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Pourquoi les gays continuent de regarder du porno hétero ?

Thomas Fap

Publié

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Si du côté des hétéros la curiosité de regarder du porno gay est inexistante (ou du moins, cela ne « s’avoue pas »), les gays ont toujours assumé d’avoir fantasmé sur le porno hétéro. D’où vient cette attraction pour une production qui met en scène une sexualité différente ?

On a tous commencé par là !

Si vous avez trente ans et plus, vous n’êtes pas sans savoir que le porno hétéro est un passage obligé dans la vie gay. Nombreux sont les garçons qui lors de leur adolescence ont eu la joie de se palucher avec des camarades hétéros devant de bons vieux « films de boules ». Quand on est au collège ou au lycée, qu’on se découvre ou ne s’assume pas encore, on fait comme ses petits camarades qui restent majoritairement attirés par les filles. Alors on parle de boobs, on parle de chatte, et on garde bien pour soi que devant la vidéo qu’on regarde, c’est le membre masculin et ses va-et-vient qui nous chauffent le plus.

A la grande période des VHS, on se refilait les cassettes entre copains et on se faisait un plaisir de livrer ses impressions à la cantine. Et puis est venu Internet, maintenant on se file des liens ou on regarde ça sur son téléphone portable. Le porno hétéro fait quelque part office de test quand on est homo. C’est l’occasion de confronter son désir : qu’est-ce qui nous fait vraiment bander à l’écran ? C’est en partant de là qu’après on va « oser » aller voir ailleurs et consommer ses premiers pornos gays. Mais avoir vu ces mâles héroïques forniquer à tout va des femmes hurlant de plaisir laisse une trace…

L’hétéro, ce héros

gay hetero 2

Même si l’on compte dans le porno gay des mecs très virils et un bon nombre de gay for pay, rien ne vaut le fantasme de l’hétérosexuel. Au moins avec lui il n’y a pas de doute : il ne peut être qu’actif ! (et non, on ne parle pas de jouets s’il vous plaît !) On a tous en nous des fantasmes de base et celui de l’hétéro est celui qui a sans doute la dent la plus dure. La racine est sans doute, encore une fois, à trouver du côté de l’adolescence : on est pas forcément beaucoup entouré de gays et on fantasme en premier sur des mecs hétéros, de préférence les sportifs qu’on a bien pris soin de reluquer aux vestiaires ou les plus inaccessibles. C’est tout bête mais aux yeux de beaucoup, l’hétéro est un véritable sommet de virilité. Comme si le fait de mettre son sexe dans un vagin rendait subitement un mec plus sexy, plus désirable. Le plus inaccessible il est, le mieux c’est.

Comme dans la vie on pourrait fantasmer sur les « mauvais garçons » (les connards du genre pervers narcissiques, les beaufs qui parlent de seins et de chatte à longueur de journée), dans le porno hétéro on va avoir tendance à être surexcité par des figures caricaturales, excessives. On va ainsi particulièrement idolâtrer les plus « bourrins ». Parce que déjà un mec qui ne couche qu’avec des filles et qu’on ne peut pas avoir c’est sexy mais alors un mec hétéro qui en plus est dominateur, là c’est le pompon ! De quoi d’ailleurs un peu nous culpabiliser car on pourrait se rendre compte que parfois sans le vouloir on pourrait encourager une certaine misogynie.

Un ami me glisse récemment par exemple : « J’ai honte mais je continue de regarder pleins de vidéos de James Deen même si je sais que c’est peut-être un connard et un violeur. Ca craint mais son côté super bourrin m’excite plus que n’importe quel mec ». Fantasme avoué à moitié pardonné ?

Des français ambigus qui alimentent le fantasme

titof

Au moins trois hardeurs français ont particulièrement fait bander les gays lors des deux dernières décennies. On pense en premier lieu à Titof, le beau brun aux yeux bleus qui s’est illustré dans un nombre quasi incalculable de scènes hétéros avant de faire son coming out bi, s’illustrer dans du porno gay et même réaliser ses propres productions entre hommes (Ti’Touch, un des plus gros buzz du porno gay à l’époque). Etrangement, Titof n’a pas continué dans cette voie et est retourné vers les femmes à l’écran. Ce qui n’empêche pas les gays de continuer à le suivre.

