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Shiri Allwood : « Les scientifiques adoreraient étudier toutes les perversions dont mon esprit est capable ! »

Pierre Des Esseintes

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Arrivée dans le X en 2014, Shiri Allwood, 28 ans, s’est rapidement imposée comme une figure incontournable du porno trans. Oui, vous avez bien lu, cette rousse flamboyante, à la sexualité assumée et débridée, possède entre les jambes un petit quelque chose en plus qui devrait combler vos fantasmes, pour peu que vous soyez sensible aux charmes du troisième sexe. Particulièrement loquace et extravertie, elle s’est longuement confiée à La Voix du X. Rencontre.

Comment t’es-tu retrouvée dans le porno ?

J’ai commencé comme une exhibitionniste à la recherche du grand frisson, en mettant en ligne des photos et des vidéos pour me faire plaisir. Ça s’est transformé en un blog porno, qui s’est lui-même transformé en cam-show, puis j’ai étendu mes activités à la réalisation de clips. J’ai ensuite commencé à recevoir des offres de producteurs, que j’ai décidé d’accepter après avoir obtenu mon diplôme universitaire.

A quel moment as-tu commencé ta transition ?

Mon identité trans est née de mon auto-exploration en ligne. J’ai commencé à poster des nus en 2012 en me présentant comme femboy, mais je n’ai commencé à prendre des hormones que vers 2015. Ma transition a peut-être commencé à 5 ans, lorsque mes sœurs m’ont habillée en fille pour la première fois, et n’ont pas pu m’empêcher de porter leurs talons !

Tu revendiques ton côté naturel, ce qui n’est pas si habituel chez les filles trans, qui abusent souvent de la chirurgie…

Je n’ai que de l’amour pour mes sœurs trans qui ont la chance de voir leurs rêves se réaliser pour leur corps. J’ai ma propre liste (minimale) d’opérations que je voudrais subir, mais mon assurance ne couvre pas ces procédures coûteuses. Merci au système de santé américain ! Les implants mammaires ne sont pas sur ma liste. Certains sont très bien faits et me conviendraient, mais je pense que mes seins continuent à se développer d’eux-mêmes. De plus, j’ai une petite inclination bizarre pour la lactation, et je ne veux pas risquer de perdre ma capacité à le faire avec une augmentation mammaire.

Comment as-tu trouvé ton nom de scène ?

Mes premières photos étaient surtout axées sur mes rondeurs, alors j’ai opté pour le mot « cul » en japonais [shiri]. J’ai choisi « Shiri » pour mon tout premier blog tumblr. Mon inspiration est venue de mon amour de l’érotisme japonais, principalement des femboy et des futanari doujinshi. J’ai choisi mon nom de famille « Allwood », quand je suis devenue professionnelle. Cela occidentalise mon nom et fait référence à ma queue en érection [wood, en argot, désigne une érection].

Tu te définies comme une egirl, une gameuse. Quel est ton jeu vidéo préféré ?

J’ai joué à Minecraft plus que tout autre jeu, mais Assassin’s Creed II est toujours l’un de mes préférés. En ce moment, je joue à Cyberpunk 2077.

Comment expliques-tu que le tag shemale soit de plus en plus populaire sur Internet ?

Au cours de la dernière décennie , la défense des droits des LGBT s’est énormément développée. Les personnes en transition sont de moins en moins stigmatisées, les modèles sont donc plus nombreux, ce qui implique davantage d’acceptation de soi dans cette population. Pendant longtemps, le porno trans a été « marketé » pour le public gay, alors qu’en réalité, la plupart des hommes hétéros ou bi s’intéressent davantage aux femmes qu’aux hommes. Depuis les années 2010, l’industrie a commencé à marketer le porno trans pour le public hétérosexuel, et sa popularité a rapidement augmenté.

Pourquoi les hommes trouvent-ils les shemales si attirantes ?

Un psychologue professionnel l’expliquerait mieux que moi, mais ma perception est qu’un homme cis peut s’identifier à une fille qui partage les mêmes organes sexuels que lui. Il peut toujours se sentir hétérosexuel avec confiance parce que c’ est une belle femme, mais il connait le plaisir qu’elle ressent parce qu’ils partagent l’expérience d’avoir un pénis. Bien sûr, chaque homme aura ses propres raisons de trouver les shemales attirantes, mais au final, nous cherchons tous à nous sentir connectés les uns aux autres.

