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Aylah est là

Dimitri Largo

Publié

le

Ronde, noire, lesbienne, milf et pornstar, Aylah Kroy est à l’intersection de toutes les bastons. Parfait pour en faire un symbole contre les discriminations. À 34 ans, elle n’en réclame pas tant. L’étiquette de sex-symbol lui suffit. Ex-intégratrice pour le site de streaming Hotmovies, elle est passée de l’autre côté de l’écran car elle se sent bien dans son corps et sa tête et veut gagner sa vie avec ses performances. Charge aux autres de lui coller des étiquettes.

« Toi, tu rentres… Toi, tu rentres pas… » Aylah est là. Difficile de l’éviter. 1m60. 130F. Un quintal. Et alors ? Il est où le problème ? Dans le game des BBW, les femmes afro-américaines pèsent comme les Brésiliens en MMA et ce ne sont pas Tyra Tinley, Temptress ou Maserati et son bonnet HH, la reine de la catégorie depuis 2011, qui diront le contraire. De son côté, Aylah, a connu un parcours plus chaotique. Née en Nouvelle-Angleterre, dans l’extrême nord-est des US, de parents afro-américains et portugais (tendance Cap-Vert), la jeune femme de 34 ans a eu plusieurs vies avant de rentrer sur le circuit des performeuses en 2017, voyageant aux quatre coins du pays dans l’espoir de trouver une herbe plus verte. Une première étape l’emmène de son Boston natal à Philadelphie. A Philie, elle découvre le milieu du X, l’envers du décor, en travaillant pour la VOD web Hotmovies. Ses journées, elle les passe à pondre des lignes de code. Dans le fond, c’est comme mourir à petit feu, mais son enthousiasme va jouer en sa faveur. Car Aylah n’est pas pudibonde. Le courant passe avec les pornstars.


Au bout de quelques mois, elle ne se contente plus d’intégrer les scènes à la plateforme de streaming. On lui confie les interviews des performeuses pour la radio et les podcasts du groupe. Elle se prend de sympathie et d’admiration, on peut dire, pour Sara Jay, Nikki Delano et Christy Canyon. À force de questions indiscrètes, elle s’enjaille. Devenir une pornstar à son tour la taraude. Peut-être qu’elle aussi aurait sa chance, forte de sa forte poitrine… La conclusion de sa réflexion l’amène à mettre le cap sur le comté d’Orange, dans la grande banlieue de L.A. Si Aylah Kroy a un avenir dans le charme, c’est en Californie qu’elle sera fixée. Le défi est de taille.


Depuis la fin de son adolescence, elle est victime de moqueries et quolibets. « Je n’ai pas toujours eu autant de formes. J’avais un vrai corps de « bombasse » quand j’étais plus jeune », avoue-t-elle à AVN. Le corps de bombasse, elle l’a toujours et c’est au passage dommage qu’elle n’en soit pas convaincue. C’est dans un endroit auquel on ne penserait pas qu’elle va trouver matière à renforcer l’estime qu’elle a d’elle-même. Le Cheetahs, important club de strip sur Hollywood Boulevard, l’accueille pour des soirées thématiques BBW. Sur les barres de pole renforcées, les mecs se pressent pour la voir. De nature joueuse et volubile, les leçons de théâtre et de danse lui servent enfin. En résumé : Aylah s’éclate et constate qu’elle plaît. « J’étais super enthousiaste. Je pouvais enfin montrer que j’avais de la sensualité ».


Le vent dans les voiles de la confiance, elle fait sa première vidéo hard pour le site Jeff’s Models qui s’est fait une spécialité des femmes fortes. Ce sera un one shot et un cruel retour à la réalité. Les agences ne se bousculent pas pour la représenter. Elle collectionne les revenus de complément : téléphone rose, webcam, masseuse, mais doit se résoudre à quitter le Golden State. Direction Sin City. Las Vegas. Mais là encore, nouvelle désillusion. « J’ai découvert que je n’étais pas une fêtarde. Cette ville et cette vie n’étaient pas faites pour moi. Parfois, je me vois mariée à un fermier, à m’occuper du bétail. Je crois que je ne sais pas ce que je veux en réalité ».

Arrivée dans la capitale du jeu peu avant la pandémie, Aylah Kroy n’a bientôt plus rien à se mettre sous la dent. Sans tournage, sans club ni contrat, donc sans thune et bientôt sans logement, elle prend la clé des champs. Ce coup-ci, ce sera la campagne et le Missouri. Et pour le coup, c’est la fin de ses tentatives pour percer dans le porn. Enfin, c’est ce qu’elle croit tandis qu’elle fait route vers Kansas City. « Je voulais tout abandonner, mais j’avais cette pensée qui me mettait littéralement le feu au cul : il ne fallait pas que je m’arrête. Je sens bien dans ma peau, je me sens sexy et j’ai envie de le partager. Je veux que celles qui me ressemblent se sentent bien et sexy aussi. Je vois beaucoup de femmes qui me ressemblent dans le monde, mais peu dans le porno ».


Tandis que la planète se confine, l’occasion est bonne pour un restart. À l’heure du corona, le porn se fait entre la vaisselle et le repassage et dans le trou du cul du monde pour peu qu’il y ait le wifi. Elle ne s’appellera donc plus Olivia, mais Aylah Kroy. Olivia était une lesbienne hardcore. Aylah Kroy fera dans les deux genres. La charpente est la même et à Kansas City ou Los Angeles, elle reste de la belle ouvrage.

Journaliste professionnel depuis 2003. Rédacteur du magazine Hot Video de 2007 à 2014.

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