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La fin du porno phallocentré
On reproche souvent à l’industrie pornographique actuelle d’être sexiste. Il est vrai que l’idée de la femme soumise est largement mise en scène dans une multitude de films. Une alternative à ce qu’on appelle le porno phallocentré émerge de plus en plus : le porno féministe. Le but de ce nouveau genre est de donner une image plus diversifiée, moins sexiste et plus égalitaire de la sexualité. Décryptage.
Souvent, et à tort, l’imaginaire collectif pense que le porno est uniquement consommé par de jeunes garçons prépubères ne se contentant plus des pages de La Redoute. Produite par des hommes et pour des hommes, la place réservée aux femmes et trop souvent réduite à celle d’un simple objet sexuel. En 2017, les choses ont fort heureusement changé ; de nombreux sondages prouvent que les femmes consomment également du porno et des fois autant que leur homonyme masculin. Le cliché du film X exclusivement masculin a lui aussi disparu pour laisser place à une pornographie plus diversifiée. Le porno alternatif (ou alt porn) en est la preuve, depuis son apparition au début des années 90. Un peu comme une contre-culture, l’alt porn est ce que le rock indé est à la musique. Le porno féministe s’impose à contre-courant d’une industrie où trône le patriarcat.
Quand on évoque le porno féministe, impossible de ne pas parler de la réalisatrice suédoise Erika Lust. En 2010, la réalisatrice féministe crée sa boîte de production : Lust Cinema. Sa réputation, elle l’a construite par son engagement, depuis maintenant quelques années, dans l’industrie pornographique avec sa volonté de réaliser du porno plus égalitaire. Pour elle, le porno féministe c’est « traiter tous les gens concernés sur un tournage comme des êtres humains, être attentif à leurs besoins, à leurs requêtes et à leurs émotions, les payer justement, et leur fournir un environnement et des conditions de travail agréables ». Le porno féministe n’est pas un tag, ni une catégorie de films qu’on classifie comme les teens ou le BDSM. Ici, le but est vraiment de créer des films dans le respect et la communication entre ceux qui sont devant la caméra et ceux qui sont derrière. Le respect est donc le maître mot, aucune pratique n’est imposée aux acteurs ou aux actrices, aucune qui ne figure pas sur leur contrat, car dans l’industrie il arrive souvent que des filles se retrouvent à subir des pratiques sexuelles sans en avoir eu connaissance en amont en préproduction.
En proposant des alternatives au classique porno, les auteur-e-s de porno féministe permettent une ouverture sur des nouvelles perspectives sur l’égalité des sexes notamment. Une certes petite avancée, mais avancée dans une industrie bien plus qu’ancrée dans le phallocentrisme.
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