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London Rose : l’appel du 18 centimètres

Dimitri Largo

Publié

le

À 33 ans, certains décident de sauver le monde et d’autres de se lancer dans le X. London Rose est des deuxièmes. Contrairement à ce que son nom indique, cette blonde s’est doré la couenne sous le soleil des Rocheuses plutôt que sur les bords de la Tamise. Après s’être coltiné une éducation quasi-sectaire, l’oiseau est sorti de sa cage à sa majorité pour faire le tour des métiers du sexe. La boucle est bouclée 15 ans plus tard. Portrait.

Rien ne destinait London Rose à faire tous les métiers que son cul autorisait depuis qu’elle a quitté le foyer parental à 18 ans : de stripteaseuse à gogo danseuse en passant par les sugar daddies, l’escorting et désormais le porno. En effet, la plantureuse blonde a eu une éducation à la dure et à la fraîche, loin des valeurs que l’argent achète. Fille de militaire, London a passé son enfance dans le Colorado, au milieu des Montagnes Rocheuses et à deux pas de l’Utah. Alors qu’elle vient d’avoir huit ans, ses parents tombent dans le fondamentalisme religieux à la sauce mormone. Pourquoi pas avant ? Mystère, mais à partir de cette période, la future London Rose se voit interdire tout contact avec l’extérieur. Sa vie est rythmée par un office liturgique quotidien. Sans télé, sans radio, ni internet, elle est en totale autarcie, comme hors du temps. Un tunnel qui va durer dix ans. « Aller à la piscine, c’était un grand non , explique-t-elle à AVN. Les jeux vidéo, je n’en parle même pas. Je devais porter des robes qui tombaient jusqu’aux chevilles et qui couvraient les épaules. Le maquillage, la manucure, les bijoux, tout était interdit. Parler aux garçons aussi évidemment. J’étais un canevas vierge, surprotégé ». Mais mettre un couvercle sur une casserole ne l’empêchera jamais de déborder. Si la modernité n’a pas eu raison des montagnes qui enclavent le cocon familial, la lassitude si. « J’avais besoin d’air, de m’enfuir ! Je voulais explorer le monde, penser par moi-même, faire de mauvais choix, mais mes choix ! Un jour, je suis partie avec un baluchon de fringues. Ça a été une sacrée remise à niveau, mais je suis toujours debout ».



À 19 ans, enfin émancipée, elle perd sa virginité avec un champion de lutte universitaire. Mais le ciel ne s’est pas déchiré pour une pluie de roses. Ce n’est pas le Pérou espéré. À cette époque, elle est secrétaire dans un cabinet d’architecture, puis elle devient assistante superviseuse dans un call center. Sa vie sexuelle ne connaîtra rien d’autre jusqu’à ce qu’elle devienne barmaid, l’année suivante. Dans un environnement nocturne et festif inconnu pour elle, la boîte de Pandore s’ouvre, London Rose s’enjaille.

À 20 ans, elle apprend enfin à connaître son corps et celui des autres. En parallèle, elle prend son premier sugar daddy et va les enchaîner pendant une décennie. Un beau jour de 2007, elle tombe sur un épisode de Cathouse, la téléréalité de la chaîne HBO autour du Bunny Ranch. Fascinée par la vie du boxon, elle contacte son fondateur, Dennis Hof, décédé en 2018. C’est le début d’une aventure de deux ans dans le plus célèbre bordel du Nevada. « Que Dennis repose en paix, s’émeut-elle. Il me manque. Je l’entends encore me crier dessus parce que je suis en train de fumer de l’herbe ou que je ne bois pas assez d’eau ! Il m’a appris l’art du hustling, comment séduire et être classe. C’est mon mentor. Je lui dois beaucoup ».



En 2017, après avoir été maintes fois sollicitée, elle finit par accepter de tourner une scène porno en Floride mais se défile au dernier moment. Ce n’est que partie remise. En 2020, elle se pointe en pulpeuse poupée à l’Adult Entertainment Expo pour prendre des contacts, mais la pandémie retarde encore ses projets.

À l’automne suivant, sa carrière prend son véritable envol. Elle signe avec l’agence Nexxxt Level et se retrouve d’emblée monopolisée par Brazzers qui s’entiche de son tour de poitrine bonnet E, voire F. « Dans mes rêves les plus fous, je n’aurais jamais imaginé être sur leur site, trois mois après être arrivée. C’est une expérience qui me fait monter les larmes aux yeux, rien que d’en parler, je suis si reconnaissante de l’expérience », lâche-t-elle avec une grandiloquence et une langue de bois dont les Américaines sont coutumières. Après presque 15 ans sur le circuit des travailleurs du sexe, elle a compris comment fonctionnait le barnum.



Quant à sa famille, London Rose n’a pas totalement coupé les ponts, au moins avec un membre. « Ma grand-mère sait, confie-t-elle. Elle m’a dit : bon, je ne sais pas pourquoi tu ne peux pas être quelqu’un de « normal », mais si c’est ce qui te rend heureuse… Les gens de mon village sont au courant aussi et je suis étonnée de l’accueil positif qu’ils m’ont fait ». C’est toujours dans les milieux où l’on s’y attend le moins que le porno est le plus partagé…

Journaliste professionnel depuis 2003. Rédacteur du magazine Hot Video de 2007 à 2014.

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