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Le plaisir oral au féminin : un art qui mérite d’être maîtrisé

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Une étude australienne récente a montré que les femmes atteignent l’orgasme à 90 % lorsqu’on leur prodigue un cunnilingus (contre 50 % avec la pénétration) ! Selon une autre étude, réalisée en 2016 par le sexologue finlandais Osmo Kontula, plus les femmes reçoivent de cunnilingus, plus elles ont d’orgasmes, et même des orgasmes multiples ! Un vrai cercle vertueux… Alors que vous pensiez tout savoir sur l’art de manger dans le pot de miel (comme disent les Anglais), ou que vous croyiez dur comme fer que « cunnilingus » désigne une compagnie aérienne irlandaise, lisez avec attention ces quelques conseils…

1. Trouver la bonne position

La position classique — partenaire allongée sur le dos, cuisses ouvertes, vous agenouillé devant elle — reste une valeur sûre. Mais la géographie des plaisirs ne s’arrête pas là. Elle peut également se tenir debout, vous à genoux devant elle, ce qui lui permet de doser elle-même la pression et le rythme. L’inversion est aussi envisageable : vous allongé, elle à genoux au-dessus de vous — une configuration qui lui offre un contrôle total sur les mouvements. Quant au 69, il est séduisant sur le papier, mais il divise l’attention. Si votre objectif est de lui offrir une expérience pleine et entière, mieux vaut vous y consacrer exclusivement.

2. Prendre le temps de la préparer

L’erreur la plus commune est de foncer. Le corps féminin a besoin de temps pour s’éveiller pleinement. Commencez par des massages, des baisers lents sur la nuque, la poitrine, le ventre. Descendez progressivement, sans précipitation. Ne retirez pas immédiatement le sous-vêtement : effleurer les lèvres à travers le tissu, laisser votre souffle chaud l’envelopper avant tout contact direct crée une tension érotique que l’on aurait tort de court-circuiter.

3. Approcher avec douceur

Lorsque vous posez enfin vos lèvres sur elle, commencez par utiliser le plat de la langue — et non la pointe — pour des effleurements larges et lents autour du clitoris. Caressez les grandes lèvres, explorez l’intérieur des cuisses. L’objectif à ce stade n’est pas de provoquer l’orgasme, mais d’éveiller chaque zone érogène avec soin.

4. Maîtriser les mouvements

Des mouvements longs et verticaux, du périnée jusqu’au clitoris, sont particulièrement efficaces pour créer une montée progressive du plaisir. Des petits mouvements circulaires autour du capuchon clitoridien, exécutés avec régularité et sans brusquerie, produisent une stimulation soutenue. Évitez l’hyperstimulation directe du gland clitoridien : avec plus de 10 000 fibres nerveuses, il peut rapidement passer de l’extase à l’inconfort. Préférez les zones adjacentes, légèrement en dessous ou sur les côtés.

5. Associer langue et mains

Pénétrer le vagin de la langue, pour des mouvements doux de va-et-vient, est une stimulation appréciée. Les mains ne doivent pas rester passives : un ou deux doigts introduits progressivement dans le vagin — en observant attentivement les réactions de votre partenaire — permettent une stimulation combinée particulièrement efficace. En courbant légèrement les doigts vers le haut, en direction de la paroi antérieure, et en effectuant un mouvement doux vers vous, vous pourrez stimuler la zone sensible communément appelée point G — à la jonction entre le clitoris interne et la paroi vaginale, comme l’ont précisé les travaux anatomiques d’Helen O’Connell dès la fin des années 1990. Certaines femmes peuvent alors connaître une éjaculation féminine : ne soyez pas surpris.

6. Lécher le périnée et au-delà

Le périnée — cette zone entre le vagin et l’anus — est riche en terminaisons nerveuses et souvent négligé. Des passages de langue lents à cet endroit peuvent décupler les sensations. Si votre partenaire est réceptive à une stimulation plus intime encore, des caresses légères à l’entrée de l’anus avec le plat de la langue peuvent également s’intégrer à la pratique — à condition, bien entendu, d’avoir au préalable établi un dialogue ouvert et consenti sur ce point. La communication reste l’outil le plus précieux de tout acte sexuel réussi.

 

 

 

 

 

 

 

 

7. Soigner le ressenti global

Le plaisir ne se limite pas aux gestes techniques. Laisser entendre votre propre plaisir — par des soupirs, une respiration plus lourde — communique à votre partenaire que vous êtes pleinement présent et que ce moment vous importe autant qu’à elle. Cette dimension sonore et émotionnelle est souvent sous-estimée, alors qu’elle joue un rôle direct dans la détente et l’abandon.

8. Ne pas rompre le rythme à l’approche de l’orgasme

C’est peut-être le conseil le plus crucial : lorsque vous sentez l’orgasme approcher — ou lorsqu’elle vous le signale —, ne changez pas de rythme. N’accélérez pas. Maintenez exactement le même mouvement, la même pression, la même cadence. L’orgasme féminin est exigeant dans sa construction et fragile dans ses derniers instants. Toute rupture du rythme peut suffire à briser la montée. Après l’orgasme, continuez à effleurer très lentement, en évitant toute pression directe sur le clitoris — dont la sensibilité post-orgasmique peut rendre le moindre contact insupportable.


La science comme l’expérience nous disent la même chose : le plaisir oral au féminin est avant tout une pratique d’attention, de patience et d’écoute. Sachez lire les réponses du corps de votre partenaire, adapter vos gestes, accueillir ses indications. La maîtrise technique ne vaut rien sans cette disponibilité à l’autre. À vous de jouer !

Pierre Des Esseintes est auteur et journaliste, spécialisé dans les questions de sexualité. De formation philosophique, il est également sexologue. Il a publié, aux éditions La Musardine, Osez la bisexualité, Osez le libertinage et Osez l’infidélité. Il est aussi l’auteur, aux éditions First, de Faire l’amour à un homme et 150 secrets pour rendre un homme fou de plaisir.

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