Quel est ton fantasme le plus cochon ?

Je pense que les scientifiques adoreraient étudier toutes les perversions dont mon esprit est capable ! Le sexe en public, l’humiliation, le sexe en groupe, le bukkake, le gokkun, le gloryhole, la double pénétration, le mind break [étourdissement durant une baise très intense], le breeding [éjaculation interne]… Mon rêve serait de combiner tout cela. Il ne fait pas un peu chaud, ici ? [si, si, je te le confirme !]

Quels sont les moments que tu préfères dans ton job d’actrice porno ?

J’aime l’euphorie à la fin d’une belle scène, la sueur sur nos corps délicieusement endoloris, l’odeur, le rayonnement d’après l’orgasme. Quand je sais que je me suis surpassée pour mes fans, que tout ce que j’ai à faire est de toucher ma paye et de m’offrir un bon dîner. Je sais que ce n’est pas glamour, mais cela me comble plus que tout.

Tu es nommée pour l’AVN Award de la performeuse transsexuelle de l’année 2021. Qu’est-ce que cela changerait pour toi si tu le remportais ?

J’aime obtenir une reconnaissance quand je travaille dur, mais je ne compte pas là-dessus. Recevoir des récompenses aux Transgender Erotica Awards à plusieurs reprises, être couronnée Trans Queen sur ManyVids l’année dernière, c’était sympa, mais ce n’est pas ce qui me motive. Tout ce que je fais, je le fais par amour pour mon métier et pour le plaisir de mes fans. Même la plus prestigieuse des récompenses est dérisoire en comparaison du plaisir que j’éprouve à créer un petit chef-d’œuvre pornographique !

Penses-tu qu’il y aura de plus en plus de performeuses trans dans les années à venir ?

Oui, elles sont plus nombreuses chaque année. A chaque génération, la stigmatisation s’amoindrit, tant à l’égard du porno que des trans. Cette année il y a eu lieu une explosion du nombre de nouveaux modèles s’inscrivant sur les plateformes de vente de vidéos, comme alternative aux tournages pendant la pandémie. Je pense qu’à l’avenir, cela se traduira par une énorme vague de performeuses qui passeront de l’autoproduction au porn professionnel, l’année prochaine et au-delà.

Quelle est la meilleure façon de te faire jouir ?

Emmène-moi d’abord, pendant quelques heures, à la limite de l’orgasme…

Tu préfères être active ou passive ?

Je suis une switch. Je peux être une puissante domina, ou une sale gamine qui aime se faire défoncer le cul. J’aime les deux !

Qu’est-ce qui te fait rire, dans la vie ?

Mes deux chats, Luna et Jiji, sont ma plus grande joie.

As-tu déjà été dégoutée par un partenaire ?

J’ai eu des partenaires qui n’avaient pas une bonne hygiène. Je me souviens d’un type qui ne pouvait jouir que si je lui bouffais le cul, mais il était super poilu et c’était désagréable. Les poils ne me dérangent pas, mais je n’aime pas en avoir entre les dents !

Tu vis toujours à Las Vegas ? Cette ville offre-t-elle de bonnes opportunités pour travailler dans le porno ?

En mars dernier, j’ai quitté Las Vegas pour m’installer dans la région de Portland, Oregon. Vivre à Las Vegas a élargi mon réseau d’amis et de contacts, mais je n’aurais pas pu supporter un autre été là-bas. Le temps frais et nuageux du nord-ouest convient bien mieux à mon teint. Lorsque nous pourrons à nouveau voyager, je me rendrai à Las Vegas et à Los Angeles pour les tournages.

 Quel est ton partenaire préféré dans le porno ?

Mon meilleur ami et partenaire est Nicko Wolfe. Il filme presque toutes mes scènes autoproduites, et il est à mes côtés depuis le tout début de ma carrière. Je ne pourrais rien faire sans lui ! Avoir un partenaire qui m’aime pour la salope que je suis, et qui encourage mon style de vie très ouvert sexuellement est une véritable bénédiction.

Qui est ta pornstar trans préférée ?

