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L’A.S.M.R Porn

Dimitri Largo

Publié

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En médecine comme dans le X, c’est plus que jamais la mode des acronymes. Parmi les derniers en date, on trouve le porno ASMR pour Autonomous Sensory Meridian Response. Derrière ce nom barbare, se cache une expérience porn qui se veut multi-sensorielle. Dans le langage d’un bartender, ça donne un trait de roleplay, un zeste de tantrisme et une rasade d’hypnose à verser sur une poignée de belles pépés.

Chez certains, ça se manifeste lorsqu’on leur murmure à l’oreille, chez d’autres, ça se déclenche avec le son émis par la succion d’une bouche pendant une fellation. Chez d’autres encore, le déclic est un paysage qui défile ou le shampooing chez la coiffeuse. Tout le monde a déjà expérimenté ce phénomène, le genre de truc indescriptible qui vous place dans un état second, comme hypnotisé, suspendu, hors de l’espace et du temps. Ces instants fugaces sont synonymes de bien-être et de plénitude, une sorte d’orgasme du cerveau. Ça tombe bien, les rosbifs ont un nom pour ça : le braingasm, contraction de brain, « cerveau », et d’orgasm, pas besoin de traduction. Ils ont même un nom pompeux et pseudo-scientifique : l’ASMR. L’ASMR est une réponse de cerveau à un stimulus qui lui est familier et agréable. L’hypnose et l’autohypnose font intervenir des ASMR et elles seraient d’excellents remèdes à la dépression, l’anxiété et l’insomnie.

Quel est le rapport avec le porno vous allez me dire ? Il est assez logique. Pourquoi ne pas combiner ces stimulus sensoriels avec les décharges hormonales engendrées par la vision d’un porno ? Pourquoi ne pas faire un grand cocktail de toutes ces sensations et les offrir dans le cadre d’un film ? Et bien, ça y est, ça se fait déjà et ça s’appelle ASMR Fantasy. A la production et à la réalisation, on trouve la femme au physique de camionneuse la plus connue du porn ricain : Bree Mills. Militante LGBTQI+ et apôtre du « tout se passe là-haut », Mills s’aventure une nouvelle fois sur des chemins tordus et se plaît à renverser les clichés. Dès la première scène de son ASMR Fantasy, elle donne le ton : nous sommes dans les yeux d’un type qui est allongé, les jambes écartées sur une chaise de gynéco, dans le cas présent, une chaise d’urologue. Celle qui va se charger de faire le toucher rectal pour examiner la prostate s’appelle Angela White et présente son 100F emballé sous une blouse transparente. A la différence d’un bête de gonzo, elle ne se précipite pas sur le zob du patient, mais joue son rôle de toubib à fond, posant des questions intimes et sur le passé sexuel tout en enfilant ses gants. Ses ongles qu’elle fait claquer sur le bureau, le crissement du latex de ses gants, tout concourt à plonger le spectateur dans un état de plénitude, la bite à la main, pour une langoureuse branlette qui ne finira jamais. Et quand l’Australienne s’empare de l’engin, c’est pour mieux glapir et glousser dessus, le gain du son étant toujours volontairement augmenté. Le toucher rectal, elle l’accomplit non seulement avec les doigts, mais avec la langue aussi. Elle lape, force le passage de la pointe et le bruit émis par les émulsions de salive sur les muqueuses humides est une invitation au voyage astral…

Niveau technique, l’image est de qualité, notamment grâce à des éclairages intelligemment disposés. La profondeur de champ est faible, tout est fait pour que le regard soit capté par les énormes nichons d’Angela White. Dans le genre ASMR, la scène est un modèle. 

Autre scène et autre jeu de rôle tout aussi efficace, celui qui unit Alina Lopez, la masseuse et April O’Neil, la massée. Elles offrent deux styles bien différents pour un jeu de doigts et de langues agrémenté d’huile et du bourdonnement du sextoy. Peloté avec langueur et délicatesse, mais dans tous les sens quand même, le 85 E d’April O’Neil agit comme deux boules anti-stress. En arrière fond, Lopez n’a de cesse de lui susurrer des saloperies en lui léchant la nuque et le pavillon des oreilles. Les doigts dans son minou humide laissent échapper un doux « floc floc », tandis qu’elle gémit de plaisir. De quoi sentir un gros frisson remonter l’épine dorsale… En définitive, lorsque les moyens humains et techniques sont à la hauteur, les films à la ASMR Fantasy apportent une réelle valeur ajoutée à ce qui n’aurait pu être qu’une suite de vignettes gonzo. Le fait que la vue ne soit pas le seul sens mis à contribution est une belle évolution si on se remémore les porno à la papa avec une musique d’ascenseur. Cerise sur le gâteau, c’est un porn cérébral, girl et media friendly : tout ce qu’il faut pour en faire une bonne promo auprès des médias mainstream.

Journaliste professionnel depuis 2003. Rédacteur du magazine Hot Video de 2007 à 2014.

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