les nouveautés de 2020, un nouveau lieu d’accueil : le cinéma Les 7 Parnassiens, Boulevard du Montparnasse, à deux pas du métro Vavin, tandis qu’au menu, sont présentés sept longs-métrages représentatifs de ce que le 7ème Art a enfanté de plus bizarre, gore et choquant sur l’année écoulée. « Au niveau de la programmation, on essaie de se focaliser sur des films récents reprend le fondateur et instigateur de l’évènement. Deux sont projetés le vendredi soir, quatre dans la nuit du samedi, de 22 heures à 6 heures du mat’ et un le dimanche soir. Cette année, nous avons pu avoir en exclusivité mondiale le nouveau film de Marian Dora, qui est considéré comme le maître du cinéma extrême et il viendra également pour le présenter. C’est assez dingue, il n’a pas fait de films depuis cinq ans et il ne passera que chez nous, c’est sûr et certain. Nous diffusons aussi les nouveaux films de Troma, qui sont assez rares, bien que les anciens soient cultes ».

Depuis sa création, le Sadique Master Festival a toujours fait la part belle aux films BDSM. Avec un titre pareil, le contraire aurait été surprenant. « Le festival ne se fixe aucune limite étaye Tinam. D’ailleurs, le nom Sadique Master prête à confusion. Certains pensent que c’est une soirée fétichiste comme le flyer de cette année le laisse à penser, mais proposer des films BDSM est cohérent dans notre programmation. Qu’ils soient porno n’est pas une barrière. Je les sélectionne comme d’autres films marginaux, extrêmes et décalés. Cette année, par exemple, on a un film italien purement BDSM qui s’appelle « Dégradation » et qui dure juste 30 minutes. L’Italie produit pas mal de choses dans ce domaine notamment avec Domiziano Cristopharo et Lucio Massa. Il nous arrive des choses d’Allemagne aussi. En France, on ne peut pas dire que nous sommes les spécialistes du genre, mais dès que quelque chose de bien est fait, on le met en avant comme on l’a fait en 2018 avec Tous les dieux du ciel de Quarxx ». Totalement en marge des circuits de distribution traditionnels, les films projetés au Sadique Master Festival ont peu de chances d’être diffusés dans une autre salle en France. « C’est un cinéma qui vient d’un circuit complètement indépendant, qui n’a même pas affaire à la censure et qui brise les tabous. Ce n’est pas un genre à proprement parler, mais plutôt une culture au sens large. Des films plus connus font la passerelle avec le cinéma mainstream radical comme A Serbian Film ou Human Centiped, mais il n’y a pas vraiment de distribution, seuls quelques éditeurs étrangers s’y consacrent. Il n’y a pas de gros marché et justement avec Sadique Master, qui est le seul média spécialisé, on essaie de le booster. Les réalisateurs savent que s’ils veulent toucher le public francophone, ils doivent passer par nous. Aujourd’hui, c’est principalement grâce aux réseaux sociaux que le public et la communauté s’agrandissent. Avant, on devait passer’ par la VHS ou des circuits restreints. Après, le web, c’est à double-sens, car si on a beaucoup plus de films, on en a aussi beaucoup plus de mauvais… » 

Pour l’instant la psychose autour du Coronavirus n’a pas poussé les autorités à fermer les cinémas. Le festival qui réunit tous les ans quelques centaines d’aficionados n’est pas concerné par l’interdiction des rassemblements de plus de 1000 personnes. Raison de plus pour braver la psychose ambiante ce weekend si vous êtes sur Paris, d’autant que sur place, Tinam promet « des stands, des animations et nous aurons notre propre tireuse à bière ». La Belzebuth et la Bière du Démon n’ont qu’à bien se tenir. Let’s go !

Journaliste professionnel depuis 2003. Rédacteur du magazine Hot Video de 2007 à 2014.

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