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Actrices

Adira Allure : à la vitesse de la lumière

Dimitri Largo

Publié

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Adira met tout le monde d’accord : des performeuses comme elle, il n’en arrive que deux ou trois par décade. Avec pas loin de 200 scènes en un an et demi, la Floridienne dort littéralement sur les chibres et son corps, qui se tord, se presse et projette du liquide, est celui d’un personnage de cartoon. Depuis peu, elle a intégré le roster des réalisateurs d’Evil Angel et délivré son premier film : Invading Uranus. Belladonna aurait-elle enfin trouvé successeur ?

 Arrivée il y a moins de deux ans, Adira Allure grille déjà les étapes. Avec Invading Uranus, édité par Evil Angel, la performeuse de 25 ans réalise un film qui renoue avec les classiques des années 80 dans la lignée des Cafe Flesh et New Wave Hookers. Beaucoup plus mature et intelligente que la moyenne, le « sourire » de Jacksonville fait partie des nouveaux visages des réalisateurs d’Evil Angel.

A côté des Rocco, Jonni Darko, Joey Silvera et autre Dana Vespoli, le studio a renouvelé son crew et a notamment intégré Mick Blue, Tony Ribas et même la Russe Cherry Kiss. Adira, quant à elle, doit sa promotion expresse à Aiden Riley qui lui a ouvert les portes de la grande maison. Réalisateur des productions les plus salaces du label, l’ex de Belladonna et maître d’œuvre des fantasmes de la légende au crâne rasé, l’a prise sous son aile, bluffé qu’il était par son investissement et son amour du hard. « J’aimerais que mon porno soit reconnu pour son exquise beauté en même temps que pour être sale et dégoutant » confiait-elle peu avant la sortie de son « bébé », le 31 décembre dernier. Un mec ne pourrait plus se permettre de dire un truc pareil au risque de passer pour un immonde pervers, mais avec Adira, ça passe crème comme dans la bouche d’une Angela White ou une Adriana Chechik. Elle est de la même trempe, ce dont le porn business a rapidement percuté. On peut leur faire dire les pires saloperies, ces actrices-là ont l’art et la manière de faire de la honte, un bouquet de roses. Mais revenons à Allure, qui n’a jamais connu son père. On en connaît qui feraient un lien de cause à effet avec le porn. Pas elle.

« Les gens présument que pour être dans le X, il faut être passée par la misère sociale ou intellectuelle, confie-t-elle à Mano Job. Oui, j’ai un parcours comme d’autres filles qui n’ont pas connu leur père, mais il ne m’a jamais manqué. Je n’ai pas eu à m’en taper un désaxé qui avait des problèmes d’alcool. J’avais une vie normale ». A 18 ans, elle quitte la Floride et s’installe à L.A. Pendant quatre ans, elle va vendre de la weed dans un dispensaire, faisant fi de l’âge légal de 21 ans. « Je fais bien plus d’argent maintenant en travaillant la moitié du mois que lorsque je travaillais sept jours par semaine. Je vis à Los Angeles, j’ai le temps de m’occuper de mon corps, de mon bien-être mental, de mes chats et j’ai la liberté de refuser le boulot si je n’en ai pas envie ». L’aspect mental revêt une importance toute particulière chez Adira Allure. C’est un nervous breakdown qui l’a conduite à se lancer dans le porn début 2019. Car sous les éclats de rire entre chaque phrase, elle cache mal une psyche tourmentée. Elle ne cache rien d’ailleurs, avec une franchise désarmante : « Je considère que j’étais alcoolique il y a deux ans. Quand je me suis réveillée dans une voiture dont je ne connaissais pas le chauffeur, je me suis dit qu’il était temps d’arrêter. Je suis sobre depuis ». Cette face sombre n’est pas étrangère à ses performances qui n’ont jamais aussi bien porté leurs noms.

L’histoire du porno est jalonnée d’actrices aux personnalités excessives, qui flirtaient avec l’extrême : Audrey Hollander, Sasha Grey, Annette Schwarz, Belladonna… Elles sont entrées au Hall of Fame et Allure a une bonne tête de prétendante dans quelques années. Pour l’instant, elle n’est reconnue qu’au rang des meilleures starlettes et s’en serait presque insultant, étant donné sa contribution au 7ème Art sexuel. Dans son œuvre, Invading Uranus, on est aussi loin de la planète que de la trilogie littéraire de Marcel Aymé. « Je savais qu’on allait mettre un boxon pas possible. J’ai donc demandé à Aiden Riley, mon meilleur ami et réalisateur lui-aussi, de me prêter son studio. Depuis le temps que je le lui défonçais avec mes squirts ! J’ai fait venir un graffeur de Venice Beach et il m’a créé un nouveau décor ».

A défaut d’Uranus, Le film d’Allure donne à voir des lunes et coche toutes les cases du lexique spécial, inventé par les pornocrates pour qualifier les choses les plus étranges qu’on voit dans un gonzo : squirt, prolapse, d-ps, gag, choke. « J’ai voulu créer un univers visuel unique. Avec cet objectif en tête, j’ai baisé et sucé plus que queues que d’habitude sur un mois pour économiser et être capable de produire le film ». Uranus a un prix qui fait mal à l’anus. Kenzi Reeves, Emma Hix, Rebel Rhyder, Mick Blue, Ramon Nomar, Isiah Maxwell et Mike Stefano ont réclamé en effet d’être payés au cul du camion. Malgré tout, Adira Allure ne s’est pas privée pour participer et arroser les festivités de son breuvage maison…

Journaliste professionnel depuis 2003. Rédacteur du magazine Hot Video de 2007 à 2014.

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