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Violet Doll : créature à protéger

Dimitri Largo

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Voilà une femme qui est vraiment dans l’idée que se fait tout à chacun d’une poupée : blonde, gros seins, bariolée et outrageusement sex offensive. Pourtant, rien de plus inexact. Violet est domina. Et contrairement aux poupées, elle a un cœur et une santé mentale qui ont été mis à rude épreuve lors d’une récente fusillade. Si elle admet que le show ne doit jamais s’arrêter, elle expose sa difficulté à vivre après cette expérience, particulièrement dans cette période inédite et anxiogène.

Autour de son personnage, beaucoup de mystère. Ni âge, ni lieu. C’est le jeu. Violet Doll est une domina virtuelle. Elle exerce un pouvoir de domination sur ses soumis par écran interposé. Le concept est déjà hypé et Violet enfonce le clou en faisant partie des dominas les plus populaires. La preuve est qu’elle est nommée pour remporter un AVN Award le 23 janvier prochain, un de ceux décernés par les fans. Et si ces derniers l’aiment tant, au-delà de sa plastique en plastoc et de ses talents pour le jerk off instruction (J.O.I), c’est que la créature a toujours été honnête avec eux.

Changeant de style d’un jour, voire d’une heure sur l’autre, Violet n’est pas un modèle de stabilité émotionnelle, (mais qui l’est de toute façon…). Elle le reconnaît, comme elle reconnaît que la pandémie, elle la vit très mal, comme beaucoup. Sur ce sujet, elle n’hésite pas à parler de PTSD ou syndrome post traumatique comme les soldats qui reviennent de zones de guerre. « Je n’arrive pas à faire semblant, confie-t-elle au journaliste Dan Miller. Si je ne vais pas bien, j’en parle, même si dans cette industrie, on vend du rêve et c’est ce que veulent les consommateurs. Mais quand on est en souffrance, ça ne fonctionne pas. Et cette pandémie me traumatise. Nous sommes tous massivement traumatisés. Tout le monde ne va pas finir avec un PTSD, comme moi, mais je me dois d’être honnête vis-à-vis de moi-même et de mes propres combats. C’est une question d’éthique et je suis à un moment de ma carrière où j’ai besoin d’en parler et de le partager ».

Toutefois, ce n’est pas le virus n’est pas à l’origine de son trauma. Au début de l’année, alors qu’elle est à Vegas pour assister au AVN Awards, elle est aux premières loges d’une fusillade, tandis qu’elle fait du shopping dans un centre commercial. Les balles fusent. Six victimes restent sur le carreau, sous ses yeux. « Je ne me suis pas sentie affectée les cinq jours qui ont suivi, explique-t-elle. Puis, soudainement, je me suis effondrée. Je suis tombé dans un état d’extrême anxiété, de paranoïa, de délires psychotiques. Je pensais que j’avais été droguée. Il fallait que je me fasse traiter. Cette expérience a fait remonter un tas de vieux traumas ». En effet, sous traitement pendant l’enfance, obligée de travailler dès l’âge de 14 ans, opératrice de données à 16, avant de devenir strip-teaseuse et webcameuse à sa majorité, Violet Doll traine un background chargé, mais elle s’est toujours battue, comme son caractère le lui commande. « Je suis une dingue de travail, perfectionniste et je pensais que ça passerait en me réfugiant dans le boulot, mais non. J’ai mis du temps à accepter que j’avais un syndrome post traumatique, que j’étais malade, en fait ». La première vague du coronavirus qui arrive une poignée de semaines plus tard sera paradoxalement pour elle l’occasion de s’ouvrir sur son mal. « Des tas de gens proches et éloignés, des inconnus et des fans m’ont remerciée. Ils se sentaient moins seuls. Moi aussi, je me suis sentie moins isolée. J’ai réalisé que mon statut pouvait servir à des causes importantes. Des millions de gens souffrent. Je ne suis pas la plus mal lotie. J’ai plein de contenus, j’ai la chance de pouvoir travailler de chez moi ou de n’importe où, tout en me soignant ».

Violet Doll est même plus créative qu’elle ne l’a jamais été depuis le printemps. Avec Femdemic, elle livre une des meilleures vidéos de l’année, même si la séquence ne dure que deux minutes (les clips courts sont un de ces formats favoris). Elle s’y met en scène en tant que patiente zéro à l’origine d’une épidémie qui a ravagé l’humanité et qui détient seule le vaccin qui sauvera le monde. Mais comme tout a un prix, il va falloir faire cracher le portefeuille pour mettre la main dessus. Covid ou PTSD, la Doll ne perd pas le Nord. A votre bon cœur, messieurs ou Violet ne pourra pas se livrer à son passe-temps favori : le jardinage. « Je fais pousser des tulipes, des jonquilles, des parterres de roses et des herbes comme l’origan, la sauge, la lavande… L’odeur de la lavande est celle que je préfère ». Sur ce dernier point, on n’est pas obligé de la croire. L’odeur de l’oseille est bien meilleure !

Journaliste professionnel depuis 2003. Rédacteur du magazine Hot Video de 2007 à 2014.

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