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Sex online : la saturation ?

Dimitri Largo

Publié

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Depuis le début de la pandémie, de nombreuses TDS se sont orientées vers le marché du sexe online, comme la cam, avec la perspective de pallier à la baisse de leurs revenus. Quelques semaines plus tard, beaucoup en reviennent amères : le marché est saturé, il y a trop de modèles. Pire encore : avec la crise en toile de fond, les fans qui payent sont en baisse. Eclairage.

Y aurait-il trop de webcameuses, trop de starlettes et trop de plateformes de diffusion ? La question mérite d’être posée à la lumière de ce que le très sérieux Newsweek a rapporté dans un article, mi-avril et qui a été repris par le magazine AVN.

Le journaliste Ewan Palmer est parti à la rencontre de travailleurs du sexe qui pensaient amortir les effets du Covid sur leur business en passant au virtuel. Les témoignages qu’il a recueillis sont une soupe à la grimace. Cinglante, la cam girl vétéran Shelby Paris constate : « Il y a beaucoup de nouveaux modèles qui ont déferlé dans les cams rooms, mais elles ont réalisé que c’est super hard de gagner sa place et de fidéliser les gens. Elles ont découvert à quel point c’est un travail à temps plein. On ne s’improvise pas professionnelle du sexe virtuel ».

Une autre routarde du circuit ricain des webcams, Bonnie Good, bosse en couple et s’accommode, quant à elle, plutôt bien du confinement. Pourtant, elle a constaté que les fans se montrent moins généreux qu’à l’accoutumé car ils sont eux aussi frappés de plein fouet par la crise économique engendrée par le Covid. « Quelques-uns de nos plus gros clients nous ont dit qu’ils ne pourraient plus dépenser leur argent chez nous. Ils ont peur que la situation soit partie pour des années et suppriment tous leurs comptes ». L’actrice Arielle Aquinas, établie à Las Vegas n’a pas constaté de fléchissement dans la fréquentation de ses comptes, mais pour elle, c’est comme vivre sur la réserve : « avec l’arrêt des tournages, nous ne vivons plus qu’avec, ce qui est d’ordinaire, des compléments de revenus et comme pour tous les jobs de vente, rien n’est garanti ».

Un point souligné aussi chez les performers gays comme Codi : « Beaucoup de gens qui travaillent en ligne s’en servent comme d’un complément de revenus. Ils ont un travail ou vivent avec quelqu’un qui a un travail. Mais en perdant ce dernier, ils doivent se reposer totalement sur le revenu généré par les cams ». Phénomène qui s’est accéléré avec le confinement, les performers masculins hétéro n’hésitent plus à produire du contenu solo homemade à destination du public homo, chassant sur les terres des acteurs gay. C’est ainsi qu’on peut voir de gros noms du porno hétéro s’enfoncer les doigts dans le cul en se masturbant. En situation de crise, faut bien prendre l’argent là où il est… De leur côté, les plateformes s’organisent afin de soutenir le secteur.

Le site MerciFans a pris une initiative à saluer puisque 100 % des revenus générés par les modèles en live leur reviennent directement dans la poche pendant la durée du confinement, le site leur laissant sa part. Mais pour générer des revenus, encore faut-il être équipé, ce qui n’est pas le cas de Henna, une TDS trans qui bosse normalement dans un boxon amstellodamois : « travailler en ligne réclame un minimum d’équipement et de compétence, ce que je n’ai pas du tout. Ceux et celles qui marchent sont là depuis longtemps et travaillent dur. On ne peut pas espérer des résultats instantanés ». En effet, pour celles et ceux qui ont l’habitude de charbonner dans des sanctuaires comme les clubs de strip ou les boxons, à l’instar de Reya Sunshine, le temps est à l’incertitude : « je perds plus du tiers de mes revenus en ne pouvant me produire en clubs de strip, mais je ne sais pas si j’y retournerais un jour. Est-ce vraiment responsable d’encourager les gens à venir voir mes shows ? Il va falloir trancher entre ce qui est bon pour le business et la bonne chose à faire en tant qu’être humain ».

Pour sa part, le réalisateur Miles Long juge qu’il n’est pas impossible pour une nouvelle venue de faire sa place, même en ce moment : « Distanciation sociale ou pas, réel ou virtuel, les règles sont les mêmes. Durer réclame de la persévérance et de l’éthique de travail ». Des règles qui restent difficilement applicable quand le monde entier navigue à vue, toutefois quand il s’agit de mettre le bifteck dans l’assiette, nécessité fait loi. Pour le reste, on verra. C’est à la fin de la tempête que les comptes seront faits.

En attendant, Reya Sunshine résume le sentiment général : « L’incertitude est ce qu’il y a de pire. C’est comme regarder un film d’horreur au ralenti. Vous voulez juste accélérer jusqu’à la fin pour voir qui va survivre ».

Journaliste professionnel depuis 2003. Rédacteur du magazine Hot Video de 2007 à 2014.

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