L’infatigable HPG est lui aussi un tantinet ambigu puisqu’il est un réalisateur hétéro mais qui passe un certain temps à filmer du porno gay et à être entouré de mecs qui s’emboîtent. De là à l’imaginer céder à la tentation il y a encore un bon gros pas à franchir mais cela éveille tout de même le fantasme. Le « voisin porno » Rico Simmons, physique ordinaire mais dominateur et coup de bite d’enfer, représenterait parfaitement le fantasme de l’hétéro de base auquel on rêverait de se soumettre. Et quand on cherche sur la toile, on trouve une vidéo bi de lui. Et devinez quoi ? Ca nous chauffe du coup encore plus de le voir prendre des filles…

Le fantasme du hardeur hétéro

Il y a la figure de l’hétéro mais aussi la figure de l’acteur porno hétéro. Il y a moins de garçons identifiables dans le X straight et quand un mec se démarque, il attire toutes les attentions : les hétéros s’identifient à lui, les filles sont intriguées et les gays se mettent à le mater discrètement. On revient, encore, à un certain fantasme un peu idiot : l’acteur porno que l’on voit dans 150 scènes différentes et qui dit être sex addict et enchaîner les meufs nous excite car on se dit qu’il est tellement obsédé du sexe qu’il serait bien capable un jour de pousser la curiosité et la soif d’expérience jusqu’à aller essayer un mec. Dans 80 % des cas ça n’arrivera pas mais on a bien le droit de rêver…

La façon de saisir le corps féminin

Il y a aussi et surtout chez l’hétéro « une attitude » et une façon de baiser qui plaît. Sans être attiré par le corps ou le sexe féminin, le X hétéro peut constituer un plaisir visuel, esthétique, de par la façon dont les hommes s’approprient le corps de leurs partenaires. On peut être gay et être complètement chauffé par la façon qu’à un mec de lécher les seins d’une fille ou de la doigter. Cela convoque une sensualité, des gestes que nous n’avons jamais expérimentés en vrai, dont nous n’avons pas forcément envie mais qu’il est agréable à voir. Le regard d’un hétéro consumé de désir en faisant un cuni peut être vraiment troublant. Le porno hétéro constitue alors en soi un pur plaisir voyeuriste. Ca nous fait bander de regarder même si on a aucune envie de toucher.

Hot Guys Fuck

hot guys fuck

Ce goût des gays pour les hétéros n’est pas nouveau et n’a forcément pas échappé aux boîtes de productions ! C’est ainsi qu’a été mis en ligne le site Hot Guys Fuck. Officiellement, le site s’adresserait plutôt aux files qui ont envie de mater du porno hétéro mettant davantage en avant les modèles masculins. Mais quand on sait que c’est l’équipe derrière le site GayHoopla qui est derrière tout ça, on comprend bien qu’on est directement dans la cible. Musique cool, types naturels au look de surfeurs : ce nouveau site nous offre un peu le porno hétéro dont on aurait rêvé en tant qu’ado. Les mecs s’éclatent avec des filles mais la caméra n’en a que pour eux, pour leur corps, leur visage et leur gros sexe. On découvre même des plans assez inattendus comme une caméra qui s’attarde longuement sur les fesses de l’hétéro alors qu’il est en train de faire un cuni.

On est pourtant un tantinet mal à l’aise devant ces vidéos car les mecs « démontent » leur partenaire qui sont pour le coup vraiment réduites à de la figuration hard (on voit à peine le visage des filles, on a l’impression que le corps féminin ne sert qu’à un prétexte pour nous dire « regardez cet hétéro sexy qui baise »). Si on a depuis toujours reproché au porno hétéro d’être un poil sexiste en faisant du mec un héros macho et des filles des admiratrices soumises, là on franchit encore un cap puisque les « girls » sont là mais ne méritent pas même un regard.

porno gay hetero

L’embarras du choix

Si certains gays continuent aussi de regarder du porno hétéro c’est aussi car il peut mettre plus souvent les moyens qu’un porno gay que certains considèrent encore comme une niche. On y trouve des parodies super bien produites et à se tordre de rire, des vidéos amateur qui nous donnent l’impression de voir notre voisin et son sexe inaccessible sous le jour le plus intime, des productions « romantiques » et joliment scénarisées… Tous les fantasmes de l’hétéro sont à portée de bras du gros baiseur et beauf, au jeune papa, en passant par le dandy SM ou le geek lubrique.

Ce que l’on ne peut avoir nous a toujours excité, et l’hétéro, même s’il se dit de plus en plus « flexible » ou « gender fluid », reste un objet de frustration, de fascination, une sorte de trophée. Bref, il n’a pas fini de nous troubler et de nous donner envie de le regarder…

Thomas s'abreuve de porno depuis ses 15 ans. Après les premiers émois des VHS hétéros, il développe une passion débordante pour le x gay alors qu'Internet fait son apparition. Pornophage et curieux, tous les genres et fétiches attisent sa curiosité. Il partage ses fantasmes et addictions sur son propre blog, Gaypornocreme, et régulièrement pour le magazine gay Qweek.

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