Aujourd’hui, la plupart des performeuses que j’idolâtrais quand je suis entrée dans le métier ont pris leur retraite, ou bien j’ai déjà travaillé avec eux, et je les considère maintenant plus comme des amis que comme des fantasmes.

Ta famille sait-elle ce que tu fais, et qu’en pense-t-elle ?

Oui, ma famille le sait depuis quelques années. Ils ne sont pas très ouverts sexuellement, donc les dîners de famille ne comprennent pas de discussion sur mon dernier blowbang, mais ils me montrent quand même leur amour et leur soutien par d’autres moyens. Je pense que ma mère aime que je fasse quelque chose qui engage ma créativité, c’est quelque chose qu’elle encourage depuis que je suis jeune.

Quelle est ta position préférée ?

Au milieu ! Se faire plaisir des deux côtés est idéal pour une salope de switch comme moi !

Tu te branles souvent ?

Tous les jours, parfois pendant des heures. Une fois par semaine, je me réserve une journée entière pour me masturber du matin au soir.

L’éjac, tu la préfères à quel endroit sur ton corps ?

Partout ! J’aime renifler le sperme, le goûter, le sentir partout sur mon corps.

Tu aimes avaler le sperme ?

Oui ! Surtout le mien. Le sperme d’une fille trans est le nectar le plus doux que vous puissiez goûter.

Dans une vidéo (Cumming like it’s hentaï), tu éjacules une quantité impressionnante de sperme… Comment fais-tu ?

C’est une technique que j’ai développée (rires) ! Je pense qu’il est assez clair qu’une éjaculation aussi abondante est impossible à réaliser, mais je veux préserver le fantasme pour ceux qui veulent y croire.

Quel est ton message pour tes fans français ?

[Shiri nous a fait le plaisir de répondre en français à cette question, nous avons donc choisi de laisser sa réponse telle quelle, avec ses maladresses syntaxiques.]

Salut ! J’adore mes amants français ! A l’école j’ai étudié le français, mais je n’ai pas continué à pratiquer. Je suis très triste qu’il soit difficile de composer la langue pour moi maintenant. J’ai voyagé dans le sud de la France en 2012 et j’ai tombé amoureux du rythme de vie. J’aimerais revenir en France quand COVID c’est terminé.

Regardes-tu parfois du porno français ?

Je ne regarde pas beaucoup de porno français. Peut-être que je devrais le faire pour améliorer mon français ! Pour mon propre plaisir, je lis surtout des doujinshi japonais [mangas érotiques].

Depuis le début de ta carrière dans le porno, qu’as-tu appris de plus important sur ce business ?

Au début, je m’inquiétais des IST et de la possibilité d’attraper quelque chose. Je me suis rapidement rendu compte des exigences strictes en matière de tests que nous avons ici, alors maintenant j’ai plus peur de baiser avec quelqu’un qui ne fait pas de porno qu’avec quelqu’un qui en fait ! La plupart d’entre nous sommes des gens très sains, parce que nous n’avons pas le choix !

Qu’as-tu appris sur toi, sexuellement, depuis que tu bosses dans le porno ?

J’ai toujours été très ouverte à de nouvelles expériences sexuelles, mais je pense que le fait de faire du porno m’a poussée à découvrir des perversions et des intérêts que j’ignorais. Avant, j’étais beaucoup plus soumise, mais avec le temps, j’ai acquis assez de confiance en moi pour me prendre en charge et prendre du plaisir à faire du porno.

As-tu un modèle dans la vie ?

J’essaie d’apprendre un peu de tous ceux qui m’entourent. Même les gens que je n’aime pas m’apprennent comment je ne veux pas être.

Comment tes fans peuvent-ils te contacter ?

Envoyez-moi un tweet : @ShiriAllwoodXXX, rejoignez mon Discord (le lien est sur mon Twitter) !

Pierre Des Esseintes est auteur et journaliste, spécialisé dans les questions de sexualité. De formation philosophique, il est également sexologue. Il a publié, aux éditions La Musardine, Osez la bisexualité, Osez le libertinage et Osez l’infidélité. Il est aussi l’auteur, aux éditions First, de Faire l’amour à un homme et 150 secrets pour rendre un homme fou de plaisir.

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